L’AIE demande d’ouvrir totalement le détroit d’Ormuz pour juguler la crise
Londres: Fatih Birol a appelé à une réouverture « dès que possible » du détroit d’Ormuz, jugée indispensable pour que pétrole et gaz « recommencent à circuler à destination de l’Asie et au-delà », dans sa première prise de parole depuis l’annonce d’un accord de cadre entre Washington et Téhéran.Donald Trump a affirmé que le détroit serait « complètement ouvert » vendredi 19 juin, jour prévu pour la signature du cadre d’accord. En régime normal, environ 21 millions de barils par jour ont transité par Ormuz en 2022, soit près de 21 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers, selon l’EIA.
La zone constitue aussi un passage clé pour le GNL, près d’un cinquième des échanges mondiaux y transitant, d’après l’EIA.
Les possibilités de contournement demeurent limitées, l’AIE évaluant entre 3,5 et 5,5 millions de barils par jour la capacité exportable via des oléoducs alternatifs vers la mer Rouge ou le port de Fujaïrah.
La guerre au Moyen-Orient a déclenché « une envolée des prix des hydrocarbures » et « une chute brutale de l’approvisionnement mondial ».
La perspective d’une réouverture a été qualifiée de « grande nouvelle pour l’économie mondiale et les marchés de l’énergie » par Fatih Birol, qui répète que le blocage d’Ormuz a provoqué « la plus grave crise énergétique de l’histoire ». L’intervention a été faite lors de la présentation des perspectives énergétiques pour l’Asie du Sud-Est.
Selon le directeur de l’AIE, « même si nous revenons à des prix que le monde a connu auparavant, cette crise a entraîné des ondes de choc sur le secteur énergétique mondial ».
Elle « amènera, amène déjà les pays à revoir leur politique énergétique, leur stratégie, leurs options ou leurs partenaires ». À l’avenir, le critère déterminant ne sera « peut‑être » plus exclusivement le coût, mais « l’option la plus sûre pour le pays, l’économie, la population ». « La confiance est un facteur clé dans le secteur de l’énergie désormais ».
Fin mai, Fatih Birol avait prévenu que le marché pétrolier risquait d’entrer en « zone rouge », avec une pénurie d’offre « en juillet ou en août » sans issue durable au conflit au Moyen-Orient.
L’AIE estime que la paralysie du trafic dans Ormuz a déjà retranché plus d’un milliard de barils d’exportations en provenance des producteurs du Golfe, soit une perte d’environ 14 millions de barils par jour pour le marché.
