Moyen-Orient: les secousses se poursuivent sur les marchés financiers
Paris: La tempête continue sur les marchés: à l'entame de la quatrième semaine de la guerre au Moyen-Orient, les Bourses mondiales reculent nettement et les taux d'intérêt des dettes souveraines grimpent, sur fond de hausse continue des prix du pétrole.Les investisseurs "se réveillent avec la perspective d'une nouvelle semaine difficile, après un week-end n'ayant pas permis d'apaiser les tensions au Moyen-Orient", explique Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.
Les prix du pétrole poursuivent leur hausse. Vers 8H00 GMT, le baril de West Texas Intermediate, référence américaine, était en hausse de 3,43% à 101,60 dollars et le baril de Brent BRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord gagnait 1,65% à 114,04 dollars.
"La situation s'est encore aggravée avec l'ultimatum de Trump exigeant de l'Iran l'ouverture du détroit d'Ormuz", selon Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets.
Sans réouverture totale et inconditionnelle du détroit au plus tard lundi soir, les États-Unis "frapperont et anéantiront" les centrales électriques Iraniennes, a en effet prévenu le président américain Donald Trump samedi soir.
Le gouvernement Iranien a de son côté assuré lundi qu'il fermerait entièrement le détroit d'Ormuz, si les États-Unis mettaient à exécution leur menace.
Téhéran a aussi menacé un peu plus tôt de frapper des infrastructures clés du Moyen-Orient, en réaction à l'ultimatum lancé par Donald Trump, après des frappes Iraniennes particulièrement destructrices dans le sud d'Israël.
Les Bourses en souffrance
La flambée des prix du brut fait craindre un regain d'inflation et un ralentissement de la croissance dans l'économie mondiale, particulièrement en Europe et en Asie, dépendants des importations d'hydrocarbures, ce qui fait souffrir les Bourses.Dans les premiers échanges après l'ouverture, vers 8H20 GMT, Paris cédait 1,53%, Londres 1,49%, Milan 1,78%, Francfort 1,82% et Zurich 1,71%. Vendredi, ces indices avaient déjà tous terminé nettement en recul. Il perdent plus de 10% sur un mois.
En Asie, après avoir lâché jusqu'à 5%, l'indice Nikkei de Tokyo a terminé en recul de 3,48%. A Séoul, le Kospi a sombré de 6,49%. Et Hong Kong reculait de 3,44% dans les derniers échanges.
Le président américain a déjà montré "qu'il était prêt à mener des actions militaires lorsque ses exigences ne sont pas satisfaites" et donc "les marchés accordent du poids à son message", estime Chris Weston de Pepperstone.
"Les investisseurs intègrent désormais un scénario de blocage prolongé des flux énergétiques, avec un risque croissant de perturbations durables sur le pétrole", relève John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion Private Bank.
Les taux grimpent
Autre conséquence des craintes d'un regain d'inflation: la flambée des taux d'intérêt des dettes souveraines.Le taux de rendement de la dette française à échéance dix ans a bondi lundi à son plus haut niveau en séance depuis 2009.
Vers 7H20 GMT, il a atteint 3,81%, son plus haut niveau depuis juillet 2009. Vendredi, le rendement britannique à dix ans avait déjà atteint un plus haut depuis 2008. Il continuait de grimper lundi, à 5,04%, contre 4,99% vendredi soir.
Le taux d'intérêt de la dette allemande, référence en Europe, a dépassé le seuil des 3%. Lundi, il atteignait 3,06%, niveau comparable à celui de 2011.
Une inflation plus élevée réduit la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux d'intérêt plus élevés pour compenser cette perte.
Les investisseurs tablent en outre sur une politique monétaire des banques centrales plus restrictive, avec des hausses potentielles des taux directeurs pour combattre cette inflation, ce qui a un impact direct sur le coût de la dette des Etats.
(c) AFP








