Le baril de pétrole américain repasse les 100 dollars, dopé par les inquiétudes sur la trêve en Iran
New York: Le baril de pétrole américain est remonté au-delà des 100 dollars jeudi, rebond lié aux doutes sur la solidité du cessez-le-feu entre l'Iran et les Etats-Unis et à un détroit d'Ormuz qui reste largement paralysé.Les attaques israéliennes au Liban fragilisent le cessez-le-feu annoncé mardi soir entre Washington et Téhéran.
Ces frappes mercredi, qui ont fait plus de 200 morts, témoignent du "non-respect des engagements" par Israël, "rendant les négociations dénuées de sens", a estimé jeudi sur X le président iranien Massoud Pezeshkian.
Alors qu'il avait dégringolé mercredi pour terminer la séance à 94,41 dollars, le baril de West Texas Intermediate (WTIWTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie.), pour livraison en mai, rebondissait nettement de 6,41% à 100,46 dollars vers 13H55 GMT jeudi.
Le baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, pour livraison en juin, prenait 3,94% à 98,48 dollars.
Des pourparlers sont prévus en fin de semaine entre Washington et Téhéran sous médiation pakistanaise, mais "il semble déjà y avoir un désaccord sur le plan en 10 points effectivement en vigueur", laissant supposer que "le cessez-le-feu est mal conçu et mal appliqué", relève Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
Les Etats-Unis estiment notamment que le Liban ne fait pas partie de l'accord de cessez-le-feu.
Or, après les frappes israéliennes sur le Liban, "le passage des pétroliers dans le détroit d'Ormuz a été totalement interrompu", a rapporté l'agence iranienne Fars mercredi. Washington a ensuite averti qu'il serait "inacceptable" que l'Iran bloque à nouveau le détroit d'Ormuz.
"Le marché s'est rapidement recentré sur la réalité sous-jacente: le détroit d'Ormuz reste de facto soumis à des restrictions, et le système pétrolier mondial est loin de fonctionner normalement", explique Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank.
Les inquiétudes pour le transit maritime se portent aussi sur l'annonce jeudi par la marine des Gardiens de la Révolution iraniens que les navires passant le détroit d'Ormuz devaient emprunter deux routes alternatives, proches des côtes iraniennes, invoquant la possibilité de "mines" sur l'itinéraire habituel plus au large.
Le trafic reste largement réduit dans la zone. Selon Lloyd's List Intelligence les passages à travers le détroit d'Ormuz sont en baisse de 90% sur la semaine écoulée par rapport à la normale, et l'essentiel du trafic qui subsiste est lié à l'Iran.
Tant que cette situation perdure, la capacité d'exportation de pétrole des pays du Golfe reste particulièrement limitée, ce qui est un facteur de hausse des prix.
(c) AFPCommenter Le baril de pétrole américain repasse les 100 dollars, dopé par les inquiétudes sur la trêve en Iran
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