Le pétrole monte dans un marché hésitant, les Bourses d'Asie maussades
Singapour: Les prix du pétrole montent vendredi, digérant les incertitudes sur l'accord Iran/Etats-Unis et la réouverture du détroit d'Ormuz, tandis que les Bourses d'Asie reculent de concert, en particulier Bombay où le secteur des logiciels décroche.Vers 06H30 GMT, le cours du baril de WTIWTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie. nord-américain progressait de 1,71% à 77,91 dollars, et celui du baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, référence du marché mondial, gagnait 0,84% à 80,52 dollars.
Après avoir plongé sur les dernières séances, le marché reprend son souffle depuis jeudi, les investisseurs tentant de mesurer l'impact du protocole d'accord signé par Washington et Téhéran sur les flux pétroliers dans le Golfe.
Les Etats-Unis ont annoncé jeudi la levée des blocus des ports iraniens, et des navires ont pu franchir le détroit d'Ormuz, passage maritime essentiel par où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial.
Selon l'accord, le trafic des navires commerciaux sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit déminé. Mais des incertitudes persistent sur le retour à la normale de cette circulation ainsi que de la production d'hydrocarbures dans la région.
"Les cours du pétrole ont chuté de près de 25% en un peu plus d'une semaine suite à la percée dans les négociations États-Unis/Iran" mais "la normalisation n'est pas complètement effective", pointent les analystes de Capital.com.
"Le protocole d'accord ne génère pas instantanément de nouveaux barils: la normalisation des flux physiques, de la disponibilité des pétroliers, des assurances, des contrats de raffinage et de la logistique d'exportation prend du temps, ce qui pourrait maintenir les prix à un niveau élevé tout au long de l'été", préviennent-ils.
Après avoir fortement grimpé depuis le début de la semaine, dopées par la vigueur continue des valeurs tech et le reflux des prix du pétrole, les places asiatiques ont repris leur souffle vendredi.
A la Bourse de Tokyo, l'indice star Nikkei termine en petite hausse de 0,27% à 71.250,06 points, mais l'indice élargi Topix a lui perdu 0,57% à 4.044,96 points.
A Séoul, l'indice Kospi a clôturé en repli de 0,13% à 9.052,42 points, inversant la tendance après avoir volé de record en record depuis le début de semaine.
La Bourse de Sydney a cédé 0,92%. Les marchés de Chine continentale, de Hong Kong et de Taipei étaient fermés en raison d'un jour férié.
De son côté à la Bourse de Bombay, l'indice Nifty cédait 0,87% vers 06H30 GMT, plombé par un plongeon des sociétés indiennes de logiciels --poids-lourds de la cote-- dans la foulée de l'effondrement de 18% du cabinet de conseil Accenture à Wall Street.
Accenture a abaissé ses prévisions, et annoncé une série d'acquisitions dans la cybersécurité, suscitant des interrogations dans le secteur confronté au développement rapide de l'IA.
Le titre Tata Consultancy Services a perdu jusqu'à 6,5% vendredi en début d'échanges tandis qu'Infosys lâchait 8,7%. Signe d'un environnement difficile face à l'essor de l'IA, l'indice réunissant les valeurs des logiciels, Nifty IT, a chuté de plus de 32% depuis décembre, effaçant plus de 100 milliards de dollars de capitalisation selon Bloomberg.
La monnaie japonaise se stabilisait à 161,38 yens pour un dollar vers 06H30 GMT, mais reste proche de ses plus bas niveaux depuis l'été 2024.
Si le yen tombe au-deçà de 161,95 yens pour un dollar, il descendra à des niveaux plus vus depuis quarante ans.
Sa récente glissade est nourrie par la flambée des prix énergétiques et surtout par le renforcement du dollar, à mesure que se précisent les perspectives de possibles hausses de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) cette année, à la suite de sa réunion de politique monétaire cette semaine.
L'écart entre les taux d'intérêt des banques centrales japonaise et américaine tend à doper le dollar et à renforcer la pression sur le yen.
"Nous pouvons prendre des mesures énergiques contre les mouvements spéculatifs excessifs sur le marché des changes", a réagi vendredi la ministre japonaise des Finances, Satsuki Katayama, citée par Bloomberg, alimentant la possibilité d'une nouvelle intervention des autorités.
Le mois dernier, le gouvernement japonais a dépensé environ 11'700 milliards de yens (63 milliards d'euros) pour soutenir sa monnaie, mais avec un impact très éphémère.
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