Reflux du pétrole après signature de l'accord Etats-Unis/Iran
Tokyo: Le pétrole accentue sa chute jeudi après la signature du protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran pour rouvrir le détroit d'Ormuz, de quoi soutenir les Bourses asiatiques à l'heure où la tech propulse Séoul à de nouveaux sommets.Vers 04H15 GMT, le cours du baril de WTIWTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie. nord-américain reculait de 1,90% à 75,33 dollars, et celui de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, référence du marché mondial, se repliait de 1,75% à 78,16 dollars.
Les présidents américain et iranien ont chacun signé à distance mercredi soir un protocole d'accord prévoyant la cessation des hostilités, la levée du blocus américain des ports iraniens et la réouverture du détroit d'Ormuz.
Le quasi-blocage depuis fin février de ce passage stratégique, par où circule d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial, avait fait flamber les cours de l'or noir. Et l'annonce de l'accord américano-iranien a fait dégringoler les prix depuis lundi.
La confirmation que le protocole d'accord a bien été signé est bien accueillie par des investisseurs soulagés.
"Si les marchés intégraient déjà l'hypothèse d'une normalisation progressive du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, il subsistait un risque significatif d'échec des négociations à la dernière minute. Cet accord réduit considérablement ce risque extrême", relève Rajeev De Mello, gérant chez Gama Asset Management, cité par Bloomberg.
"La signature d'un protocole d'accord et une voie plus rapide vers la réouverture d'Ormuz devraient permettre d'éliminer une partie de la prime de risque liée à la panique sur le marché du brut", confirme Stephen Innes, de SPI Asset Management.
"Les cours ne reflétaient pas uniquement le risque de guerre, mais également la possibilité qu'une baisse des stocks et un blocage de l'offre du Golfe ne provoquent une rupture brutale de l'approvisionnement énergétique", insiste-t-il.
Vers 04H15 GMT à la Bourse de Tokyo, l'indice star Nikkei gagnait 1,88% à 71'213 points, après avoir enregistré un nouveau niveau record en séance à près de 71'400 points.
A Séoul, l'indice Kospi grimpait de 1,82%, dépassant pour la toute première fois de son histoire la barre symbolique des 9000 points, dopé par les géants des puces-mémoires Samsung et SK hynix, poids lourds de la cote. Il était à 4300 points début janvier.
"La Corée du Sud fournit environ 80% des puces mémoire mondiales (...) Les semi-conducteurs représentent la moitié de la production industrielle nationale: c'est la raison principale d'un Kospi grimpant désormais à 9000 points", indique à l'AFP Kim Dae-jong, de l'université Sejong.
De fait, les valeurs tech asiatiques profitent toujours de la fièvre mondiale liée à l'intelligence artificielle, dans des marchés renouant de surcroît avec l'optimisme sur fond de chute des prix du pétrole, qui présage une modération de l'inflation.
La Bourse de Taipei gagnait 1,07%. A l'inverse, Sydney cédait 0,48% et l'indice hongkongais Hang Seng 1,70%.
Le nouveau reflux des prix énergétique compensait les signaux envoyés la veille par la banque centrale américaine (Fed) à l'issue de sa première réunion conduite par son nouveau président Kevin Warsh: elle a maintenu un statu quo attendu sur ses taux d'intérêt, mais a fait comprendre qu'elle risquait de durcir sa politique monétaire face à l'inflation.
La perspective d'une possible hausse des taux avait fait lourdement trébucher Wall Street mercredi.
"Kevin Warsh a affiché une position ferme quant à la nécessité d'assurer la stabilité des prix (...) le message a été perçu comme plus restrictif qu'anticipé", analysent les experts du courtier japonais Monex. "En conséquence, les rendements obligataires américains à long terme ont augmenté".
"Les prix du pétrole ont reculé, contrairement aux rendements obligataires américains: le maintien prolongé de taux élevés aux États-Unis continue de peser sur la performance des devises en Asie", abonde de son côté Lloyd Chan, de la banque MUFG.
De quoi accentuer la pression sur la devise japonais: "le yen s'est légèrement déprécié, la hausse des rendements américains accentuant son désavantage structurel" en raison de l'écart entre taux d'intérêts américains et nippons, conclut-il.
Vers 04H15 GMT, la monnaie japonaise se stabilisait à 160,62 yens pour un dollars, après avoir glissé en début d'échanges asiatiques à 160,75 yens pour un dollar, son plus faible niveau depuis juillet 2024.
A l'inverse, l'or se renforçait (+1,34%) à 4.314 dollars l'once.
