Le pétrole et le gaz décollent à cause des hostilités au Moyen-Orient
Londres: Le baril de Brent a dépassé mercredi les 100 dollars pour la première fois depuis juillet et le gaz européen est au plus haut depuis début 2023 après de nouvelles frappes aussi bien américaines qu'iraniennes qui ont ciblé des pétroliers au Moyen-Orient.Vers 15H15 GMT, le prix du baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, pour livraison en novembre, gagnait 3,29% à 101,14 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en octobre, prenait 3,58% à 96,36 dollars.
La pression se ressent davantage encore sur les cours des produits raffinés: aux Etats-Unis, le gallon (3,78 litres) de diesel a atteint mercredi un nouveau record à la pompe, s'affichant en moyenne à 5,94 dollars, selon l'Association automobile américaine (AAA).
Plusieurs navires ont été visés par des tirs dans la région du Golfe, a annoncé mercredi l'agence maritime britannique UKMTO, après que l'Iran a annoncé avoir pris pour cible une vingtaine de bateaux tentant d'emprunter le détroit d'Ormuz, en réponse à des attaques américaines.
Pour le marché de l'or noir, il s'agit d'une "nouvelle escalade", explique Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
Selon lui, "si l'Iran commence à viser des pétroliers dans les ports et les zones de mouillage d'autres États du Golfe, une part bien plus importante des infrastructures pétrolières de la région et de la flotte de pétroliers pourrait potentiellement être impliquée".
L'Iran avait d'ailleurs annoncé dimanche la création d'ici "quelques jours" d'une zone interdite près du stratégique détroit d'Ormuz.
Elle couvrira une partie du Golfe d'Oman "et au-delà", ont précisé mercredi les Gardiens de la Révolution.
Pour l'économie, "le seuil de 100 dollars est un niveau psychologique qui compte", estime Kathleen Brooks, de XTB.
Une fois ce niveau dépassé, "de nombreuses banques centrales n'auront d'autre choix que de relever leurs taux", au risque d'"alourdir les coûts pour les entreprises comme pour les consommateurs" et de plomber la croissance, note-t-elle.
Par ailleurs, le gaz européen a brièvement dépassé les 80 euros le mégawattheure, une première depuis plus de trois ans et demi.
Le contrat à terme du TTF néerlandais, la référence du gaz pour l'Europe, grimpait de 4,52%, à 79,27 euros le mégawattheure, après s'être affiché à 80,99 euros.
Les réserves de gaz en Europe sont remplies à environ 67% de leurs capacités alors que l'Union européenne impose un objectif de remplissage de 80% au 1er novembre.
Le marché anticipe donc une forte demande avant l'hiver, avec une compétition très importante entre européens et asiatiques pour s'accaparer les cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL) restantes dans un contexte d'offre réduite par la guerre au Moyen-Orient.







