Les marchés mondiaux nerveux face à la situation autour du détroit d'Ormuz
Paris: La nervosité règne sur les marchés mondiaux lundi face à la situation au Moyen-Orient, après des informations selon lesquelles l'Iran aurait tiré deux missiles contre une frégate américaine qui s'approchait du détroit d'Ormuz, ce que Washington dément.L'agence de presse iranienne Fars a affirmé lundi que l'Iran avait tiré deux missiles contre une frégate de l'armée américaine qui s'approchait du détroit, où la navigation est quasi bloquée depuis le début de la guerre le 28 février.
"La frégate, qui naviguait ce lundi dans le détroit d'Ormuz" a "été visée par une attaque de missiles après avoir ignoré un avertissement de la Marine iranienne", écrit Fars sans citer ses sources. L'armée américaine a toutefois démenti qu'un de ses navires ait été frappé.
Dans la foulée de ces annonces, les prix des deux références mondiales du pétrole ont grimpé de plus de 5%.
Ils ont ensuite largement tempéré leur hausse après que l'armée américaine a indiqué que des navires militaires américains ont traversé le détroit d'Ormuz dans le cadre de leur mission d'escorte de navires commerciaux.
Vers 14H00 GMT, le prix du baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole., référence européenne, prenait 2,22% à 110,57 dollars et celui du West Texas Intermediate, référence américaine, 0,40% à 102,35 dollars.
Depuis l'offensive israélo-américaine du 28 février, l'Iran contrôle le détroit d'Ormuz, par lequel transite d'ordinaire un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Washington a répliqué avec un blocus des ports iraniens.
Les investisseurs font "face à une incertitude toujours très forte autour de la suite du conflit et de la réouverture du détroit", soulignent les experts de Natixis.
Or, dans ce domaine, "le flux d'informations demeure opaque", estime Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets.
L'heure est également à la prudence sur les marchés d'actions.
En Europe, après une ouverture à plat, Paris creusait ses pertes (-1,11%), tout comme Milan (-0,99%), Zurich (-0,78%) et Francfort (-0,44%). Londres était fermée en raison d'un jour férié au Royaume-Uni.
A Wall Street, dans les premiers échanges, le Dow Jones cédait 0,37% tandis que les indices Nasdaq (+0,15%) et S&P 500 (+0,06%) résistaient.
Les marchés américains restent tirés "par le secteur tech/IA" (l'intelligence artificielle), soulignent les analystes de Natixis.
Les résultats supérieurs aux prévisions d'Apple, Google, Microsoft et Samsung en fin de semaine dernière ont en effet réveillé l'intérêt pour le secteur, qui fait l'objet de doutes réguliers sur la rentabilité des investissements l'IA depuis plusieurs mois.
"La tendance est entretenue par une saison des résultats (américaine) encore excellente", ajoutent les analystes de Natixis.
Les marchés asiatiques ont quant à eux fait preuve d'un enthousiasme à toute épreuve lundi, grâce à l'appétit des investisseurs pour l'IA et le secteur des semi-conducteurs et des puces électroniques.
Les investisseurs espèrent "que l'intelligence artificielle va continuer de masquer les difficultés" économiques, estime Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.
Hong Kong a terminé en hausse de 1,24%, porté par le titre du géant chinois de l'internet Alibaba (+4,50%).
A Séoul, l'indice Kospi, très tourné vers la tech, a bondi de 5,12%, battant un nouveau record. Le géant sud-coréen de semi-conducteurs SK hynix s'est particulièrement distingué, s'envolant de 12,52%, tandis que son rival Samsung a gagné 5,44%.
Taipei a lui affiché une hausse de 5,20%. Le géant des semi-conducteurs TSMC a pris 6,56%.
Donald Trump a dit vendredi vouloir relever à 25% "la semaine prochaine" les droits de douane sur les véhicules importés aux États-Unis depuis l'Union européenne. Dans ce contexte, les titres du secteur, dépendants des exportations, cédaient du terrain en Allemagne.
Vers 14H00 GMT, Volkswagen perdait ainsi 2,04%, Mercedes Benz 2,74% et BMW 2,39%.
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