A+ A A-

Les "non-belligérants" en sommet pour la sécurisation du détroit d'Ormuz

ParisParis: Emmanuel Macron et Keir Starmer ont tenu vendredi depuis Paris un sommet en visioconférence avec une "cinquantaine de participants", "non belligérants", volontaires pour une mission de sécurisation du détroit d'Ormuz, une réunion percutée par l'annonce iranienne de son déblocage total pendant le reste du cessez-le-feu avec les Etats-Unis.

Après un déjeuner en tête-à-tête, le président français et le Premier ministre britannique ont été rejoints à l'Elysée par le chancelier allemand Friedrich Merz et la Première ministre italienne Giorgia Meloni.

Le reste des participants étaient en visioconférence durant cette réunion d'une heure 45. Il s'agit en tout d'"une cinquantaine de pays et organisations internationales, dont plus d'une trentaine au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement", a précisé la présidence française. Outre les Européens, le président sud-coréen Lee Jae Myung y participe, ainsi que d'autres Etats asiatiques, comme la Chine et le Japon, ou du Moyen-Orient, dont l'Arabie saoudite et le Qatar, mais à un niveau ministériel ou inférieur.

La réunion sera suivie d'une déclaration conjointe des quatre dirigeants présents dans la capitale française.

Les Américains n'ont pas été conviés, car Emmanuel Macron insiste pour que toute future mission se tienne à l'écart des "belligérants" de la guerre lancée fin février par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, qui a riposté en bloquant de facto le détroit d'Ormuz, dans le Golfe.

"Nous le ferons certainement en bonne intelligence avec les Américains mais nous n'entrerons pas dans une coalition avec les Américains tout simplement parce que nous ne sommes pas parties au conflit", a relevé l'Elysée.

Le chancelier Merz a pourtant dit vouloir discuter à Paris "de la participation des forces armées des Etats-Unis", estimant qu'il "existe de bons arguments en ce sens".

Conséquences économiques

Donald Trump a multiplié les critiques à l'égard de ses alliés, européens et asiatiques, qui refusent de participer aux efforts militaires américains et à contribuer à une éventuelle réouverture du détroit par la force.

L'Otan, l'alliance militaire dont font partie Américains et Européens, ne participe pas non plus.

Pendant la visioconférence, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a déclaré "entièrement ouvert pour la période restante du cessez-le-feu" avec les Etats-Unis "le passage de tous les navires commerciaux" par le détroit. Une annonce aussitôt saluée par le président américain, qui a lui toutefois maintenu son blocus des ports iraniens jusqu'à un accord plus large avec Téhéran.

Dans ce contexte d'accalmie, la perspective d'une mission multinationale pourrait servir comme garantie pour les assurances nécessaires aux bateaux commerciaux, qui risquent d'être réticentes dans un premier temps.

Emmanuel Macron avait lancé début mars l'idée d'une mission pour accompagner la réouverture du détroit, une fois que les armes se seraient tues. La France et le Royaume-Uni assurent avoir entamé les travaux de planification militaire avec les pays volontaires.

"La liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz constitue une priorité immédiate, notamment au regard des conséquences économiques mondiales suscitées par ce conflit", souligne l'Elysée.

Keir Starmer a aussi estimé, à son arrivée à Paris, qu'il fallait "bâtir une coalition de pays autour du principe de la nécessité d'un cessez-le-feu permanent, d'un accord, et de la réouverture du détroit d'Ormuz", "car ce qui se passe avec la guerre en Iran affecte toutes nos économies".

Depuis l'embrasement du Moyen-Orient, le blocage de cet étroit passage maritime, par lequel transite 20% du pétrole et du gaz consommés dans le monde, a conduit à une envolée des prix de l'énergie qui pèse lourdement sur l'économie mondiale.

Si un cessez-le-feu de deux semaines est entré en vigueur le 8 avril, la situation reste fragile après l'échec dimanche de premières négociations irano-américaines pour le consolider. Des discussions sont en cours pour leur possible reprise.

Pas de mines, pas de péage

Cette future mission, "strictement défensive", suppose en tous cas un arrêt effectif des hostilités, martèle Paris.

"Nous avons besoin d'être sûrs que nous avons un engagement iranien de ne pas tirer sur les bateaux qui passent et des Etats-Unis de ne bloquer aucun bateau qui sorte ou qui entre dans le détroit d'Ormuz", a insisté le conseiller élyséen. Le passage ne devra pas être miné, "aucun péage ne sera accepté" - cette possibilité a été évoquée par les Iraniens - et le statu quo antérieur à la guerre doit y être rétabli.

Chaque pays candidat à la mission s'engagera "selon ses moyens". La France dispose d'un porte-avions, d'une dizaine de bateaux et d'une cinquantaine d'avions dans la région, a rappelé l'Elysée.

Berlin pourrait de son côté contribuer au "déminage ou la reconnaissance maritime à longue distance", selon une source gouvernementale allemande.



Commenter Les "non-belligérants" en sommet pour la sécurisation du détroit d'Ormuz



    Communauté prix du baril


    Le pétrole en France

    jeudi 23 juillet 2026

    TotalEnergies double son bénéfice net au 2e trimestre

    Paris: Le géant français pétrogazier TotalEnergies a annoncé jeudi un doublement de son bénéfice net au 2e trimestre, à 5,4 milliards de...

    mercredi 22 juillet 2026

    TotalEnergies rétablit ce mercredi son plafonnement des carb…

    Carburants: Le groupe pétrolier applique de nouveau, dans toutes ses stations-service en France hexagonale, un plafond de 1,99 €/L pour l’essence et...

    mercredi 15 juillet 2026

    Le gazole repasse au-dessus de 2 euros et relance le débat f…

    Carburants: Le député socialiste Philippe Brun a qualifié mercredi d’« échec total » le dispositif public mis en place après la flambée...

      Toutes les nouvelles du pétrole en France

    Les dernières actualités des prix du pétrole

    samedi 22 août 2026 à 21:37

    Six pays de l'UE pour une taxe sur les compagnies pétrolière…

    Francfort: Six pays de l'Union européenne réclament une taxe exceptionnelle communautaire sur les compagnies pétrolières, selon une lettre consultée samedi par l'AFP.

    vendredi 21 août 2026 à 21:08

    Le pétrole avance, la situation géopolitique stagne

    Cours de clôture: Les cours du pétrole ont terminé en hausse vendredi, toujours poussés par le blocage du détroit d'Ormuz et par...

    vendredi 21 août 2026 à 12:13

    Le pétrole hésite, jaugeant le rapport de force entre Washin…

    Londres: Les cours du pétrole temporisent vendredi, après plusieurs séances de hausse, le marché cherchant l'équilibre entre l'affirmation par les Etats-Unis que...

    jeudi 20 août 2026 à 21:17

    Pétrole et gaz dopés par la promesse de "guerre économi…

    Cours de clôture: Les cours du pétrole et du gaz européen ont grimpé jeudi face à l'intensification de la pression américaine sur...

    jeudi 20 août 2026 à 14:40

    Le pétrole et le gaz grimpent en réaction à la "guerre …

    Londres: Les cours du pétrole et du gaz montent jeudi, le marché jugeant que les nouvelles menaces du président américain contre l'économie...

    jeudi 20 août 2026 à 11:30

    Le pétrole grimpe en réaction à la "guerre économique…

    Londres: Les cours du pétrole montent jeudi, le marché jugeant que les nouvelles menaces du président américain, qui promet à l'Iran une...

    mercredi 19 août 2026 à 21:13

    L'impasse au Moyen-Orient continue de faire monter les prix …

    Cours de clôture: Les cours du pétrole ont encore grimpé mercredi, la rupture des discussions entre les Etats-Unis et l'Iran faisant craindre...

    mercredi 19 août 2026 à 17:45

    USA: les stocks commerciaux de pétrole en hausse, la consomm…

    NYC / Stocks aux USA: Les réserves commerciales de pétrole brut ont connu une hausse plus marquée qu'attendu la semaine dernière aux...

    mercredi 19 août 2026 à 12:27

    Le pétrole monte, le dialogue rompu entre Washington et Téhé…

    Londres: Les cours du pétrole montent mercredi, le marché s'inquiétant de la rupture des discussions entre l'Iran et les Etats-Unis, qui réduit...

    Toute l'actualité du baril et des cours du pétrole

    Les analyses des Prix du pétrole les plus récentes

    Vendredi 21 août 2026

    A la mi-journée, le prix du baril de Brent temporisait à 93,42 $/baril (-0,38 %), soit 79,83 €/baril.
    Le cours du pétrole Brent conservait ainsi une hausse d'environ 5,5 % par rapport aux 88,52 dollars de vendredi dernier et a gagné près de 10 dollars en deux semaines.
    Le marché restait focalisé sur le détroit d'Ormuz: Washington estime qu'environ 10 millions de barils de pétrole par jour rejoignent désormais le marché via Ormuz, un chiffre toutefois contesté par certains analystes, tandis que l'Iran affirme maintenir le passage bloqué. Aux Etats-Unis, les stocks commerciaux ont augmenté de 4,4 millions de barils, contre seulement 200.000 attendus, alors que les exportations ont bondi d'environ 32 % et que la réserve stratégique américaine est tombée à 293,4 millions de barils, son plus bas niveau depuis 1982.

    ⛽️ France: les prix des carburants, sujet politiquement inflammable

    Le lundi 09 mars 2026

    Paris: Entre matière première, taxes et coût de distribution, les prix des carburants en France dépendent de plusieurs variables. Le gouvernement tente de juguler leur flambée depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, mais il dispose de peu de leviers pour agir dans un contexte budgétaire contraint.

    Lire la suite

    🔴 Le marché pétrolier basculera en "zone rouge" cet été

    Le jeudi 21 mai 2026

    Paris: Le marché pétrolier pourrait entrer dans une "zone rouge", avec une pénurie d'offre en "juillet ou en août", en l'absence d'issue durable au conflit au Moyen-Orient, a alerté jeudi le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) Fatih Birol.

    Lire la suite

    🌍 Consommation de pétrole bridée par le Moyen-Orient en 2026

    Le mardi 14 avril 2026

    Paris: Pour la première fois depuis 2020, année de la pandémie de Covid, la consommation de pétrole devrait reculer en 2026 sous l'effet des pénuries et des hausses de prix liées à la guerre au Moyen-Orient à l'origine du "choc d'offre pétrolière le plus grave de l'histoire", estime mardi l'Agence internationale de l'énergie.

    Lire la suite