Moyen-Orient: des groupes de réflexion appellent à "accélérer" la sortie des énergies fossiles
Paris: Des groupes de réflexion, aux sensibilités parfois différentes, ont appelé ensemble à "accélérer" la sortie des énergies fossiles et à tirer les leçons de la crise énergétique causée par la guerre au Moyen-Orient, lors d'une conférence de presse mercredi.Les membres de cette "coalition" coordonnée par le réseau de communication sur le climat GSCC (notamment Institut Montaigne, Fondation Jean-Jaurès, IDDRI, Shift Project ou Institut I4CE) s'accordent sur la nécessité de "réduire durablement la dépendance aux énergies fossiles" et de "mieux protéger" ménages et entreprises.
Deux sujets font particulièrement consensus: un soutien accru aux véhicules électriques et une refonte de la fiscalité énergétique en faveur de l'électricité, actuellement pénalisée par rapport au gaz et au fioul.
La crise actuelle rappelle que la France dépend "à plus de 70% des énergies fossiles" pour sa consommation finale d'énergie, a souligné Héloïse Lesimple, responsable adjointe affaires publiques, pour le Shift Project.
Un constat qui appelle, selon elle, à "électrifier massivement" les transports, les logements et l'industrie, alors que le gouvernement doit présenter un plan en ce sens, au printemps.
La nécessité de décarboner les transports se fait encore plus pressante, avec la hausse des prix du pétrole, souligne Andreas Rüdinger, coordinateur transition énergétique IDDRI (Institut du développement durable et des relations internationales) : selon lui, cette hausse entraîne un coût supplémentaire pour l'Union européenne "de 3 milliards d'euros par semaine", autant d'argent en moins pour investir dans la transition.
Comme lors de la crise énergétique en 2022-2023, l'IDDRI prône que "pour chaque euro public investi dans l'aide au paiement des factures", on verse "un euro additionnel pour l'électrification et la décarbonation".
Mais "on aura beaucoup de mal à électrifier en France, si on préserve une fiscalité deux fois supérieure sur l'électricité, que sur le gaz ou le fioul par exemple", a ajouté M. Rüdinger, un constat partagé par les autres groupes.
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Ils s'accordent également sur la nécessité de renforcer le dispositif de leasing social, qui consiste à soutenir l'achat de véhicules électriques par les ménages les plus modestes.
L'institut I4CE préconise ainsi de "quadrupler dès cette année" ce dispositif, afin de "mettre à l'abri" des soubresauts des prix à la pompe quelque "200.000 ménages modestes".
"On chiffre le coût de rouler à l'électrique pour 100 kilomètres entre deux et sept euros selon le mode de recharge, contre à peu près 14 euros en thermique", souligne Benoît Calatayud, directeur de l'Observatoire de la Transition énergétique et sociale de la Fondation Jean-Jaurès.
(c) AFP








