A+ A A-

Taxes sur les carburants: le gouvernement donne des chiffres, pour démonter l'idée d'une "cagnotte"

Prix des carburants en FranceCarburants: Le gouvernement a dévoilé vendredi ce qu'a rapporté en mars la hausse des prix du carburant liée à la guerre au Moyen-Orient, mais aussi le coût financier de la situation, combattant l'existence d'une "cagnotte" soutenue par plusieurs partis d'opposition.

Ce ne sont que de "premières estimations", mais le ministre de l'Action et des Comptes publics David Amiel a tenu à marteler le message sans attendre, sur Franceinfo: avec 270 millions d'euros, "le surplus de recettes" engrangé par l'Etat en mars sur les carburants "est très inférieur au coût de la crise pour les finances publiques".

Côté TVA, "le supplément de recettes (...) s'élèverait à 120 millions d'euros" par rapport à mars 2025, a précisé M. Amiel.

Quant aux accises sur les carburants, basées sur les volumes vendus et non sur les montants, "on aura un surcroît très temporaire (...), très concentré sur le début du mois de mars", où les automobilistes se sont précipités à la pompe. Ce surcroît s'élève à 150 millions d'euros, selon lui.

Mais ces surplus sont "très temporaires, très fragiles", car les automobilistes, échaudés par les prix élevés, devraient réduire leur consommation de carburant dans les prochaines semaines.

Et surtout, ces recettes supplémentaires sont "très inférieures au coût de la crise pour les finances publiques", a assuré le ministre, l'évaluant "d'ores et déjà à 430 millions d'euros".

"Fausses rumeurs"

D'une part, "130 millions de dépenses de soutien" aux Français - 70 millions pour aider transporteurs, pêcheurs et agriculteurs, et 60 millions pour renforcer le chèque énergie - "et 300 millions pour payer la hausse des intérêts de la dette" liée à l'augmentation des taux d'intérêt depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, sur la base d'un surcoût annuel de cette charge de 3,6 milliards d'euros.

"Voilà la raison pour laquelle le gouvernement ne cesse de dire que cette crise est coûteuse pour les finances publiques", a ajouté le ministre, soulignant "qu'évidemment", il n'y avait pas de cagnotte, et que "beaucoup de fausses rumeurs circulent".

Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait pourtant suggéré mercredi d'utiliser "les surplus" de recettes fiscales liées à l'envolée du prix du carburant pour contribuer à l'électrification de l'économie.

Aussitôt, la cheffe des députés du Rassemblement national Marine Le Pen avait demandé qu'un tel surplus soit affecté plutôt à baisser les taxes sur le carburant.

Son homologue pour LR, Laurent Wauquiez, évaluant ce surplus "entre deux et trois milliards d'euros" depuis le déclenchement de la guerre, avait demandé lui aussi qu'il soit "redonné aux automobilistes sous forme de baisse de taxes".

Vendredi, le gazole, carburant routier le plus utilisé en France, se vendait à 2,282 euros le litre en moyenne en France, d'après un calcul AFP réalisé sur les prix rapportés par quelque 8.500 stations à un site gouvernemental, contre 1,72 euro avant le déclenchement du conflit.

Face à cette situation, Sébastien Lecornu a affirmé jeudi envisager de nouvelles aides "ciblées", attendant des propositions de ses ministres "en début de semaine prochaine".

"Malsain"

"Il faut avoir un dialogue continu avec les filières pour répondre au plus juste", a commenté vendredi M. Amiel.

Mais il a insisté sur la notion "d'aides ciblées" et non de mesures générales.

"2026 ne sera pas 2022, on ne peut pas annoncer des milliards d'euros dont, en réalité, on n'a pas le début d'un centime", a-t-il conclu.

La référence à 2022 vise les mesures massives prises pour contrer la hausse de l'inflation liée au conflit en Ukraine, qui ont contribué à alourdir massivement le déficit public, jusqu'à 5,8% du produit intérieur brut en 2024.

Selon un document publié fin 2024 par la Direction générale du Trésor, ces aides, portant essentiellement sur l'énergie, ont coûté 60 milliards d'euros de 2022 à 2024 (29,8 milliards en 2022, 24,3 en 2023 et 5,4 en 2024).

Anthony Morlet-Lavadalie, de l'institut économique Rexecode, a jugé auprès de l'AFP "malsain" de faire circuler l'idée "d'un trésor caché" du gouvernement.

D'autant que les chiffres de conjoncture du début d'année, avant même le déclenchement de la guerre, ont été décevants, avec un impact prévisible sur les finances publiques. Ce n'est donc "surtout pas" pas le moment, selon lui, "de retomber dans les travers de 2022".



Commenter Taxes sur les carburants: le gouvernement donne des chiffres, pour démonter l'idée d'une "cagnotte"



    Communauté prix du baril


    Les prix des carburants

    Carburants: le G7 convient de libérer à nouveau des stocks de gazole

    vendredi 02 octobre 2026

    Paris: Les dirigeants du G7 ont convenu vendredi de libérer jusqu'à 100 millions de barils de gazole et pétrole brut dans les quatre mois.

    Macron appelle à agir de manière concertée sur le gazole

    vendredi 02 octobre 2026

    Carburants: Emmanuel Macron a appelé vendredi les pays du G7 à "agir de manière concertée" pour faire baisser les prix des carburants et "sans restriction aux exportations", en réponse à la pression mise par Washington pour que l'Europe puise dans ses réserves stratégiques de gazole.

      Toute l'actualité des prix du carburant dans le monde

    Les dernières actualités des prix du pétrole

    vendredi 02 octobre 2026 à 23:04

    Gazole: Trump juge que l'Europe a "très bien fait"

    Washington: Donald Trump a jugé vendredi que l'Europe avait "très bien fait" de puiser dans ses réserves de gazole afin de tenter...

    vendredi 02 octobre 2026 à 21:38

    Le pétrole baisse après l'annonce d'un nouveau recours aux s…

    Cours de clôture: Les cours du pétrole ont terminé en baisse modérée vendredi, l'effet d'apaisement provoqué par l'annonce d'un nouveau prélèvement des...

    vendredi 02 octobre 2026 à 20:33

    Les stocks stratégiques de pétrole, levier majeur pour amort…

    Paris: Les pays du G7 vont prélever sur leurs stocks stratégiques "jusqu'à 100 millions de barils" de gazole et pétrole brut "dans...

    vendredi 02 octobre 2026 à 17:40

    Carburants: le G7 convient de libérer à nouveau des stocks d…

    Paris: Les dirigeants du G7 ont convenu vendredi de libérer jusqu'à 100 millions de barils de gazole et pétrole brut dans les...

    vendredi 02 octobre 2026 à 16:08

    Le pétrole baisse avec la mise sous pression de l'Europe pou…

    Londres: Les cours du pétrole reculent vendredi, le marché anticipant un déblocage des réserves européennes de gazole sous la pression des Etats-Unis...

    vendredi 02 octobre 2026 à 12:40

    Macron appelle à agir de manière concertée sur le gazole

    Carburants: Emmanuel Macron a appelé vendredi les pays du G7 à "agir de manière concertée" pour faire baisser les prix des carburants...

    jeudi 01 octobre 2026 à 21:28

    Le pétrole clôture en hausse, le diesel en ligne de mire

    Cours de clôture: Les prix du pétrole ont progressé jeudi malgré une hausse des volumes exportés en provenance du Moyen-Orient, les opérateurs...

    jeudi 01 octobre 2026 à 20:21

    Canada: Carney veut accélérer la construction du futur oléod…

    Montréal: Le Premier ministre canadien Mark Carney a indiqué jeudi que la construction du futur oléoduc devant relier la riche région pétrolière...

    jeudi 01 octobre 2026 à 20:17

    Gazole: les États-Unis mettent les Européens sous pression

    Washington: Washington a averti jeudi l'Europe qu'il était "dans son intérêt" d'agir de concert avec les États-Unis sur la question de la...

    Toute l'actualité du baril et des cours du pétrole

    Les analyses des Prix du pétrole les plus récentes

    ★ Vendredi 2 octobre 2026

    Dans la matinée, le prix du baril de Brent chutait sous le seuil symbolique des 100 dollars, à 99,41 $/baril (-2,83 %), soit 88,38 €/baril, après avoir clôturé jeudi à 102,31 dollars. Le cours du pétrole Brent reculait désormais de 4,81 % sur une semaine, mais conservait une hausse de 3,84 % sur un mois et surtout de 38,30 % sur trois mois.
    Cette baisse des prix du pétrole intervenait alors que les exportations de brut du Moyen-Orient continuaient de se redresser: les flux de pétrole non iranien via le détroit d’Ormuz ont atteint environ 13,5 millions de barils par jour entre le 22 et le 28 septembre, soit un retour aux niveaux d’avant-guerre. La situation restait néanmoins fragile: l’Iran revendique toujours le contrôle du passage, le trafic maritime global demeure très inférieur à son niveau d’avant le conflit et trois navires ont encore été attaqués mardi dans le détroit d’Ormuz.

    📅 Les dates qui ont vu le pétrole flamber à plus de 100 dollars

    Le jeudi 23 juillet 2026

    Analyse des prix du pétrole: Le baril de pétrole a de nouveau dépassé les 100 dollars jeudi, propulsé par la reprise des hostilités entre les États-Unis et l'Iran depuis le 7 juillet et les craintes d'une extension du conflit, ce qui ravive les inquiétudes sur les approvisionnements mondiaux d'or noir.

    Lire la suite

    🔥 Avec la guerre au Moyen-Orient, la crainte d'un choc pétrolier ressurgit

    Le mardi 17 mars 2026

    Analyse: Les attaques contre des infrastructures pétrolières du pays du Golfe et la flambée des cours de l'or noir font planer le spectre d'un nouveau choc pétrolier.

    Lire la suite

    5️⃣ choses à savoir sur le blocage du détroit d'Ormuz

    Le mercredi 18 mars 2026

    Téhéran: En temps normal, environ un cinquième du pétrole brut mondial comme du gaz naturel liquéfié transite par le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique aujourd'hui quasiment paralysée par la guerre au Moyen-Orient.

    Lire la suite