Aramco juge les stocks pétroliers mondiaux trop faibles après l’accord du G7
NYC / Stocks aux USA: Lors de l’Energy Intelligence Forum à Londres, le président-directeur général d’Aramco, Amin Nasser, a estimé que le système pétrolier mondial était déjà "sous pression".Le dirigeant du géant saoudien du pétrole a averti que les solutions de substitution disponibles étaient limitées, ce qui rend selon lui le "coussin de sécurité" face aux ruptures d’offre "dangereusement faible".
Amin Nasser a aussi appelé à ne pas s’arrêter aux volumes affichés dans les réserves, jugeant que "moins de 10% sont réellement disponibles". Une part importante des stocks déclarés correspond, selon lui, au seuil minimal nécessaire pour maintenir les infrastructures pétrolières en fonctionnement.
La mise en garde intervient après l’accord annoncé vendredi 2 octobre par les pays du G7, qui prévoit une libération coordonnée de 100 millions de barils de pétrole brut et de produits pétroliers par l’intermédiaire de l’Agence internationale de l’énergie. Ce mécanisme doit être déployé sur quatre mois, avec un effort initial portant notamment sur le diesel dans les vingt premiers jours.
L’AIE, qui rassemble 32 États dont les membres du G7, impose à ses pays membres de disposer de stocks correspondant au minimum à 90 jours d’importations nettes de pétrole. Le 10 mars, l’agence indiquait que ses membres détenaient plus de 1,2 milliard de barils de stocks publics d’urgence, auxquels s’ajoutaient environ 600 millions de barils de stocks industriels soumis à obligation.
Pour Amin Nasser, la difficulté à mobiliser 100 millions de barils illustre la faible disponibilité réelle des volumes stockés. "Les réserves d’énergie pourraient nous faire gagner un hiver, mais elles ne peuvent pas résoudre durablement le problème de l’approvisionnement", a-t-il averti.
Malgré cet avertissement sur l’état du marché, Amin Nasser a insisté sur la "résilience" d’Aramco. Le groupe saoudien, premier producteur pétrolier mondial, serait selon lui capable de répondre "à toutes les exigences" de ses clients.
Ces assurances interviennent après des informations rapportées par Bloomberg en septembre, selon lesquelles certains clients européens risquaient de ne pas recevoir de pétrole en provenance d’Arabie saoudite. La déclaration d’Amin Nasser vise ainsi la capacité opérationnelle d’Aramco dans un contexte de fortes tensions sur les flux d’approvisionnement.
Les infrastructures pétrolières saoudiennes ont été visées à plusieurs reprises par les rebelles houthis du Yémen depuis la reprise des hostilités entre la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite et les combattants pro-iraniens. Ces attaques constituent un facteur de risque supplémentaire pour les installations de production et d’exportation du royaume.
Amin Nasser a affirmé qu’Aramco avait renforcé ses procédures après ces épisodes. "Nous apprenons de chaque attaque", a-t-il déclaré, ajoutant que le groupe pouvait "gérer 10 offensives en même temps" en mobilisant des équipes chargées de restaurer les installations endommagées.
(c) AFP








