Paris: En Europe, les acheteurs de voitures neuves ont délaissé les modèles à essence et diesel au profit des hybrides en 2025, avec aussi un bond de presque 30% des tout-électriques, mais qui reste encore loin de l'objectif de 2035.
L'évolution la plus spectaculaire, indiquent les chiffres publiés mardi par l'Association des constructeurs européens, est
la chute des voitures à carburants d'origine fossile. Leur part de marché a perdu dix points en un an, à
35,5% en 2025, des chiffres portés surtout par les ventes aux entreprises.
Avec 2,88 millions d'exemplaires,
les modèles à essence ont reculé de 18,7% et ne représentent plus que 26,6% du marché européen.
Le diesel pèse moins de 9%, mais encore 960.000 unités.
Grandes gagnantes,
les hybrides non rechargeables, ces voitures à essence avec un petit moteur électrique d'appoint, devenues les plus vendues sur le continent, avec 3,7 millions d'unités et un tiers du marché.
En hausse de 14%, elles dépassent pour la première fois les voitures à essence.
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C'est le pas le plus simple vers l'électrique, avec des voitures sans grande différence d'usage par rapport aux thermiques", relève Olivier Hanoulle, du cabinet Roland Berger. Autre facteur, le malus CO2 qui renchérit le prix des thermiques.
Les véhicules tout électriques décollent bien plus vite, portés par des modèles plus abordables et les primes à l'achat : 1,88 million d'exemplaires, soit
17,4% du marché. Le seul mois de décembre a même vu un bond de
51%.
Marche haute
Les analystes y voient une amorce, mais encore loin de suffire pour atteindre l'objectif 2035 d'une baisse de
90% des émissions de CO2
- ce qui nécessitera en gros des ventes à 90% composées de tout-électriques dans l'UE.
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L'électrique accélère, on se remet sur une trajectoire ambitieuse, avec des voitures de plus en plus abordables, comme le montre le succès de la Renault 5 en France ou de la chinoise Leapmotor en Espagne", se félicite Bastien Gebel, de l'ONG Transport et Environnement, "
Les électriques ne sont plus réservées aux CSP+ et atteignent les classes moyennes", relève-t-il également.
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En revanche, les hybrides ne réduisent les émissions que de 15%: l'étape vers le tout-électrique doit s'intensifier", souligne-t-il.
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Les consommateurs restent attentistes, la transition vers l'électrique est poussive, avec en France une part de marché qui passe de 17 à 20%", Olivier Hanoulle, plus pessimiste. "
On voit une électrification à marche forcée, poussée par la réglementation, les subventions aux flottes d'entreprises et une baisse des marges des constructeurs".
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Ce rythme est insuffisant pour l'objectif 2035: il faudrait 8 points de part de marché en plus par an. On ne peut pas dire +c'est parti+", conclut-il.
Le prix reste un obstacle pour l'immense majorité des ménages: une thermique coûte en moyenne
23.000 euros, une hybride quelques milliers d'euros de plus, mais une électrique 43.000, note l'expert. Sans parler de la différence d'usage, surtout pour les grands trajets. "
Les hybrides deviennent un peu la norme. La marche la plus haute, c'est l'électrique".
"Incertitudes sur l'objectif de l'UE"
Globalement, le marché automobile européen a remonté de
1,8%, à 10,8 millions d'unités, toujours très inférieur aux 15 millions d'avant le Covid "
et ce, dans l'indifférence générale, alors que l'industrie est en grande difficulté", s'étonne Flavien Neuvy, de l'Observatoire Cetelem.
La hausse des ventes de voitures électriques marque "
plutôt une belle performance, étant donné les incertitudes sur l'objectif de l'UE pour 2035, assoupli en décembre, ou les variations des aides à l'achat", juge-t-il. De plus, les hybrides représentent selon lui une forme de transition, en attendant une hausse des performances et du nombre de bornes.
Le principal obstacle demeure les faibles ventes de voitures neuves parmi les particuliers: "
seuls 2,5% des ménages en achètent", rappelle-t-il, "
beaucoup n'ont pas 40.000 euros à mettre dans une voiture".
Si on n'a pas de petites voitures, avec moins de normes qui augmentent leurs coûts, "
les ménages ne passeront pas à la mobilité électrique et resteront sur l'occasion, thermique et plus polluant", conclut-il. "
Notre parc est âgé de 11,5 ans en moyenne, mais on peut faire encore pire, comme l'Espagne (14 ans) ou la Grèce (18 ans)".
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