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La fin des hydrocarbures, baptême du feu pour Hulot à l'Assemblée

prix du petrole ParisParis: Fin de la production d'hydrocarbures d'ici 2040: Nicolas Hulot va porter mardi son premier cheval de bataille devant des députés partagés et sous la pression d'un secteur industriel sensible.
Le projet de loi, qui fera l'objet d'un vote solennel mardi prochain, vise à concrétiser la promesse d'Emmanuel Macron de "sortir la France des énergies fossiles" (pétrole, gaz, charbon...).

A compter de son adoption définitive par le Parlement, prévue d'ici la fin de l'année, il ne pourra plus être délivré de nouveau permis d'exploration d'hydrocarbures, liquides ou gazeux. Et les concessions d'exploitation existantes ne seront pas renouvelées au-delà de 2040.

Après le Costa Rica, la France entend par là être pionnière à l'échelle mondiale, même si elle elle très loin d'un gros producteur: 815.000 tonnes de pétrole par an, essentiellement dans les bassins parisien et aquitain, soit 1% de la consommation nationale.

Selon le ministre de la Transition écologique et solidaire cependant, le texte, "plus que symbolique", représentera "un axe essentiel" de la transition écologique. Il vante "la première loi du Plan climat" qu'il a annoncé en juillet afin que la France atteigne une "neutralité carbone" d'ici à 2050.

Figure populaire, l'ancien "envoyé spécial pour la planète" de François Hollande, pour la première fois ministre, va être confronté à l'hémicycle trois jours durant, face à la mobilisation croisée des opposants et de ceux souhaitant aller plus loin.

"C'est le grand jour pour @N_Hulot", a tweeté Matthieu Orphelin, son ex-bras droit à la Fondation Hulot devenu député La République en marche (LREM), qui sera chef de file de son groupe sur ce texte.

"Pas de brutalité"


"Tout le monde veut protéger Hulot", constate un élu un brin dépité, qui s'est, comme d'autres élus et entreprises, plutôt adressé à Matignon pour faire valoir ses contre-propositions.

En coulisses ou dans les médias, des groupes industriels ont aussi plaidé leur cause. "Si je ne peux pas explorer en France, j'explore ailleurs", a menacé le PDG du groupe Total, Patrick Pouyanné.

Sur un sujet fracturant les groupes parlementaires, quelque 180 amendements ont été déposés, notamment de certains élus MoDem, Constructifs, PS, LR voire LREM demandant de différer l'arrêt de l'exploitation des hydrocarbures, permettre la recherche ou prévoir des dérogations.

L'interdiction "n'aura aucun impact sur la consommation de pétrole et conduira notre pays à importer de plus en plus de pétrole, ce qui augmentera les émissions de gaz à effet de serre", estime ainsi Philippe Folliot (LREM, Tarn).

Elus des Pyrénées-Atlantiques, deux députés de la majorité, Jean-Paul Mattei et Josy Poueyto (MoDem), alliés au socialiste David Habib, comptent monter au front pour défendre le bassin de Lacq.

Au plan national, l'activité liée aux hydrocarbures concerne 1.500 emplois directs et 4.000 indirects.

"Il n'y aura pas de brutalité", a assuré le ministre avant de rencontrer dans la matinée les groupes de la majorité. "Il n'y aura que des gagnants, et s'il y a des perdants dans un premier temps, on va les identifier et on va mettre en place des contrats de transition écologique" pour "permettre des reconversions", a promis M. Hulot devant la presse.

L'ex-ministre socialiste de l'Ecologie Delphine Batho, notamment, veut aussi accroître l'ambition du texte en encadrant davantage le "droit de suite", qui permet aux titulaires d'un permis de recherche d'obtenir une concession en cas de découverte.

En l'état, ce droit n'est pas supprimé, au nom d'un risque de "contentieux", mais ne pourra excéder 2040.

Pour véritablement "sonner la fin d'un modèle", la loi doit "inclure des dispositions qui permettent à la France de ne plus accorder aucune concession" dès à présent, comme le souhaitait à l'origine le ministre, a plaidé un collectif de militants écologistes internationaux initié par la Canadienne Naomi Klein. "Aux députés d'aller plus loin dans la lutte contre le réchauffement", invitent dans une tribune publiée mardi sur le site du Monde ces représentants d'Attac, des Amis de la Terre ou de 350.org.

(c) AFP

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