Les prix du pétrole pèse sur les Bourses mondiales et dopent les taux d'emprunt
Paris: Les cours de l'or noir grimpaient lundi après l'annonce de nouvelles frappes entre les Etats-Unis et l'Iran, pesant sur les marchés boursiers mondiaux et ravivant les inquiétudes d'un choc inflationniste, ce qui pousse les taux d'emprunt à la hausse.Vers 14H00 GMT, le baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord s'échangeait à 91,06 dollars (+3,36%). Son équivalent américain, le WTIWTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie., grimpait de 3,21% à 86,08 dollars.
Alors que le conflit est entré dans son septième mois et que les négociations sont au point mort, ces attaques tranchent avec les récentes déclarations de l'administration américaine qui disait vouloir privilégier la pression économique contre Téhéran.
Jusqu'ici, les "récentes discussions impliquant l'Iran et Oman avaient maintenu l'espoir d'un arrangement viable pour Ormuz, tandis que l'amélioration des flux maritimes commençait à alimenter l'idée que le brut pouvait progressivement perdre une partie de sa prime géopolitique", rappelle Stephen Innes, gérant de SPI AM.
L'armée américaine a par ailleurs démenti lundi l'information iranienne selon laquelle un navire pétrolier avait été immobilisé après avoir heurté des mines lors d'une tentative "illégale" de franchir le détroit d'Ormuz.
La reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran et la remontée des cours du brut pèsent sur les marchés d'actions, les investisseurs restant sur la défensive.
Dans les premiers échanges à New York, le Dow Jones cédait 0,64%, l'indice Nasdaq perdait 0,41% et l'indice élargi S&P 500 reculait de 0,45%.
En Europe, vers 14H00 GMT, la Bourse de Paris perdait 0,09%, Francfort 0,84% et Zurich 0,81%. Seule Milan restait en territoire positif, gagnant 0,27%. Londres restait fermée en raison d'un jour férié.
"Le moment ne pouvait guère être pire pour les marchés", estime Stephen Innes.
Le pétrole BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole., considéré comme la référence mondiale du pétrole, coûte à nouveau environ 90 dollars le baril "alors même que le message de Kevin Warsh (le patron de la Réserve fédérale américaine, Fed, ndlr) à Jackson Hole continue de faire des vagues sur le marché obligataire", poursuit-il.
La hausse des prix du pétrole alimente en effet les risques d'inflation, face auxquels Kevin Warsh s'était montré très ferme dans son discours vendredi. Il a rappelé qu'il maintiendrait son objectif d'une inflation à 2%, contre 3,7% actuellement aux Etats-Unis, laissant entrevoir également un relèvement des taux d'intérêt dès le mois de septembre et non plus en fin d'année.
"Les anticipations d'une hausse de taux de 25 points de base en septembre ont bondi de moins de 40% à plus de 60%", rappelle Ipek Ozkardeskaya dans sa note aux clients de Swissquote.
"Le pétrole n'a pas besoin de revenir à des niveaux de crise" pour rester une source d'inquiétudes, explique Stephen Innes. "Il lui suffit de rester suffisamment cher pour empêcher l'inflation d'évoluer aussi docilement que la Fed le souhaiterait".
Portée par une nette hausse du prix de l'énergie, l'inflation s'est d'ailleurs accélérée en Allemagne en août à 2,9% sur un an, après 2,8% en juillet, confortant l'hypothèse d'un relèvement des taux d'intérêt par la Banque centrale européenne (BCE) en septembre, hypothèse déjà anticipée par les marchés.
Les taux d'intérêt sur le marché obligataire de la dette des Etats et des entreprises se maintiennent à leur plus haut niveau depuis la crise financière de 2008-2009.
Le rendement du Bund allemand à 10 ans affichait 3,32% contre moins de 3,28% vendredi en clôture.
Son équivalent français promettait un rendement de quasiment 4,17%, un plus haut niveau depuis 2008, contre 4,12% à la clôture vendredi, alors que le gouvernement français se réunit en séminaire pour préparer un budget sur fond de dette à 117% du PIB.
Aux Etats-Unis, le rendement de l'emprunt à échéance 10 ans s'affichait à 4,76%, contre 4,72% vendredi.






