L’AIE comptabilise 325 millions de barils déjà débloqués par le G7
Paris: À la date du 3 octobre, environ 325 millions de barils de réserves stratégiques de pétrole et de produits pétroliers ont été mis sur le marché dans le cadre de l’action collective annoncée le 11 mars, selon l’Agence internationale de l’énergie.Ce volume représente un peu plus de 80 % des 400 millions de barils initialement promis.
Le rythme des sorties de stocks a ralenti après l’été. Entre le 11 mars et le 21 juillet, 290 millions de barils avaient été libérés, puis 35 millions supplémentaires seulement entre la fin juillet et le début octobre.
Les dirigeants du G7 ont annoncé vendredi 2 octobre "une libération coordonnée, par l’AIE, de 100 millions de barils, qui commencera immédiatement". Dans sa déclaration du 2 octobre, le G7 précise que ce volume doit être mobilisé sur quatre mois, avec une part importante de diesel concentrée dans les vingt premiers jours.
Le communiqué ne précise pas explicitement si ces 100 millions de barils incluent les 75 millions encore attendus au titre de l’engagement du 11 mars, ou s’ils porteraient l’effort total à 500 millions de barils. Cette ambiguïté reste déterminante pour mesurer l’ampleur réelle du nouveau signal envoyé au marché.
Washington a accru la pression sur l’Union européenne, en estimant qu’elle pouvait davantage contribuer à détendre le marché des carburants. D’après l’argumentaire américain, environ la moitié des importations européennes de diesel provient des États-Unis, alors même que les prix des carburants ont nettement augmenté aux États-Unis, exportateurs nets de pétrole et de produits pétroliers.
Jeudi, la presse américaine avait indiqué que l’administration de Donald Trump envisageait une interdiction des exportations de diesel vers l’Europe. Le président américain a ensuite affirmé vendredi que "ça n’a jamais vraiment été sur la table", avant de saluer les décisions prises par le G7.
Les difficultés d’approvisionnement des pays du G7 tiennent à deux foyers de tension. Les exportations des pays du Golfe restent affectées par le verrouillage du détroit d’Ormuz par l’Iran, après les attaques menées par les États-Unis et Israël.
Le second facteur concerne la Russie, où les infrastructures énergétiques sont ciblées par l’Ukraine. Kiev cherche ainsi à compliquer le fonctionnement de l’armée russe, engagée dans la guerre sur le territoire ukrainien.
Selon l’AIE, les exportations de brut du Moyen-Orient se sont nettement redressées, mais les flux de produits raffinés restent fortement contraints. Les attaques ukrainiennes contre des raffineries russes aggravent en particulier la tension sur le diesel, alors que les raffineries situées ailleurs dans le monde fonctionnent à plein régime.
Le 11 mars, l’AIE indiquait que ses États membres détenaient plus de 1,2 milliard de barils de stocks d’urgence, auxquels s’ajoutaient 600 millions de barils conservés par l’industrie au titre d’obligations publiques. Les membres de l’AIE doivent maintenir des stocks équivalant à au moins 90 jours de leurs importations nettes de pétrole.
Ces mécanismes existent depuis 1974, après le choc pétrolier déclenché par la guerre du Kippour, afin de répondre à des tensions brutales sur l’offre. Le plan détaillé par l’AIE le 15 mars répartissait l’action collective entre 72 % de brut et 28 % de produits pétroliers.
Selon l’AIE, environ 20 millions de barils par jour de brut et de produits pétroliers ont transité par le détroit d’Ormuz en 2025, soit près de 25 % du commerce maritime mondial de pétrole.
(c) AFP
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