Marché en Asie: le pétrole monte, les Bourses prudentes
Tokyo: Les prix du pétrole continuent de grimper mardi en Asie et la Bourse de Tokyo recule en l'absence d'issue au conflit entre les Etats-Unis et l'Iran et de craintes d'une paralysie prolongée du détroit d'Ormuz.Vers 01h00 GMT, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTIWTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie.) pour livraison en juin, référence du marché américain, grimpait de 0,76% à 97,10 dollars.
Le baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord pour livraison le même mois, référence du marché mondial, gonflait de 0,41% à 108,67 dollars.
"L'anticipation dominante sur les marchés reste que les flux (de pétrole) commenceront à se normaliser au cours des mois de mai et juin (...) Mais le temps presse. Chaque jour resserre l'équilibre physique, entame les marges de sécurité et accroît le risque d'embardées plus prononcées" des cours, avertit Rebecca Babin, de CIBC Private Wealth Group, citée par Bloomberg.
Donald Trump a annulé samedi un déplacement prévu de sa délégation au Pakistan pour négocier avec l'Iran. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a imputé lundi aux Etats-Unis l'échec des pourparlers.
D'après le média Axios, Téhéran a transmis aux Etats-Unis une nouvelle proposition visant à rouvrir le détroit d'Ormuz et mettre fin à la guerre, et de remettre à une date ultérieure des négociations sur le dossier nucléaire. Mais pour le secrétaire d'Etat Marco Rubio, ces propositions sur Ormuz ne répondent pas aux attentes américaines.
"Le marché est disposé à y voir un progrès, car il souhaite croire que le pire scénario peut être évité. Pourtant, la réalité physique demeure inchangée. Le trafic à travers le détroit reste, en pratique, au point mort, et les flux pétroliers demeurent entravés", constate Stephen Innes, de SPI Asset Management.
Le détroit d'Ormuz, par où transitent d'ordinaire 20% du brut mondial et du GNL, fait l'objet d'un double blocus iranien et américain.
"La perspective de fermetures de puits n'est plus purement théorique: elle est sur le point de devenir réalité. Une fois que les capacités de stockage de l'Iran seront saturées et les exportations bloquées, les producteurs seront contraints de fermer leurs puits", avertit M. Innes.
"Il ne s'agit pas là d'une simple mise en pause. Les gisements pétroliers fonctionnent grâce à la pression ; lorsque celle-ci se dissipe, les réservoirs se dégradent, les infiltrations d'eau augmentent, certaines parties du système ne retrouvent jamais pleinement leur état initial (...) Plus le système reste figé longtemps, plus la capacité perdue de manière permanente est importante".
Pourtant, "le marché intègre dans les prix une réouverture comme si l'offre allait rebondir instantanément et sans heurts. En réalité, même dans le meilleur des scénarios, le redémarrage s'avérera échelonné et incomplet", avec "un resserrement structurel de l'offre" qui pourrait continuer de doper les cours, estime-t-il.
A la Bourse de Tokyo vers 01h00 GMT, l'indice vedette Nikkei perdait 0,60% à 60'171 points. La Bourse de Sydney lâchait 0,65%.
A Séoul en revanche, l'indice Kospi gagnait 1,27%, dépassant les 6700 points pour la première fois, toujours dopé par les valeurs technologiques.
Rendue frileuse par les incertitudes au Moyen-Orient, la place tokyoïte guette aussi mardi une décision de politique monétaire de la Banque du Japon (BoJ), relèvent les experts de Monex Securities.
Le titre du constructeur automobile japonais Nissan s'est envolé de plus de 6% en début d'échanges à Tokyo, et gagnait encore d'environ 4% vers 01h00 GMT.
Le groupe a relevé lundi soir ses prévisions de résultats, prévoyant d'éviter ce qui aurait pu constituer sa première perte d'exploitation annuelle en cinq ans.
Nissan estime désormais avoir dégagé un bénéfice d'exploitation annuel de 50 milliards de yens (314 millions de dollars), alors que ses prévisions précédentes tablaient sur une perte de 60 milliards de yens, pour l'exercice 2025-2026. Ses résultats seront publiés le 13 mai.
Il s'agit d'une rare éclaircie pour un constructeur en pleine restructuration et qui peine à se réinventer après avoir manqué le virage vers les électriques et hybrides.
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