Les cours du pétrole s'envolent de plus de 9%, bond inédit pour le Brent
Cours de clôture: Les cours du pétrole se sont envolés lundi, propulsés par le retour du blocus naval des Etats-Unis sur les ports iraniens et la volonté de Washington d'instaurer un droit de péage pour les navires souhaitant traverser le détroit d'Ormuz.Le prix du baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord pour livraison en septembre, référence internationale, a bondi de 9,59%, clôturant à 83,30 dollars.
Même au début du conflit, une telle progression sur une seule séance n'avait pas été observée.
Celui de son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTIWTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie.) pour livraison en août, a grimpé de 9,42% à 78,14 dollars.
"Si les marchés ont largement fait abstraction des récentes attaques contre le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, l'effondrement de cette paix fragile" entre Washington et Téhéran change la donne, remarquent les analystes d'Eurasia Group.
L'armée américaine a dit que le rétablissement du blocus des ports iraniens, annoncé plus tôt dans la journée par Donald Trump, entrerait en vigueur à 20H00 GMT.
"Cela signifie que l'offre arrivant sur le marché va diminuer", résume auprès de l'AFP Andy Lipow, analyste pétrolier pour Lipow Oil Associates.
Les puissants Gardiens de la Révolution iraniens accusent d'ailleurs les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.
Donald Trump a aussi indiqué lundi que Washington allait "prendre le contrôle" du détroit d'Ormuz, artère cruciale pour les exportations d'hydrocarbures du Golfe.
Tout comme Téhéran souhaite instaurer des frais de service, lui veut percevoir "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons" transitant par la voie maritime, pourtant soumise au droit international censé garantir la liberté de navigation.
"Le marché s'interroge: devons-nous payer l'Iran pour sa protection, ou allons-nous payer les États-Unis pour la leur? Et à combien cela va-t-il s'élever?", souligne Andy Lipow.
Les pétroliers transportant généralement plusieurs millions de barils à chaque trajet, la taxe américaine s'élèverait à plusieurs dizaines de millions de dollars par traversée.
"L'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours", a affirmé le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi.
Malgré le bond observé lundi, les cours restent bien en deçà des pics observés au début de la guerre.
"L'activité maritime restera faible, mais ne tombera pas à zéro", autour d'Ormuz, prédisent les experts d'Eurasia Group.
En dépit d'attaques de navires dans la zone ces derniers jours - attribuées à Téhéran - et de frappes américaines sur l'Iran, un petit nombre de navires a franchi dimanche le détroit, selon les données de la société de suivi maritime Kpler.
"La plupart des navires qui y circulent désactivent désormais leurs transpondeurs satellites, ce qui rend leur détection par l'Iran plus difficile mais augmente le risque d'accidents", notent les spécialistes d'Eurasia Group.








