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Le pétrole au dessus de 100 dollars, avec la guerre en Ukraine et un rapport cinglant de l'AIE

cours du petroleLondres: Les deux références du pétrole bondissaient jeudi d'environ 6%, au dessus des 100 dollars le baril, poussées par la guerre en Ukraine, le Kremlin ayant refusé de suspendre son offensive et l'AIE craignant un choc sur l'offre pétrolière.
Vers 12H20 GMT (13H20 HEC), le baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord pour livraison en mai grimpait de 6,02% à 103,92 dollars.

Le baril de West Texas Intermediate (WTIWTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie.) pour livraison en avril repassait au dessus de la barre des 100 dollars, en gagnant 5,77% à 100,52 dollars le baril.

Le Kremlin a rejeté jeudi la décision de la Cour internationale de justice (CIJ), plus haut tribunal de l'ONU, qui a ordonné la veille à la Russie de suspendre immédiatement ses opérations militaires en Ukraine.

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a accusé la Russie de "faire semblant de négocier" un cessez-le-feu tout en continuant à "faire parler les armes".

L'Ukraine a accusé jeudi la Russie d'avoir bombardé un théâtre dans lequel "plus d'un millier" de civils s'étaient réfugiés.

"Le monde doit finalement admettre que la Russie est devenue un Etat terroriste", a lancé mercredi soir le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

"Les attaques en cours en Ukraine et le rejet par le Kremlin des informations faisant état de progrès substantiels dans les pourparlers", ressemblent à "un véritable revers", estime Craig Erlam, analyste chez Oanda.

Malgré la volatilité du marché, "la nervosité à l'égard des signes d'escalade constitue toujours un plancher, la prime de risque géopolitique étant toujours intégrée" dans les prix de l'or noir, "bien que moins que la semaine dernière", explique par ailleurs à l'AFP, Victoria Scholar, analyste chez Interactive investor.
"L'invasion russe continue de dicter l'action des prix dans une certaine mesure, étant donné son importance mondiale en termes d'approvisionnement" poursuit-elle.

La Russie est le deuxième exportateur mondial de pétrole brut.

"Les craintes concernant d'éventuelles perturbations de l'approvisionnement ont donc été ravivées, car plus la guerre se prolonge, plus nous pourrions voir de nouvelles sanctions contre le secteur énergétique russe", assure à l'AFP Fawad Razaqzada, analyste pour ThinkMarkets.

L'offensive et la détermination des deux camps n'empêchaient pas la poursuite en parallèle de pourparlers, relancés lundi par visioconférence.


Les cours de l'or noir ont également été dopés par le rapport mensuel de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui craint un "choc" sur l'offre pétrolière mondiale, à la suite des sanctions contre la Russie prises après son invasion de l'Ukraine.

Cette "évaluation sévère" de l'AIE "a suscité de nouvelles inquiétudes quant à l'offre, ce qui a renforcé la pression à la hausse sur les prix aujourd'hui", poursuit Victoria Scholar, l'AIE prévoyant un marché encore plus tendu.

Le rapport est d'autant plus "cinglant" que "le sous-approvisionnement" est déjà constaté sur le marché, affirme à l'AFP Craig Erlam. De quoi compenser "largement toute baisse de la demande due à des prix élevés."

"L'AIE a également revu à la baisse ses prévisions de demande de pétrole pour le deuxième trimestre", tempère Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank. "Mais l'ajustement à la baisse n'est pas aussi prononcé que celui de l'offre", confirme-t-il.

(c) AFP

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