La Libye possède les plus grandes réserves de pétrole d'Afrique, environ 48,4 milliards de barils selon l'OPEP (chiffre cité en mars 2026). Elle a produit 1,37 million de barils par jour de brut et de condensats en juin 2026 selon l'EIA, et en vend l'essentiel à l'Europe. Mais deux gouvernements rivaux se disputent cette richesse, presque seule source de recettes de l'État, et champs, oléoducs ou ports sont souvent fermés de force.
La Libye détient les plus grandes réserves prouvées de pétrole d'Afrique : environ 48,4 milliards de barils selon l'OPEP, un chiffre cité en mars 2026. Le CIA World Factbook donne presque le même, 48,36 milliards (estimation 2021) : ce total ne bouge plus depuis plusieurs années. Au rythme de production de 2025, il représente environ 97 ans d'extraction (calcul). L'essentiel se trouve dans le bassin de Syrte, au centre-nord du pays : environ 80 % selon une estimation ancienne, de 2007.
Le gaz est moins abondant : 1 505 milliards de mètres cubes de réserves prouvées (estimation 2021), au cinquième rang africain. La NOC étudie aussi avec Chevron le pétrole de schiste, qu'elle estime à environ 18 milliards de barils (avril 2026) : des ressources à évaluer, pas des réserves.
À retenir Environ 48,4 milliards de barils, près d'un siècle de production au rythme de 2025.
Selon l'agence américaine de l'énergie (EIA), la Libye a produit 1,37 million de barils par jour de brut et de condensats en juin 2026, une production stable sur un an. C'est le 15e producteur mondial, avec 1,7 % du total. En moyenne annuelle, l'EIA compte 1,71 million de barils par jour en 2010, 485 000 en 2011, année de la guerre, 408 000 en 2020, année du blocus des ports, puis 1,36 million en 2025 : le plus haut niveau depuis 2012, et le deuxième d'Afrique derrière le Nigeria.
Le 21 juin 2026, la NOC a annoncé 1,44 million de barils de brut dans la journée, du jamais vu depuis 2013. Après plus de dix ans sans déclaration, la Libye transmet de nouveau ses chiffres à JODI : 1,39 à 1,40 million de barils de brut par jour de juin à août 2026. Les fermetures de septembre ont pesé : l'EIA estime la production de brut de ce mois à 1,27 million de barils par jour. La NOC vise 1,6 million à la fin de 2026, puis 2 millions. Notre page sur la production de pétrole compare la Libye aux autres pays.
À retenir 1,36 million de barils par jour en 2025 selon l'EIA, plus haut niveau depuis 2012.
En Libye, fermer un champ, une vanne ou un port est un moyen de pression. Les auteurs changent : protestataires, groupes armés, membres des Gardes des installations pétrolières, censés protéger les sites, ou autorités de l'Est, qui tiennent les grands terminaux. L'enjeu reste le partage du pouvoir et de l'argent du pétrole.
À retenir En août 2024, la production libyenne est tombée sous 450 000 barils par jour.
Deux gouvernements rivaux se disputent le pays : à Tripoli, celui d'Abdelhamid Dbeibah, reconnu par l'ONU ; dans l'Est, un gouvernement contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar et ses proches, dont l'Armée nationale libyenne tient les grands terminaux et d'importants champs de l'est et du sud. Mais le pétrole est vendu par la NOC, à Tripoli, et l'argent arrive à la Banque centrale de Libye, qui paie notamment les salaires publics.
Selon ses relevés, la Banque centrale a reçu 17,6 milliards de dollars de recettes pétrolières et de redevances de janvier à septembre 2026, presque autant qu'un an plus tôt (17,5 milliards), alors que le Brent a dépassé 100 dollars de mars à mai. Le pétrole a fourni 97,5 % des recettes publiques sur ces neuf mois, contre 85 % en 2025 (calcul). Depuis 2026, le coût du carburant importé est retenu avant le versement : la Banque centrale n'a vendu aucun dollar pour le carburant de janvier à septembre, contre 2,68 milliards en 2025.
Le 11 avril 2026, les deux camps ont adopté le premier budget unifié depuis 2013 : 190 milliards de dinars, environ 30 milliards de dollars. Aucune règle publique de partage des recettes entre l'est et l'ouest n'a été trouvée.
À retenir 17,6 milliards de dollars de recettes pétrolières de janvier à septembre 2026, presque autant qu'en 2025.
La Libye a exporté environ 1,26 million de barils de brut par jour de juin à août 2026, selon ses déclarations à JODI. Ses ports donnent sur la Méditerranée, face à l'Europe, qui achète l'essentiel de ce brut : selon Eurostat, l'Union européenne en a importé 42,4 millions de tonnes en 2025, 9,3 % de ses achats, ce qui fait de la Libye son quatrième fournisseur. Son brut Es Sider entre dans le panier de l'OPEP, coté 90,82 dollars le baril au 5 novembre 2026.
L'Italie est le premier client : 25 % du brut qu'elle a importé en 2025 venait de Libye, et 26,4 % au premier semestre 2026. L'Allemagne suit (14,8 % en 2025), puis l'Espagne, dont la part est passée de 7,2 % en 2025 à 13,8 % au premier semestre 2026. La France a acheté 4,33 millions de tonnes de brut libyen en 2025, environ 90 000 barils par jour (calcul) : 9,5 % de son brut importé, au cinquième rang, juste devant l'Algérie.
Pendant la crise d'Ormuz, la Libye, loin du détroit, a été vue comme un recours, et l'Égypte a cherché en avril 2026 à lui acheter au moins un million de barils par mois pour remplacer le brut koweïtien. Le gaz part vers la Sicile par le gazoduc Greenstream (2004), mais de moins en moins : 2,52 milliards de mètres cubes en 2023, 0,96 milliard en 2025 (Eurostat).
À retenir L'Italie, premier client : 25 % de son brut importé venait de Libye en 2025.
L'essentiel du brut sort par le croissant pétrolier, la côte du golfe de Syrte où se suivent les terminaux d'Es Sider, de Ras Lanuf, de Brega et de Zueitina ; plus à l'est, Hariga dessert Tobrouk. Ils reçoivent le pétrole du bassin de Syrte, dont les champs de Waha et de Mabruk. En 2025, Es Sider a été le premier port d'exportation de la NOC (78,5 millions de barils), devant Zawiya (72,0 millions) et Ras Lanuf (48,7 millions).
À l'ouest, le terminal de Zawiya, près de Tripoli, reçoit par un oléoduc de 723 km le brut de Sharara, le grand champ du sud-ouest, qui peut produire environ 350 000 barils par jour selon Repsol.
Le raffinage reste faible : cinq raffineries, 380 000 barils par jour de capacité nominale, dont Ras Lanuf (220 000) et Zawiya (120 000), mais 102 000 à 135 000 barils de brut traités par jour de juin à août 2026 (JODI), pour une consommation de 223 000 barils par jour de produits pétroliers en 2024 (EIA). La Libye importe donc une grande partie de son carburant.
À retenir Es Sider, premier port d'exportation en 2025 : 78,5 millions de barils.
La production est encadrée par la National Oil Corporation (NOC), la compagnie d'État créée en 1970 et installée à Tripoli. Ses filiales exploitent les champs avec des compagnies étrangères, qui reçoivent une part du brut.
À retenir TotalEnergies : 113 000 bep/j en Libye en 2025, Waha prolongé jusqu'en 2050.
Les premiers forages ont lieu en 1956 dans le bassin de Syrte ; les grandes découvertes arrivent dès 1959. La Libye entre à l'OPEP en 1962. Après le coup d'État de Mouammar Kadhafi, en 1969, elle obtient en 1970 de l'américain Occidental un partage des bénéfices de 58 % contre 42 %, qui pousse les autres pays de l'OPEP à renégocier, puis nationalise une partie des champs. La production atteint alors environ 3,3 millions de barils par jour, un record souvent cité pour 1970, avant le début des séries de l'EIA (2,18 millions en 1973).
1,37 million de barils par jour de brut et de condensats en juin 2026 selon l'EIA, ce qui en fait le 15e producteur mondial. En 2025, la moyenne était de 1,36 million, le plus haut niveau depuis 2012.
Environ 48,4 milliards de barils de réserves prouvées selon l'OPEP (chiffre cité en mars 2026), les plus grandes d'Afrique, soit près d'un siècle de production au rythme de 2025.
La NOC, compagnie d'État installée à Tripoli, exploite les champs avec ses partenaires étrangers et vend le brut ; l'argent va à la Banque centrale. Mais l'armée du maréchal Khalifa Haftar, qui domine l'Est, tient les grands terminaux et d'importants champs de l'est et du sud.
Surtout l'Europe : l'Italie d'abord (25 % de son brut importé en 2025), puis l'Allemagne, l'Espagne et la France. Pour l'Union européenne, la Libye est le quatrième fournisseur de brut (9,3 % en 2025, Eurostat).
Oui : 4,33 millions de tonnes en 2025, environ 90 000 barils par jour, soit 9,5 % de son brut importé (Eurostat). TotalEnergies produit aussi en Libye : 113 000 barils équivalent pétrole par jour en 2025.
La Banque centrale a reçu 17,6 milliards de dollars de recettes pétrolières et de redevances de janvier à septembre 2026, 22,1 milliards en 2025. C'est 97,5 % des recettes de l'État sur les neuf premiers mois de 2026 (calcul).
Oui, depuis 1962. Mais elle n'a pas de plafond de production dans l'accord OPEP+ : elle en est exemptée depuis fin 2016.
Environ 0,15 dinar le litre, pour l'essence comme pour le gazole (GlobalPetrolPrices, janvier 2026), soit environ 2 centimes d'euro au taux de la Banque centrale du 2 novembre 2026 (7,18 dinars pour un euro). Ces prix subventionnés n'ont pas bougé : la fin des subventions, défendue par Abdelhamid Dbeibah et approuvée dans son principe par l'Est en décembre 2024, n'était pas appliquée au 3 novembre 2026.
En partie seulement. Ses ports sont loin du détroit et sa production a atteint en juin 2026 son plus haut niveau depuis 2013. Mais avec environ 1,4 million de barils par jour, il faudra plusieurs années d'investissements pour atteindre les 2 millions visés par la NOC, et les blocages de septembre 2026 ont rappelé la fragilité de l'offre.
Mis à jour le 6 novembre 2026 à 22 h 47
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