Sinopec est le groupe pétrolier d'État chinois du raffinage, de la chimie et de la distribution : sa filiale cotée, Sinopec Corp, appartient à 70 % à la maison mère publique, Sinopec Group. Elle se présente comme le premier raffineur du monde, avec 250 millions de tonnes de brut traitées en 2025 (environ 5 millions de barils par jour), et exploitait 31 293 stations-service en Chine au 30 septembre 2026. Au troisième trimestre 2026, son bénéfice net a bondi de 63,6 %, à 13,6 milliards de yuans (normes IFRS).
Le nom Sinopec désigne deux sociétés. Sinopec Group (China Petrochemical Corporation), la maison mère, appartient à 100 % à l'État chinois, qui la contrôle par sa commission chargée des entreprises publiques (SASAC) ; elle a été refondée en juillet 1998 à partir d'une compagnie publique créée en 1983. Sa filiale Sinopec Corp (China Petroleum & Chemical Corporation), créée en 2000, est cotée à Hong Kong et à Shanghai : la maison mère en détenait 70,07 % au 30 septembre 2026, dont 1,16 % par une filiale de Hong Kong. C'est Sinopec Corp qui publie les résultats et dont l'action est suivie sur cette page.
La « société nationale du pétrole de Chine », traduction de China National Petroleum Corporation, c'est CNPC, l'autre grand groupe d'État, maison mère de PetroChina, sa filiale cotée. Un troisième groupe public, CNOOC (China National Offshore Oil Corporation), exploite les gisements en mer et s'associe à des majors à l'étranger, par exemple au large du Guyana avec ExxonMobil (25 % du bloc Stabroek). En 1998, l'État a fait échanger des actifs entre CNPC et Sinopec : le premier en est sorti renforcé dans les champs de pétrole, le second dans le raffinage et la distribution. Au classement Fortune Global 500 de 2026, CNPC est 10e et Sinopec Group 12e. Le reste du secteur est présenté sur notre page consacrée au pétrole en Chine.
Les dirigeants passent d'un groupe à l'autre. Hou Qijun, ancien président de PetroChina puis de CNPC, dirige Sinopec Group depuis juin 2025 et préside le conseil de Sinopec Corp depuis le 21 août 2025, après le départ de Ma Yongsheng « en raison de son âge ». Wan Tao, ancien président de Sinopec Shanghai Petrochemical, est directeur général de Sinopec Corp depuis le 20 mars 2026, à la place de Zhao Dong, qui reste directeur général du groupe.
À retenir Sinopec Group, 100 % public, détient 70 % de Sinopec Corp, cotée ; CNPC (PetroChina) et CNOOC sont les deux autres groupes pétroliers d'État.
Sinopec se présente comme le premier raffineur du monde, le deuxième chimiste et le deuxième réseau de stations-service. Il a traité 250,3 millions de tonnes de brut en 2025 (-0,8 %), soit environ 5 millions de barils par jour, à peu près un tiers du raffinage chinois. Les chiffres de capacité varient : le dernier total publié par l'entreprise, fin 2022, donnait 29 raffineries en Chine et 287 millions de tonnes par an, environ 5,8 millions de barils par jour ; des estimations plus récentes retiennent 5,2 millions, selon ce qui est compté. Fin 2022, les plus grands sites étaient Zhenhai (27 millions de tonnes par an), Maoming (20), Jinling (18) et Shanghai (16). Avec une unité de 11 millions de tonnes mise en service en 2025, Zhenhai est devenue la première base de 40 millions de tonnes du groupe, environ 800 000 barils par jour. Notre page sur les raffineries explique le métier et ses marges.
En 2025, ses raffineries ont sorti 149 millions de tonnes de carburants : 62,6 d'essence, 52,6 de gazole (-9,1 %) et 33,7 de kérosène (+7,3 %). Sinopec est aussi le premier fournisseur mondial de fioul de soute à basse teneur en soufre pour les navires. Hors de Chine, le groupe a des parts dans six projets de raffinage et de chimie dans quatre pays, dont YASREF, à Yanbu, détenue avec Saudi Aramco (62,5 % pour Aramco, 37,5 % pour Sinopec), qui a traité plus de 20 millions de tonnes en 2025. En Chine, la raffinerie de Fujian est une coentreprise avec Aramco et ExxonMobil.
Sinopec exploitait 31 293 stations-service au 30 septembre 2026, toutes en propre, avec 28 537 supérettes Easy Joy. Il n'en a que 242 hors de Chine, notamment à Hong Kong, au Sri Lanka, en Thaïlande, en Australie et au Laos (fin 2025).
À retenir 250 millions de tonnes de brut traitées en 2025, environ 5 millions de barils par jour, et 31 293 stations au 30 septembre 2026.
Sinopec raffine bien plus qu'il ne produit. En 2025, il a extrait un record de 525 millions de barils équivalent pétrole (+1,9 %), soit 1,44 million par jour, pétrole et gaz réunis. Le brut compte pour 282 millions de barils (environ 770 000 barils par jour), le gaz pour 41 milliards de mètres cubes (+4 %). Sur les neuf premiers mois de 2026, la production a peu bougé (+0,6 %). En Chine, Sinopec a extrait environ 700 000 barils de brut par jour en 2025, à peu près un sixième de la production du pays (4,33 millions de barils par jour cette année-là selon l'EIA). La Chine produisait 4,42 millions de barils par jour en juin 2026, au 6e rang mondial : les autres pays sont comparés sur notre page production de pétrole.
Son premier champ de pétrole est Shengli, dans le Shandong, qui concentre 1 153 millions des 2 074 millions de barils de réserves prouvées de brut du groupe (fin 2025). Dans le gaz, Fuling, près de Chongqing, a été en 2014 le premier grand champ de gaz de schiste exploité en Chine ; ses réserves prouvées cumulées dépassent 1 000 milliards de mètres cubes. Shunbei, dans le bassin du Tarim (Xinjiang), compte parmi les champs à terre les plus profonds du monde, avec des réservoirs à plus de 7 300 mètres en moyenne. Puguang, au Sichuan, produit du gaz acide. Au total, les réserves prouvées de Sinopec représentent un peu plus de sept ans de production.
À l'étranger, le groupe détient 51 projets d'exploration et de production dans 23 pays (fin 2025), avec de premiers barils en 2025 sur Agogo et Begonia en Angola et sur Bacalhau au Brésil.
Sinopec publie deux jeux de comptes : en normes internationales (IFRS), retenues ici, et en normes chinoises, souvent reprises par la presse. Les montants sont proches, pas les pourcentages : au troisième trimestre 2026, le bénéfice net a progressé de 63,6 % en IFRS, à 13,6 milliards de yuans (environ 1,8 milliard d'euros), et de 57,2 % en normes chinoises, à 13,36 milliards. Le chiffre d'affaires du trimestre a atteint 769,7 milliards de yuans (+9,3 %). Selon le rapport publié le 29 octobre 2026, la hausse vient des meilleures marges du raffinage et de la chimie, de ventes accrues de kérosène et de gains sur les stocks, valorisés plus cher avec la hausse du brut. Sur neuf mois, sa marge de raffinage est passée de 6,1 à 9,9 dollars par baril.
Sur les neuf premiers mois de 2026, le bénéfice net atteint 40,2 milliards de yuans (+25,3 %), après un premier trimestre en hausse de 26,9 % et un deuxième en recul d'environ 10 %. Le raffinage a dégagé 30,1 milliards de résultat avant intérêts et impôts, contre 42,6 milliards pour l'exploration-production ; la chimie reste en perte (1,7 milliard, contre 8,2 un an plus tôt). L'année 2025 avait été mauvaise : bénéfice net de 32,5 milliards de yuans (-33,6 %) pour un chiffre d'affaires de 2 783,6 milliards (-9,5 %), et une perte de 14,6 milliards dans la chimie. Les comptes des autres groupes sont comparés sur notre page résultats des compagnies pétrolières.
Pour 2025, Sinopec a versé 0,20 yuan par action, soit 79 % du bénéfice redistribué en comptant les rachats d'actions. Pour 2026, l'acompte est de 0,105 yuan, contre 0,088 un an plus tôt, payé en octobre, en dollars de Hong Kong pour les actions H. Le groupe a racheté et annulé 104 millions d'actions A (500 millions de yuans) en septembre 2026 ; ses rachats d'actions H se poursuivaient au 30 septembre (601 millions de dollars de Hong Kong dépensés).
À retenir Bénéfice net de 13,6 milliards de yuans au 3e trimestre 2026 (+63,6 % en IFRS) et de 40,2 milliards sur neuf mois (+25,3 %).
Sinopec Corp a deux lignes de cotation. Les actions H, en dollars de Hong Kong, s'échangent à la Bourse de Hong Kong sous le code 386 : c'est leur cours qui s'affiche sur cette page. Les actions A, en yuans, sont cotées à la Bourse de Shanghai sous le code 600028 ; la maison mère en détient 83 milliards, soit 68,91 % du capital. Au 30 septembre 2026, Sinopec comptait 578 308 actionnaires ; les porteurs d'actions H, réunis chez le dépositaire HKSCC Nominees, détenaient 19,5 % du capital et CNPC 1,79 %.
Les certificats américains de Sinopec (symbole SNP) ont quitté la Bourse de New York en septembre 2022. L'entreprise avait annoncé ce retrait le 12 août 2022, comme le même jour PetroChina, China Life, Chalco et Sinopec Shanghai, en invoquant des échanges trop faibles et la lourdeur administrative de la cotation américaine. Elle s'est retirée du registre de l'autorité boursière américaine (SEC) le 8 décembre 2023 ; il ne reste aux États-Unis qu'une ligne hors cote.
Sinopec importe l'essentiel de son brut : environ 89 % en 2022, selon son dernier rapport annuel déposé à la SEC. Avant la guerre de 2026, il en achetait environ 4 millions de barils par jour, dont 2,4 millions au Moyen-Orient, par contrats annuels avec l'Arabie saoudite, le Koweït, l'Irak et le Qatar, selon la presse spécialisée. Le blocage du détroit d'Ormuz, à partir de mars, l'a obligé à réduire son débit de plus de 10 %, à faire passer les carburants avant la chimie et à acheter du brut saoudien chargé à Yanbu, sur la mer Rouge. Pékin lui a d'abord refusé l'accès aux réserves stratégiques et a interdit les exportations de gazole, d'essence et de kérosène, avant d'assouplir ces limites pour juillet et août. Sur neuf mois, Sinopec a traité 167,4 millions de tonnes de brut (-10,2 %), alors que la consommation chinoise de carburants reculait de 8,6 %.
Le 23 mars 2026, Zhao Dong, directeur général du groupe, a assuré que Sinopec n'achèterait « en gros pas » de pétrole iranien, malgré une dérogation américaine de 30 jours pour les cargaisons déjà en mer. Le sujet est sensible : le 9 octobre 2025, le Trésor américain avait sanctionné le terminal pétrolier de Rizhao, dans le Shandong, pour avoir reçu du brut iranien transporté par la « flotte fantôme ». Le communiqué ne nomme pas Sinopec, mais ce terminal est détenu à 50 % par Sinopec Kantons, une de ses filiales cotées, et environ un cinquième de ses importations y passaient, selon la presse spécialisée.
Avec le pétrole russe, la ligne a changé plusieurs fois. Après les sanctions américaines du 22 octobre 2025 contre Rosneft et Lukoil, Sinopec et les autres compagnies d'État chinoises ont suspendu leurs achats par mer. Sinopec les a repris en mars et avril 2026 grâce à une dérogation américaine temporaire ; pour juillet à septembre, il a acheté 30 à 40 cargaisons de brut ESPO, exporté par l'oléoduc Sibérie orientale-Pacifique, soit 241 000 à 320 000 barils par jour, payées en yuans.
Sinopec se dit deuxième chimiste du monde. En 2025, il a produit un record de 15,3 millions de tonnes d'éthylène (+13,5 %), la base des plastiques, et vendu 87 millions de tonnes de produits chimiques, mais ce métier a perdu 14,6 milliards de yuans. Au début de la crise d'Ormuz, le groupe a donné la priorité aux carburants : sur les neuf premiers mois de 2026, sa production d'éthylène a reculé de 19 %. À Shanghai, il a racheté en 2017 la part de BP dans la coentreprise chimique SECCO, pour 1,68 milliard de dollars.
Sinopec revendique le premier réseau de stations d'hydrogène du monde : 153 au 30 septembre 2026, contre 142 fin 2024. À Kuqa, dans le Xinjiang, son usine d'hydrogène vert (20 000 tonnes par an, produites avec de l'électricité renouvelable) alimente depuis août 2023 la raffinerie de Tahe ; une autre, de 30 000 tonnes, était en construction à Ordos, en Mongolie-Intérieure, en 2024. Le groupe comptait aussi 13 300 stations de recharge électrique et 141 000 points de charge fin 2025.
Dans le gaz, ses grands projets de 2025 comprennent le terminal de Longkou (Shandong), dont la première phase peut recevoir 6 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an. Le groupe a importé 13,9 millions de tonnes de GNL en 2024 et en a vendu 20,3 millions en 2025, négoce compris. Il a signé en 2025 un nouveau contrat d'achat de GNL à long terme avec TotalEnergies. En Chine, le GNL vendu comme carburant pour camions a bondi de 28,7 % sur les neuf premiers mois de 2026.
À retenir Record de 15,3 millions de tonnes d'éthylène en 2025 et 153 stations d'hydrogène au 30 septembre 2026.
La première China Petrochemical Corporation est née en 1983, quand le Conseil des affaires de l'État a regroupé des activités des ministères du Pétrole et de la Chimie. Refondé en juillet 1998, Sinopec Group a créé en 2000 sa filiale Sinopec Corp pour l'introduire en Bourse. Le groupe s'est ensuite développé à l'étranger : rachat d'Addax Petroleum (Afrique de l'Ouest et Kurdistan irakien) pour 7,24 milliards de dollars en 2009, alors le plus gros rachat étranger d'une société chinoise, puis parts dans Syncrude au Canada et dans les filiales brésiliennes de Repsol (40 %) et de Galp (30 %) en 2010 et 2011.
Son histoire compte aussi des affaires : Chen Tonghai, président de 2003 à 2007, a été condamné à mort avec sursis en juillet 2009 pour 196 millions de yuans de pots-de-vin, et l'explosion d'un oléoduc à Qingdao a fait au moins 62 morts en novembre 2013. Sinopec Group était 2e au classement Fortune des plus grandes entreprises mondiales en 2019 et en 2020 ; il n'est plus que 12e en 2026, avec un chiffre d'affaires de 364 milliards de dollars, en baisse de 10,7 %.
Le groupe pétrolier d'État chinois du raffinage, de la chimie et de la distribution de carburants. Sinopec Group, la maison mère, appartient à l'État ; elle détient environ 70 % de Sinopec Corp, la filiale cotée à Hong Kong et à Shanghai, qui exploite plus de 31 000 stations-service en Chine.
C'est CNPC (China National Petroleum Corporation), maison mère de PetroChina, plus tournée vers la production de pétrole et de gaz. La Chine compte deux autres groupes pétroliers d'État : Sinopec, d'abord raffineur et distributeur, et CNOOC, spécialiste des gisements en mer.
C'est ce qu'affirme l'entreprise : elle a traité 250 millions de tonnes de brut en 2025, environ 5 millions de barils par jour, à peu près un tiers du raffinage chinois. Sa capacité est estimée entre 5,2 et 5,8 millions de barils par jour selon la source et la date.
Le dernier décompte publié, fin 2022, donnait 29 raffineries en Chine. La plus grande, Zhenhai, atteint 40 millions de tonnes par an depuis 2025. Le groupe a aussi des parts dans six projets de raffinage et de chimie à l'étranger, dont YASREF en Arabie saoudite.
À la Bourse de Hong Kong (actions H, code 386, en dollars de Hong Kong) ou à celle de Shanghai (actions A, code 600028, en yuans). Les certificats américains ont quitté New York en 2022 ; il ne reste qu'une ligne hors cote aux États-Unis.
13,6 milliards de yuans de bénéfice net au troisième trimestre (+63,6 %) et 40,2 milliards sur neuf mois (+25,3 %), en normes IFRS, selon le rapport du 29 octobre 2026. En normes chinoises, la hausse du trimestre est de 57,2 %.
0,20 yuan par action pour 2025. Pour 2026, un acompte de 0,105 yuan a été payé en octobre, en dollars de Hong Kong pour les actions H ; ces dernières années, le solde a été annoncé avec les résultats annuels de mars et versé en juin.
Hou Qijun, ancien patron de PetroChina et de CNPC, préside Sinopec Group depuis juin 2025 et le conseil de Sinopec Corp depuis le 21 août 2025. Wan Tao est directeur général de Sinopec Corp depuis le 20 mars 2026.
Sinopec dit n'acheter « en gros pas » de pétrole iranien (mars 2026), même si un terminal détenu à moitié par une de ses filiales a été sanctionné par Washington en octobre 2025. Il a en revanche repris en 2026 ses achats de brut russe ESPO, payés en yuans.
Il n'y a pas de station Sinopec en France : ses 242 stations hors de Chine sont en Asie et en Australie (fin 2025). Le groupe achète du GNL à TotalEnergies. Dans le raffinage français, c'est PetroChina qui est présent, associé à INEOS dans la raffinerie de Lavéra, à Martigues.
Mis à jour le 6 novembre 2026 à 22 h 46
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