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La flambée du pétrole et du gaz fragilise les ménages français

Prix du pétrole en FranceCarburants: L’Insee anticipe une contraction de 0,4 % du pouvoir d’achat du revenu disponible brut par ménage en 2026.

En août, les prix de l’énergie ont progressé de 16,7 % sur un an, contre une inflation générale de 2,4 %.

La hausse est plus marquée pour les produits pétroliers, en augmentation de 29 % sur un an, tandis que les prix du gaz gagnent 14 %. Dans le budget des ménages, le logement, le chauffage et l’éclairage représentent 28 % en moyenne, loyer compris, et les transports 13 %, selon les chiffres 2025.

Les seules dépenses de gaz, d’électricité et d’autres combustibles destinés au logement représentaient 4,5 % du budget des ménages en 2024. Pour les foyers modestes, l’exposition est plus forte : la Banque centrale européenne soulignait en mai que ces ménages consacrent une part plus élevée de leur budget à l’énergie et disposent de moins de marges pour absorber un choc de prix.

En France métropolitaine, 10,1 % des ménages, soit 3,1 millions de foyers, étaient en situation de précarité énergétique en 2023 avant prise en compte des chèques énergie, selon l’Observatoire national de la précarité énergétique. Cet indicateur vise les ménages parmi les 30 % les plus modestes dont les dépenses d’énergie du logement dépassent 8 % du revenu.

La remontée des prix à la pompe concerne une large part de la population : plus de 80 % des ménages de France métropolitaine disposent d’au moins une voiture, selon l’Insee pour 2023. Le gouvernement a prolongé jusqu’à la fin de l’année et élargi l’aide aux travailleurs modestes qualifiés de "grands rouleurs".

L’impact est plus fort dans les zones rurales, où près de 90 % des actifs utilisent leur voiture pour se rendre au travail, contre moins de 60 % dans les pôles urbains. L’Insee relevait en septembre que ces ménages cumulent des trajets moyens plus longs et des revenus plus faibles.

Depuis janvier, le prix moyen du gazole a augmenté de plus de 50 % et celui du SP95-E10 de plus de 30 %, d’après une analyse fondée sur les prix affichés mercredi par les stations-service sur le site gouvernemental dédié. Dimanche, le gazole et le SP95-E10 atteignaient respectivement 2,41 euros et 2,18 euros le litre en moyenne, des niveaux record.

Avec 100 euros, une voiture essence consommant 7,7 litres aux 100 km parcourt désormais moins de 600 km, contre 785 km début janvier. Pour un véhicule diesel consommant 5,6 litres aux 100 km, la distance tombe sous 750 km, contre près de 1 200 km en janvier.

En 2021, près de 11 % des ménages propriétaires d’une voiture consacraient plus d’un mois de revenu disponible annuel au carburant, alors que le gazole coûtait 1,43 euro le litre et l’essence 1,55 euro. À revenus et usages inchangés, l’Insee estimait cette proportion à 22 % avec les prix atteints au printemps, déjà inférieurs aux niveaux actuels.

Pour les consommateurs résidentiels raccordés au gaz naturel, la facture moyenne 2026 "pourrait être de l’ordre de 120 euros de plus par an par rapport à 2025, si les prix se maintiennent jusqu’à la fin de l’année", a récemment indiqué Emmanuelle Wargon, présidente de la Commission de régulation de l’énergie. Cette hausse représenterait environ 10 % sur un an pour les ménages concernés.

Le prix du gaz payé par les ménages dépend notamment des coûts d’approvisionnement, de réseau, de stockage et des taxes. La CRE a précisé que le prix repère de vente de gaz avait augmenté de 7,4 % TTC au 1er juillet 2026, soit 2,7 euros TTC de plus en moyenne sur la facture de juillet.

Les ménages chauffés au fioul subissent aussi le renchérissement des produits pétroliers : le prix du fioul domestique vendu au détail a progressé de 47 % depuis janvier, selon l’Insee. Cette hausse intervient avant la période hivernale, lorsque les volumes consommés pour le chauffage augmentent mécaniquement.

Pour amortir les factures des foyers modestes, le gouvernement a annoncé mardi le maintien du chèque énergie en 2027. Le ministère de la Transition écologique a indiqué le 22 septembre que le plan de soutien lié aux carburants représentait 450 millions d’euros et que le chèque énergie 2027, compris entre 48 et 277 euros, serait versé dès janvier à 5,8 millions de ménages.



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