
Londres: Des milliers de contrats, un volume supérieur à la normale, ont été échangés pendant deux minutes sur le marché pétrolier lundi, un quart d'heure avant l'annonce surprise par Donald Trump de discussions avec l'Iran, qui avait brusquement fait chuter les cours, écrivent mardi le Financial Times et Bloomberg.Les deux titres se basent l'un et l'autre sur une analyse des données financières de Bloomberg pour aboutir à cette conclusion.
Selon le FT, le volume engagé pendant ces deux minutes, entre 10h49 et 10H50 GMT s'élève à 580 millions de dollars, Bloomberg évoquant pour sa part 650 millions de dollars.
Selon l'agence de presse financière américaine, "au moins 6 millions de barils de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. et de West Texas Intermediate" ont été échangés pendant ces deux minutes, alors que la moyenne pour la même plage horaire lors des cinq séances précédentes était d'environ 700.000 barils.
Environ un quart d'heure plus tard, vers 11H05 GMT, une publication de Donald Trump sur son réseau Truth Social évoquant des discussions avec l'Iran pour désamorcer la crise avait violemment fait plonger les cours du baril de brut de plus de 14%.
"Ce qui frappe ici, ce n'est pas seulement le volume des transactions, mais le timing. Les traders ne sont pas devins. Lorsqu'un positionnement change quelques minutes avant une annonce qui fait bouger les marchés, cela signifie généralement que quelqu'un agit sur la base de ce que j'appellerais des informations officieuses ou des renseignements venus du Moyen-Orient", estime Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management, interrogé par l'AFP.
"Le marché pétrolier est un milieu extrêmement fermé. Il ne s'agit pas seulement de traders qui spéculent sur les prix ; c'est un écosystème étroitement interconnecté d'acteurs physiques, de raffineurs, d'armateurs et de gouvernements, qui opèrent tous au sein de canaux d'information imbriqués", souligne-t-il.
L'analyste n'exclut cependant pas que ces mouvements puissent être ceux d'"un grand producteur se couvrant sur le marché" contre une baisse soudaine des cours, alors que les prix ont augmenté de plus de 40% depuis le début de la guerre.
🇮🇷 Quelques heures après la publication de Donald Trump, le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf avait démenti sur X toute négociation avec les Etats-Unis, évoquant "de fausses informations" destinées à "manipuler les marchés financiers et pétroliers et sortir du bourbier dans lequel les Etats-Unis et Israël sont enlisés".