Le pétrole reste prudent face au manque de lisibilité sur l'offre
Londres: Les cours du pétrole hésitent lundi à cause de la complexité à évaluer les exportations provenant du Moyen-Orient selon les analystes, le marché réagissant par conséquent davantage aux derniers développements du conflit.Vers 09H15 GMT (11H15 HEC), le prix du baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, pour livraison en octobre, prenait 0,68% à 89,12 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,12% à 82,50 dollars.
La navigation dans le détroit d'Ormuz, artère cruciale pour les exportations d'hydrocarbures des pays du Golfe, reste au coeur des tensions entre les Etats-Unis et l'Iran.
Le président américain affirme que les Etats-Unis ont le contrôle de ce passage, ce que Téhéran dément.
Selon les données des sites de suivi du trafic maritime, le flux "a encore diminué au cours du week-end", après des attaques attribuées à l'Iran contre plusieurs pétroliers de la compagnie publique émiratie ADNOC, souligne Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management.
Mais le décompte du trafic basé le système d'identification automatique des navires (l'AIS) est devenu moins fiable, "car un nombre croissant de navires traverse le détroit avec leurs transpondeurs AIS éteints", explique l'analyste.
"Il y a donc un débat en cours pour savoir si le marché sous-estime le volume de pétrole qui quitte le Moyen-Orient", précise M. Rasmussen.
"En l'absence de clarté, il (le marché) fait la meilleure chose qu'il puisse: réagir aux gros titres et aux publications sur les réseaux sociaux", affirme Tamas Varga, analyste chez PVM.
Par ailleurs, le prix du brut "pourrait de plus en plus être le mauvais indicateur sur lequel se focaliser", alerte Stephen Innes, analyste chez Quintex Intel.
La moindre disponibilité "des produits raffinés, la limitation de l'offre de gaz naturel liquéfié (GNL), la hausse des coûts de fret et l'augmentation des prix de l'électricité commencent à établir un lien beaucoup plus direct entre le choc au Moyen-Orient et l'économie réelle", selon lui.
Le prix du gaz européen continue d'ailleurs de progresser. "Contrairement au marché pétrolier, il existe peu d'indices suggérant que des volumes significatifs de GNL quittent la région" du Golfe, estime M. Rasmussen, ce qui accroît le risque que l'Union européenne ne parvienne pas à remplir suffisamment ses stocks de gaz avant l'hiver.
Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne du gaz, prenait 1,15%, à 62,13 euros le mégawattheure, soit près du double de son niveau avant le début du conflit.





