L'Iran menace de riposter sans limite autour du détroit d'Ormuz
Détroit d'Ormuz: Mohammad Akraminia, porte-parole de l'armée iranienne, a déclaré samedi que "Les forces armées de la République islamique sont aujourd'hui en état d'alerte plus élevé et plus puissantes" qu'au déclenchement de la guerre, le 28 février, par des frappes israélo-américaines sur Téhéran."Sur ordre du Guide suprême, toute riposte (...) sera immédiate, efficace et sans limite géographique", a-t-il ajouté.
Les Gardiens de la Révolution, puissante force armée de la République islamique, ont affirmé, cités par l'agence Fars, que "L'augmentation de la portée des missiles iraniens se poursuit de manière constante". Dans la nuit de vendredi à samedi, la télévision d'État iranienne a signalé deux explosions sur l'île de Qeshm, l'agence Tasnim faisant état de deux frappes de missiles.
L'armée iranienne, sans confirmer ces tirs, a annoncé la destruction d'un drone militaire américain sur Qeshm, île du détroit d'Ormuz déjà touchée par des frappes limitées dans la nuit de lundi à mardi. "Nous procédons à des frappes mineures", a déclaré vendredi soir Donald Trump.
Téhéran et Washington avaient conclu en juin un protocole d'accord, après un cessez-le-feu qui avait clos en avril 40 jours d'échanges de frappes meurtriers. Le texte a échoué durant l'été avec la reprise des hostilités, avant une nouvelle accalmie depuis septembre.
Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani a déclaré vendredi soir à Oxford que les tractations récentes avaient évité une situation "incontrôlable". Côté américain, "même après" les élections de mi-mandat, "l'intention demeure, tout comme la volonté de prendre des mesures pour trouver une solution", a-t-il ajouté.
Le Premier ministre qatari a indiqué qu'un accord devrait d'abord traiter le nucléaire iranien et la réouverture du détroit d'Ormuz, fermé par Téhéran. Donald Trump, qui a reconnu que la flambée des cours du pétrole liée au conflit avait largement pesé dans la défaite de son camp, s'est entretenu vendredi avec l'émir du Qatar Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.
Abbas Araghchi, chef de la diplomatie iranienne, a indiqué samedi avoir parlé au cours des 48 dernières heures avec 12 homologues, dont les ministres de Turquie et du Pakistan, deux pays également médiateurs. Ali Vaez, du centre de réflexion International Crisis Group, estime que "les élections de mi-mandat ont accru le coût politique d'une guerre, mais un Trump en fin de mandat pourrait" opter pour la confrontation "si l'Iran lui refuse une porte de sortie honorable".
Ali Vaez ajoute que "Téhéran peut considérer la défaite républicaine comme une occasion de laisser filer le temps jusqu'à ce qu'un Congrès démocrate coupe les ailes militaires de Trump". L'armée américaine a annoncé vendredi une récompense de 20 millions de dollars et une possible "relocalisation" en lieu sûr pour toute personne fournissant des informations sur le programme nucléaire iranien.
Téhéran nie vouloir acquérir l'arme atomique et revendique un droit au nucléaire civil. Dans les négociations en cours, l'Iran a réaffirmé sa disponibilité à rouvrir le détroit d'Ormuz si Washington acceptait un cessez-le-feu sur tous les fronts régionaux, le dégel d'avoirs iraniens détenus à l'étranger, la levée des sanctions visant son secteur pétrolier et l'arrêt du blocus naval américain contre ses ports.
Les États-Unis avaient rejeté une première offre iranienne durant l'été. L'Iran revendique le contrôle de ce passage stratégique pour le commerce d'hydrocarbures et affirme que des navires contrevenant à ses consignes y sont détruits par des mines, les Gardiens de la Révolution évoquant samedi un nouveau pétrolier touché.
L'armée américaine affirme avoir déminé une grande partie du détroit d'Ormuz, ce qui aurait permis une hausse du trafic maritime.








