TotalEnergies garde le cap sur le pétrole et le gaz, surfe sur le raffinage
TotalEnergies: TotalEnergies maintient le cap dans le pétrole et le gaz et annonce viser sur la période 2030-2035 "une croissance de 2 à 3% par an" de sa production d'hydrocarbures, qui lui ont permis d'accumuler les profits du fait de la flambée des cours liée à la guerre dans le Golfe."Le message aujourd'hui est un message de confiance dans le business model de TotalEnergies", a résumé Patrick Pouyanné, PDG du géant des hydrocarbures en ouvrant la journée investisseurs du groupe lundi.
"Nous faisons la démonstration que nous sommes très résilients" face aux crises, a-t-il ajouté.
Il s'est notamment félicité de voir l'activité raffinerie du groupe, habituellement déficitaire, dégager d'importants bénéfices du fait de la perte des exportations de pétrole en raison du blocage du détroit d'Ormuz.
"Certains font régulièrement le commentaire que nos raffineries européennes sont à la traîne, mais la réalité, c'est qu'elle ne le sont pas", a-t-il déclaré. "Elles tournent toutes à pleine capacité et elles sont comme des mines d'or, cette année", s'est-il réjoui.
Ce qui n'est généralement pas le cas : TotalEnergies est structurellement déficitaire dans le raffinage en France, avec plus de 5 milliards d'euros de pertes depuis une quinzaine d'années.
TotalEnergies, qui a maintenu trois raffineries françaises et continue d'y investir environ 500 millions d'euros par an, cherche à maximiser leur production alors que certains carburants, comme le diesel ou le kérosène, sont soumis à une forte tension dans le monde.
"Nous avons optimisé les rendements de toutes nos raffineries dans le monde afin de maximiser la production de carburants pour aviation et de diesel, car ce sont les produits dont on est le plus à court aujourd'hui, sur le marché", a expliqué Vincent Stoquart, directeur général du raffinage et de la chimie pour le groupe.
Pour répondre autant que possible à la demande et remédier tant bien que mal au manque de produits, le groupe a "également décidé de reporter certaines opérations de maintenance", a déclaré M. Stoquart.
Il a cité l'exemple de la raffinerie de Normandie, près du Havre, la plus grosse unité de production du groupe en France : alors qu'elle "devait entrer en arrêt technique dans quelques jours, nous avons décidé de repousser cet arrêt à l'année prochaine", a-t-il déclaré.
A plus long terme, le géant pétrogazier a confirmé que sa production globale d'énergie (pétrole, gaz et électricité) devrait grimper de 4% par an jusqu'en 2030. La seule production de pétrole et gaz devrait elle enregistrer une croissance moyenne de plus de 3% par an entre 2025 et 2030.
TotalEnergies, qui a doublé son bénéfice au deuxième trimestre 2026, engrangeant 5,4 milliards de dollars, a par ailleurs annoncé que son conseil d'administration avait décidé de viser une "augmentation de plus de 5% par an du dividende au titre des exercices 2026 à 2030".
"Bien sûr, quand les prix de l'énergie grimpent en flèche, nous tirons largement parti de cette perturbation", a expliqué Patrick Pouyanné lundi.
Les réactions ont été immédiates. "La multinationale se moque des drames vécus cet été - entre feux destructeurs, canicules suffocantes et sécheresse inédite - largement liés à la combustion d'énergies fossiles", a dénoncé Greenpeace.
"En pleine crise sociale, TotalEnergies ose annoncer une nouvelle augmentation des versements de dividendes, confirmant ainsi une stratégie éhontée visant à récompenser grassement ses actionnaires", a fustigé l'ONG.
Six pays européens, Allemagne en tête, ont réclamé vendredi une taxe sur les compagnies pétrolières, mesure que ne soutient pas le ministre français de l'Economie Roland Lescure.
L'organisation d'actionnaires activistes "Follow This" a elle déploré que "la croissance de TotalEnergies dans le secteur du pétrole et du gaz aille à l'encontre de ses déclarations en matière de transition énergétique".
"En 2023, TotalEnergies prévoyait que 33% de ses dépenses d'investissement seraient consacrés aux énergies à faible émission de carbone d'ici 2030 (...). Aujourd'hui, seuls environ 20 % de ces investissements sont encore destinés au secteur de l'électricité", a-t-elle estimé.
Pour l'électricité, TotalEnergies a indiqué vouloir "maintenir son rythme de croissance" sur la période 2030-2035, afin que cette forme d'énergie représente 25% de son mix énergétique à l'horizon 2035.







