Bercy écarte une baisse générale des taxes sur les carburants
Carburants: Le ministère de l'Économie a confirmé, mercredi 9 septembre, que le gouvernement ne retenait pas de dispositif général pour amortir la progression des prix des carburants.Plusieurs acteurs réunis à Bercy avaient défendu publiquement des mesures plus larges, notamment une réduction temporaire de la fiscalité applicable à l'essence et au gazole.
Le ministère a indiqué que cette option demeurait écartée. Une baisse des prélèvements a été décidée dans certains pays, mais "la situation des finances publiques ne nous semble pas permettre ce type de mesure" en France, selon Bercy.
Le plafonnement des prix n'est pas davantage soutenu par l'exécutif. "S'agissant d'un plafonnement des prix, libre à chacun de le faire s'il le souhaite opportun", a déclaré Bercy, tout en jugeant cette solution inadaptée car "plafonner, c'est organiser la pénurie".
Le gouvernement privilégie des soutiens concentrés sur les ménages et les entreprises les plus exposés, pour une enveloppe totale de 1,4 milliard d'euros. Cette orientation reste, selon Bercy, la "ligne" retenue face à l'augmentation des prix à la pompe.
Le ministère de l'Économie a ouvert jusqu'au 30 septembre le guichet de l'indemnité carburant destinée aux travailleurs "grands rouleurs". Ce dispositif prévoit 100 euros pour près de 3 millions de travailleurs modestes utilisant un véhicule personnel à des fins professionnelles, soit un équivalent annoncé de 20 centimes par litre sur la consommation moyenne de six mois.
Selon les règles publiées par le ministère, l'aide vise les foyers dont le revenu fiscal de référence par part au titre de 2024 ne dépasse pas 16 880 euros. Le demandeur doit justifier soit d'un trajet domicile-travail supérieur à 15 kilomètres par trajet, soit de plus de 8 000 kilomètres parcourus par an dans un cadre professionnel.
La semaine précédente, Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, avait estimé qu'au-delà d'un certain seuil, les pouvoirs publics seraient contraints, si la flambée persistait, de réduire partiellement la taxation des carburants.
Mercredi à 11 h 00, le SP95-E10, carburant essence le plus utilisé en France, atteignait 2,124 euros le litre en moyenne, selon un calcul réalisé à partir des données gouvernementales. Le gazole s'établissait pour sa part à 2,292 euros le litre.
Ces niveaux correspondent à des records depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Par rapport à fin février, le SP95-E10 ressortait en hausse de 23,5 % et le gazole de 33,3 %, les moyennes mentionnées excluant la Corse et les départements et régions d'outre-mer.
Bercy a indiqué que la consommation de carburants s'était ajustée à la hausse des prix, avec une baisse moyenne de 5,5 %. À fin août, les recettes fiscales sur les carburants dépassaient de 9 millions d'euros leur niveau de fin août 2025, la hausse de 304 millions d'euros de TVA nette compensant une diminution de 295 millions d'euros des accises perçues.
Le gouvernement a de nouveau cherché à dissiper les inquiétudes sur les volumes disponibles dans les stations-service. Bercy a affirmé qu'il n'existait "pas de risque sur l'approvisionnement des stations au niveau national".
Le suivi gouvernemental des disponibilités repose sur les déclarations effectuées par les exploitants de stations-service. Une station est considérée en rupture d'essence uniquement lorsque tous les carburants essence qu'elle distribue, SP95-E10, SP95 et SP98, sont indisponibles.
Plus tôt mercredi, Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, avait estimé sur RMC/BFMTV que les prix resteraient "tendus" tant qu'il n'y aurait pas la "paix" au Moyen-Orient.

Toute l'actualité des prix du carburant dans le monde






