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Moyen-Orient: la hausse du pétrole plombe l'optimisme lié à la trêve

ParisParis: Ce fut une brève parenthèse. La reprise à la hausse des prix du pétrole et les incertitudes géopolitiques ont plombé jeudi l'optimisme observé la veille sur les marchés après l'annonce d'une trêve entre les Etats-Unis et l'Iran.

"L'optimisme d'hier était un peu trop élevé. Maintenant on retourne à la réalité des faits", résume Charlotte de Montpellier, d'ING. Principale courroie de transmission des risques d'inflation à tous les secteurs de l'économie, le pétrole repartait à la hausse, en raison des doutes sur la solidité du cessez-le-feu et d'un rapide retour au trafic normal dans le détroit d'Ormuz.

Référence américaine, le baril de West Texas Intermediate (WTIWTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie.), pour livraison en mai, à de nouveau franchi le seuil des 100 dollars le baril en cours d'échanges. Vers 18h50, il s'affichait légèrement en dessous à 98,39 dollars, un bond de 4,39%. A la même heure, les quelque 159 litres de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, pour livraison en juin, prenaient 1,49% à 96,15 dollars.

"Le volume de navires traversant le détroit doit bondir au cours des deux prochaines semaines pour que le marché pétrolier soit convaincu que la crise est terminée", affirme la société de gestion d'actifs Schroders. "Il ne suffira pas que le nombre de navires augmente à 20 ou 30, sachant qu'avant la guerre il se situait aux alentours de 130 à 150", ajoute Schroders.

Bourses: attentisme et prudence

Trois des quatre principaux indices boursiers en Europe ont reculé jeudi, nettement pour le DAX à Francfort (-1,14%) et de manière plus mesurée à Paris (-0,22%). A Londres, le Footsie a flirté avec son point d'équilibre (-0,05%), encouragé par le rebond des valeurs pétrolières après la sévère correction de la veille (+3,16% pour BP et +1,4% pour Shell). Milan a progressé de 0,50%, également tiré par Eni (+3,96%), alors qu'à la Bourse suisse, l'indice phare SMI a grappilé 0,35%.

"Les actions européennes effacent une partie des gains enregistrés mercredi, et l'humeur du marché est nettement moins euphorique", constate Kathleen Brook pour XTB, plateforme d'investissements en Bourse. Le marché reste très dépendant des dernières informations au Moyen-Orient.

Peu après la clôture des Bourses européennes, les trois indices de New York se redressaient après une ouverture prudente (S&P 500 +0,61%, Dow Jones +0,56%, Nasdaq +0,79%).

Entre-temps, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a dit jeudi avoir ordonné à son cabinet d'engager des "négociations directes" avec le Liban "dans les plus brefs délais", portant notamment sur le désarmement du mouvement islamiste Hezbollah. Les appels se sont multipliés pour intégrer le Liban dans la trêve, après les bombardements israéliens de la veille, qui ont fait plus de 200 morts et un millier de blessés, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé.

Des discussions sont prévues dans les prochains jours au Pakistan entre l'Iran et l'Etats-Unis, avec le vice-président JD Vance à la tête de la délégation américaine.

Rebond des taux

La persistante menace de l'inflation provoque une remontée des taux d'intérêt sur le marché de la dette des Etats. Le rendement sur dix ans de la dette allemande remontait à 2,99% contre 2,94% la veille. Le taux français progressait à 3,61% contre 3,58% la veille.

Les taux - ou rendements - des dettes augmentent avec les risques d'inflation. L'inflation réduit en effet la valeur réelle de l'argent prêté par les créanciers, qui exigent des taux d'intérêt plus élevés pour que leur investissement reste rentable. Les risques d'inflation maintiennent les banques centrales en alerte, toujours prêtes à dégainer l'arme du relèvement des taux directeurs.

"Fin mars, l'OCDE a estimé que l'inflation atteindrait les 4,2% cette année outre-Atlantique", rappelle Grégoire Kounowski, conseiller en investissement chez Norman K. "Nommé par Donald Trump pour assouplir la politique monétaire de la Fed, Kevin Warsh pourrait donc avoir des difficultés à baisser les taux pour satisfaire le président américain", ajoute-t-il.



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