Le pétrole hésite en Asie, entre espoirs d'apaisement et blocage d'Ormuz
Tokyo: Les prix du pétrole hésitent jeudi en Asie, suspendus aux espoirs de désescalade entre Washington et Téhéran et d'un prolongement de leur trêve, une perspective qui faisait bondir la Bourse de Tokyo à des niveaux record.Vers 04h25 (heure suisse), le cours du baril de West Texas Intermediate, pour livraison en mai, référence du marché américain, gagnait 0,32% à 91,58 dollars.
Le baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord pour livraison en juin, référence mondiale, progressait de 0,23% à 95,15 dollars.
Les cours repartent en légère hausse après après avoir reculé en début d'échanges asiatiques: ils continuent d'être tiraillés entre espoirs d'apaisement au Moyen-Orient et blocage persistant du détroit d'Ormuz.
Dans l'ensemble, les opérateurs misent sur une poursuite des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis, après l'échec d'un premier round le week-end passé à Islamabad.
Washington a confirmé discuter d'une possible deuxième session de négociations avec l'Iran, de nouveau au Pakistan.
"Plus précisément, les États-Unis et l'Iran envisagent une prolongation de deux semaines du cessez-le-feu afin de disposer de davantage de temps pour négocier un accord de paix" selon les informations de presse, note Michael Wan, de la banque MUFG.
La trêve actuelle est censée expirer la semaine prochaine.
"Nous considérons ces évolutions comme des signaux positifs quant à la progression vers une résolution pacifique, même si des risques significatifs subsistent - notamment en ce qui concerne la réaction future d'Israël et les processus décisionnels politiques internes de l'Iran", souligne M. Wan.
Dans l'immédiat, les marchés scrutent toujours le blocage du détroit d'Ormuz, par lequel transite d'ordinaire un cinquième du brut mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis le début du conflit.
L'armée américaine a annoncé avoir empêché dix navires de quitter les ports iraniens au cours des premières 48 heures du blocus imposé depuis lundi par les Etats-Unis à la République islamique.
A la Bourse de Tokyo vers 04h25, l'indice vedette Nikkei grimpait de 2,39% à 59'526 points, après s'être élevé jusqu'à 59'513 points, un niveau inédit en séance, battant le précédent record enregistré fin février.
A Séoul, l'indice Kospi bondissait de 2,08%. La Bourse de Taipei gagnait 0,58%, l'indice hongkongais Hang Seng 0,77%.
Les places asiatiques emboîtent le pas à une session vigoureuse de la Bourse de New York, où le S&P 500 et le Nasdaq ont touché de nouveaux records, misant sur l'apaisement au Moyen-Orient.
Le marché "anticipe le dénouement (...) il ne se demande plus si un accord sera conclu ; il évolue comme si cet accord était déjà signé, scellé et discrètement archivé", constate Stephen Innes, de SPI Asset Management.
"Nous sommes face à un marché qui s'engage pleinement, sans tâter le terrain pour en vérifier la température (...) Et pourtant, les contradictions sont partout: les cours du pétrole restent hauts, les rendements obligataires aussi, les déficits se creusent", prévient-il.
Les investisseurs en Asie saluent par ailleurs l'annonce d'une accélération de la croissance économique en Chine: le PIB de la deuxième économie mondiale a gonflé de 5% au premier trimestre, surpassant les attentes des analystes.
La monnaie américaine cédait 0,13% face à la devise japonaise, à 158,79 yens pour un dollar, vers 04h25.
Le billet vert perd de son attrait avec les espoirs de désescalade des tensions entre Washington et Téhéran.
A l'inverse, l'or retrouvait un peu de son éclat, grimpant de 0,62% à 4.821 dollars l'once, profitant de la baisse du dollar et de l'optimisme sur les développements en Iran.
Les espoirs d'accalmie au Moyen-Orient rassurent le marché sur l'ampleur de l'inflation à venir et réduit la probabilité d'une hausse de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed).
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