Normalisation du marché pétrolier peu crédible en 2027 (AIE)
Paris: Le patron de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) Fatih Birol a dit mardi ne pas voir de "perspective crédible" de normalisation du marché pétrolier en 2027, et n'exclut pas le recours à d'autres stocks stratégiques en cas de trop forte tension."Personnellement, je ne vois aucune perspective crédible que 2027 soit une année de normalisation" du marché pétrolier", a déclaré M. Birol à Londres mardi, à l'occasion d'un sommet sur la transition énergétique organisé par le Financial Times.
Interrogé sur la possibilité de nouvelles actions de la part de l'AIE , il a dit "ne pas exclure" que les gouvernements aient recours à d'autres stocks stratégiques, en cas d'aggravation des difficultés d'approvisionnement.
"Les 400 millions de barils (déjà mobilisés depuis mars), c'est considérable, mais ça ne représente que 20 % du pétrole que nous avons. Les 80 % restants sont encore en réserve", a répondu le patron de l'AIE , qui rassemble 32 pays membres pour assurer leur sécurité énergétique.
En mars, l'AIE avait annoncé déstocker 400 millions de barils, soit environ 20 % des plus de 1,8 milliard de barils détenus par les États ou par l'industrie, sur obligation gouvernementale.
Mi-octobre, environ 330 millions de ces barils avaient été mis sur le marché, selon l'AIE , alors que les tensions sur le marché du diesel ont poussé les États membres à accélérer le déstockage de "quelque 100 millions de barils restants", en priorisant le gazole.
La France a annoncé mettre sur le marché 10 millions de barils de gazole sur trois mois à partir de novembre, dans une tentative de baisser les prix à la pompe.
Dans son rapport mensuel sur les marchés pétroliers, publié mercredi, l'AIE avait déjà jugé que l'amélioration de la production mondiale de diesel début 2027 serait insuffisante pour compenser le déficit accumulé en 2026.
Mardi, M. Birol a par ailleurs déploré une "perte d'importance du changement climatique dans l'agenda politique internationale malgré le nombre, la fréquence et l'intensité des phénomènes météorologiques extrêmes".
"Dans un monde normal (...), on s'y intéresserait davantage, mais cet intérêt est en baisse", a-t-il ajouté, alors que la COP 31, qui débute officiellement en novembre, est déjà accusée par les associations de défense de l'environnement de manque d'ambition.
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