Le pétrole plonge après la trêve entre l'Iran et les Etats-Unis
New York: Les cours du pétrole chutent fortement mercredi, après l'annonce d'un cessez-le-feu de deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, juste avant l'expiration de l'ultimatum de Donald Trump qui menaçait de détruire la République islamique.Les Etats-Unis vont interrompre les attaques sur l'Iran durant deux semaines, et Téhéran va en retour rouvrir temporairement le détroit d'Ormuz.
Pour faire pression sur Washington, l'Iran orchestrait la quasi-paralysie de ce passage stratégique, par où transitent habituellement environ 20% de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).
L'espoir d'une reprise progressive de la navigation par le détroit d'Ormuz, qui relie le Golfe au golfe d'Oman, est le principal facteur de baisse des cours du pétrole mercredi.
Vers 10H30 GMT (12H30 HEC), le prix du baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, pour livraison en juin, perdait 13,93% à 94,05 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTIWTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie.), pour livraison en mai, chutait de 16,27% à 94,57 dollars.
"En théorie, les 10 à 13 millions de barils par jour de brut et de produits (pétroliers) qui étaient bloqués (...) devraient désormais être progressivement libérés", a expliqué Tamas Varga, analyste chez PVM.
Mais avec un baril à environ 95 dollars, les cours restent nettement plus élevés qu'avant la guerre au Moyen-Orient, débutée le 28 février, car le marché reste prudent.
"Nous pensons qu'il y a plusieurs points de friction sur lesquels il sera difficile de trouver un terrain d'entente lorsque les parties commenceront à négocier un accord de paix permanent", estiment les analystes de DNB Carnegie.
"Nous soulignons que certaines déclarations laissent entendre que seuls 10 à 15 navires par jour pourront traverser le détroit d'Ormuz pendant les négociations au cours des deux prochaines semaines, soit environ 10% des flux habituels", ajoutent-ils.
Et le vice-président américain JD Vance a qualifié mercredi le cessez-le-feu en Iran de "fragile", ajoutant que si les Iraniens ne négociaient pas de bonne foi, ils allaient découvrir que le président américain "n'est pas quelqu'un avec qui l'on plaisante".
Les Emirats arabes unis et le Koweït ont signalé de nouvelles attaques iraniennes mercredi. Cela n'est pas forcément interprété par le marché comme une rupture du cessez-le-feu, mais "peut toutefois refléter un manque de coordination au sein de l'armée iranienne", a précisé Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
Par ailleurs, le prix du gaz baisse fortement, réagissant également à l'annonce du cessez-le-feu. Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, plongeait de 14,55% à 45,50 euros.







