Marchés: craintes sur l'IA à Wall Street, pétrole au plus haut depuis la trêve
Cours de clôture: Les marchés mondiaux sont restés crispés mardi, un regain d'inquiétudes sur l'intelligence artificielle (IA) lestant Wall Street tandis que les prix du pétrole ont grimpé à un plus haut depuis trois semaines en l'absence de déblocage du détroit d'Ormuz.A New York, le Dow Jones a cédé 0,06%, le Nasdaq - à forte coloration technologique - a reculé de 0,90% et l'indice élargi S&P 500 a perdu 0,49%.
Les places européennes sont restées plus prudentes. Paris a perdu 0,46%, Francfort 0,27% et Londres a grappillé 0,11%. A Zurich le SMI a cédé 0,13%.
Un article du Wall Street Journal est venu provoquer une vague de ventes de la tech.
Selon le quotidien économique, OpenAI, le créateur de ChatGPT, n'aurait pas atteint ses propres objectifs de croissance.
Cela a été suffisant pour relancer les questionnements sur la soutenabilité des dépenses massives de la Silicon Valley dans l'IA.
OpenAI fait vivre une partie de l'écosystème du "cloud" du fait de ses immenses besoin de stockage et de traitement de données.
Les fabricants de semi-conducteurs ont connu une mauvaise séance à cause de ces craintes.
A Wall Street, Nvidia, première capitalisation mondiale, a cédé 1,63%, AMD a reculé de 3,37% et Broadcom de 4,39%. En Europe, ASML qui produit et vend des machines de pointe pour la fabrication de puces, a perdu 3,36% à Amsterdam.
Pour Patrick O'Hare, de Briefing.com, il pourrait s'agir avant tout d'un "prétexte valable" pour vendre, après de fortes progressions de ces titres ces derniers jours.
Le contexte reste toutefois peu favorable pour la tech, à la veille de la publication des résultats de plusieurs géants du secteur (Alphabet, Amazon, Meta, Microsoft).
Les marchés continuent de surveiller la situation au Moyen-Orient. Une nouvelle hausse des prix du pétrole plombe l'humeur, sur fond de blocage persistant du stratégique détroit d'Ormuz en raison du conflit.
Le BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole., référence en Europe, est repassé au-dessus 110 dollars le baril, à 111,26 dollars (+2,80%). Le WTIWTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie., référence américaine, a atteint pour sa part 99,93 dollars, en hausse de 3,69%.
Ces prix n'avaient plus été observés depuis l'annonce d'une trêve entre Washington et Téhéran début avril.
En l'espace de trois semaines, et malgré la fin des hostilités militaires, "la situation s'est aggravée" pour le marché pétrolier avec désormais un double blocage sur le détroit d'Ormuz, relève Carsten Fritsch, de Commerzbank.
En parallèle, les Emirats arabes unis ont annoncé leur retrait surprise de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance élargie Opep+.
Leur départ suggère qu'ils ne seront plus contraints aux quotas du cartel.
Cette décision "pourrait marquer un tournant majeur dans le rôle et l'influence de cette organisation" et "elle constitue dans tous les cas une érosion du cartel pétrolier", commente Andreas Lipkow, chez CMC Markets.
Les taux d'intérêt des emprunts souverains restent hauts en raison des craintes d'inflation. Le rendement à échéance dix ans allemand, référence en Europe, s'établissait ainsi à 3,07% contre 3,03% la veille.
Celui de l'Etat américain évoluait à 4,34% contre 3,94% fin février.
Autre point d'attention majeur des marchés: les réunions de plusieurs banques centrales, dont la Réserve fédérale américaine (Fed) mardi et mercredi, avant la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d'Angleterre (BoE) jeudi.
La réunion de la Fed sera vraisemblablement la dernière présidée par Jerome Powell avant que Kevin Warsh, successeur désigné par le président américain Donald Trump, ne prenne les rênes de l'institution.
Les deux institutions se "réunissent dans un contexte compliqué, face au retour de l'inflation avec la hausse des prix du pétrole, et une croissance qui montre quelques signes de faiblesse, notamment en Europe", explique Benoit Vesco, président de Delubac AM.
Ni la Fed mercredi ni la BCE jeudi ne devraient annoncer le relèvement de leurs taux directeurs pour endiguer les risques d'inflation, "mais chaque mot sera scruté pour détecter un éventuel changement de ton", estime John Plassard de Cité Gestion.
Le géant suédois de la musique en ligne Spotify a partagé des prévisions décevantes pour le deuxième trimestre et été sévèrement sanctionné.
Son titre a chuté de 12,43% à 434,20 dollars à new York, malgré un début d'année supérieur aux attentes et notamment 10 millions d'utilisateurs actifs supplémentaires.







