Lula présente le pétrole au large de l’Amazonie comme un atout
Londres: Petrobras a fait état, vendredi 14 août, d'indices de présence de pétrole dans un puits en eaux profondes situé à 175 km des côtes de l'État d'Amapá, dans la Marge équatoriale brésilienne.Le forage avait débuté en octobre 2025, après cinq ans de procédure pour obtenir une licence environnementale.
La licence délivrée par l'Institut brésilien de l'environnement, l'Ibama, vise le bloc FZA-M-059, localisé à environ 500 km de l'embouchure de l'Amazone et à plus de 2 800 mètres de profondeur d'eau, selon Petrobras. La compagnie publique présente cette zone comme une nouvelle frontière offshore couvrant les bassins de Foz do Amazonas, Pará-Maranhão, Barreirinhas, Ceará et Potiguar.
Depuis une base d'opérations de Petrobras, vêtu d'une combinaison orange après avoir visité le navire impliqué dans la campagne, Lula a défendu la poursuite de l'exploration. Le brut découvert est "un passeport pour l'avenir de ce pays et en disant cela, je ne renie pas mon combat pour qu'un jour nous n'ayons plus besoin de combustibles fossiles", a déclaré le chef de l'État.
Le président brésilien a aussi estimé que l'exploitation de nouvelles réserves renforcerait la "souveraineté nationale". En exhibant un échantillon de brut, il a ajouté : "Je vais le garder dans un coffret, (...) il sent si bon".
La présidente de Petrobras, Magda Chambriard, a indiqué que 15 à 20 jours de forage supplémentaires seraient nécessaires pour évaluer l'ampleur de la découverte. Elle a précisé que d'autres études devront déterminer si cette découverte peut être qualifiée de "commerciale", tout en jugeant qu'il existe des raisons d'être "extrêmement optimistes".
Dans son plan d'affaires 2026-2030, Petrobras prévoit 2,5 milliards de dollars d'investissements dans la Marge équatoriale et le forage de 15 nouveaux puits dans cette région. Le même plan affecte 7,1 milliards de dollars aux activités exploratoires du groupe sur cinq ans, avec la Marge équatoriale parmi les zones mises en avant.
Les organisations environnementales alertent sur les risques pour une zone de forte biodiversité située au large de la plus grande forêt tropicale du monde. Suely Araujo, coordinatrice du réseau d'ONG Observatoire du Climat, a estimé que la découverte de pétrole "ne résout pas les problèmes relevés dans le processus d'octroi de la licence environnementale".
Selon cette experte, les populations autochtones de la région n'ont pas été consultées avant l'autorisation des forages et les conséquences d'une éventuelle marée noire ont fait l'objet d'erreurs de calcul. Lula, 80 ans, défend un abandon progressif des combustibles fossiles pour freiner le changement climatique, mais juge que le Brésil, neuvième producteur mondial de pétrole en 2025, ne peut pas renoncer à court terme à cette rente pétrolière.
Le président brésilien briguera un quatrième mandat non consécutif lors de l'élection présidentielle prévue en octobre 2026.







