L’Irak chiffre ses pertes pétrolières à 60 milliards de dollars
Irak: Le ministre irakien des Affaires étrangères Fouad Hussein a présenté cette estimation jeudi 15 octobre à Rome, lors d’un entretien avec le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani, d’après un communiqué de la diplomatie irakienne."L’Irak a essuyé des pertes estimées à environ 60 milliards de dollars durant la récente guerre entre les États-Unis et la République islamique d’Iran", a déclaré le ministre.
Avant le conflit déclenché fin février par les frappes israélo-américaines contre l’Iran, l’Irak produisait environ 4 millions de barils par jour, dont 3,5 millions étaient exportés. Membre de l’OPEP, le pays écoulait l’essentiel de ces volumes depuis ses terminaux du sud, via le détroit d’Ormuz.
La restriction de la navigation décidée par l’Iran dans ce passage maritime a contraint Bagdad à réduire fortement la production de plusieurs gisements, les capacités de stockage ne permettant pas d’absorber les volumes non exportés. Les autorités irakiennes ont ensuite utilisé des itinéraires de substitution, notamment des camions-citernes vers la Syrie et un oléoduc passant par la Turquie.
Le ministère irakien du Pétrole a indiqué que les exportations avaient atteint en moyenne 2,6 millions de barils par jour entre le 1er et le 21 septembre, après leur forte contraction du printemps. Selon le Fonds monétaire international, le 15 juillet, la fermeture effective d’Ormuz avait retranché environ 20 millions de barils par jour de brut et de produits raffinés du marché, soit près d’un cinquième de la consommation mondiale.
Les exportations de pétrole représentent environ 90% des recettes irakiennes, ce qui rend les finances publiques très dépendantes des devises tirées des ventes de brut. Dans le même temps, les réserves en devises du pays ont reculé de 20 milliards de dollars et les prix à la consommation ont fortement augmenté, selon les éléments communiqués par Bagdad.
La Banque centrale d’Irak a relevé la semaine dernière le taux de change officiel du dollar, une mesure inédite depuis plus de trois ans. Les recettes pétrolières financent les importations, contribuent à la stabilisation du dinar et permettent le paiement des salaires des fonctionnaires ainsi que des pensions, qui concernent environ un cinquième d’une population de plus de 46 millions d’habitants.
Le Fonds monétaire international a estimé cette semaine que l’Irak faisait partie des pays les plus touchés par les perturbations des transports liées à la guerre. Dès avril, l’institution indiquait que les traversées de pétroliers à Ormuz étaient tombées d’environ 70 navires par jour à un niveau proche de zéro après le début des hostilités.
Le gouvernement irakien cherche à élargir ses sources de revenus dans un contexte de contraintes budgétaires renforcées. L’objectif affiché consiste à porter la part des revenus non pétroliers de 10% à 45% d’ici 2037.












