Le pétrole remonte face à la peur de pénurie
Londres: Les cours du pétrole grimpent vendredi, le marché craignant une pénurie d'offre alors que les négociations sur la guerre au Moyen-Orient butent encore, notamment sur la question de l'uranium enrichi détenu par Téhéran.Vers 10H00 GMT (12H00 HEC), le prix du baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, pour livraison en juillet, prenait 2,61% à 105,26 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, gagnait 2,11% à 98,38 dollars.
"Cette hausse est liée à une peur panique de la pénurie", affirme auprès de l'AFP John Plassard, analyste chez Cité Gestion Private Bank.
Le marché pétrolier pourrait entrer dans une "zone rouge", avec une pénurie d'offre en "juillet ou en août", en l'absence d'issue durable au conflit au Moyen-Orient, a alerté jeudi le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) Fatih Birol.
Plus la paralysie du détroit d'Ormuz perdure et "plus nous devrons nous appuyer sur les réserves", souligne Barbara Lambrecht, analyste chez Commerzbank.
Or, l'AIE avait déjà sonné l'alarme le 13 mai sur la fonte "record" des réserves pétrolières à mesure que la guerre au Moyen-Orient s'enlise.
La question est donc de savoir si Washington et Téhéran vont ou non trouver un accord pour mettre fin au conflit et permettre le retour à la normale des flux énergétiques via le détroit d'Ormuz.
Jeudi, un vent d'optimisme initié par des informations de presse et l'espoir de progresser vers un accord affiché par Washington a soufflé sur le marché, faisant chuter fortement les cours du baril.
La "pression est très forte sur les Etats-Unis pour trouver une solution à l'approche de la +driving season+", la saison des voyages estivaux, qui fait gonfler la demande de pétrole, ce qui peut expliquer pourquoi le marché croit à une solution rapide pour l'instant, explique M. Plassard.
Mais "l'Iran et les États-Unis restent très éloignés dans leurs positions", notamment sur "l'exigence des États-Unis que l'Iran abandonne complètement son programme nucléaire et remette aux États-Unis ses 400 kg d'uranium enrichi", estime Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management.
Dans ce contexte, ni un accord ni une reprise des hostilités ne peuvent être écartés, selon l'analyste, prédisant une nouvelle journée de "forte volatilité avant le week-end".







