Les prix du pétrole s'envolent avec la reprise des frappes au Moyen Orient
Cours de clôture: Les prix du pétrole ont bondi mercredi, la reprise des hostilités au Moyen-Orient - après quelques jours d'accalmie - ayant ravivé les craintes de perturbation de l'approvisionnement mondial en or noir.Le prix du baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'est envolé de 7,91% à 90,74 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, a grimpé de 6,56% à 84,46 dollars.
L'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles visant, en provenance de l'Iran, ses forces "basées au Moyen-Orient". La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays.
Washington a aussi mentionné des frappes en Irak contre des groupes armés pro-iraniens, menées conjointement avec l'Arabie saoudite, visée plus tôt par des missiles en provenance du territoire irakien.
"Sur le marché pétrolier, on craint que la guerre soit en train de s'étendre", commente auprès de l'AFP Andy Lipow, analyste chez Lipow Oil Associates. "Ce qui n'aiderait en rien à rétablir les flux pétroliers" dans la région.
La navigation par le détroit d'Ormuz - passage essentiel pour le commerce mondial d'hydrocarbures - reste verrouillée par l'Iran, qui cherche à en conserver le contrôle et faire payer un droit de passage aux navires.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit, selon l'agence de presse iranienne Tasnim.
Les récentes attaques des rebelles houthis du Yémen contre l'Arabie saoudite, pro-iraniens, auraient par ailleurs contraint Saudi Aramco, la compagnie pétrolière nationale du royaume, "à fermer sa raffinerie de Jizan d'une capacité de 400.000 barils par jour", rapporte Tamas Varga, analyste chez PVM.
"Si cela est confirmé, cela ne fera qu'accentuer les inquiétudes liées aux tensions sur le marché des produits raffinés", qui connaît aussi des perturbations en Russie en raison des attaques ukrainiennes, ajoutent les analystes d'ING.
En parallèle, les réserves stratégiques de pétrole brut ont encore connu un repli la semaine dernière aux Etats-Unis (-3,8 millions de barils) pour compenser les perturbations d'approvisionnement liées à la guerre, selon le rapport hebdomadaire de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) publié mercredi.
Les réserves américaines comptaient 415 millions de barils fin février. Elles s'établissent désormais à environ 307,7 millions.
"Nous ne pourrons pas continuer à puiser dans nos stocks éternellement", prévient Andy Lipow.








