Marchés en Asie: le pétrole souffle, les Bourses se stabilisent
Tokyo: Le pétrole reprenait son souffle vendredi en Asie après s'être encore envolé la veille face au blocage du détroit d'Ormuz, tandis que les Bourses se sont stabilisées au terme d'une semaine de montagnes russes suspendue aux inquiétudes géopolitiques.Le pétrole fléchit, intervention américaine en question
Vers 06H30 GMT, le baril de Brent BRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, référence du marché mondial, cédait 0,57% à 84,92 dollars, après avoir grimpé de 4,93% jeudi.Celui du WTI WTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie. nord-américain se repliait de 0,85% à 80,34 dollars; il avait flambé de 8,51% jeudi.
Le secrétaire américain à l'Intérieur, Doug Burgum, a déclaré que Washington examinait diverses options pour endiguer la flambée des prix énergétiques, dont un prélèvement dans les réserves d'urgence voire une intervention directe sur le marché, selon Bloomberg.
"Le Brent BRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. s'est stabilisé après ces déclarations (...), ces mesures s'ajoutent aux plans précédemment annoncés visant à fournir des garanties d'assurance et des escortes navales pour permettre le passage des pétroliers dans le détroit d'Ormuz", relève Michael Wan, analyste de MUFG.
Autre initiative américaine: Washington autorise pour un mois la livraison de pétrole russe sous sanction vers l'Inde, gros consommateur, afin de limiter les tensions sur l'offre mondiale de brut.
Pour autant, après avoir ouvert en chute de 2%, les cours ont rapidement tempéré leur repli et les marchés devraient rester nerveux. Les cours avaient encore bondi jeudi, atteignant des niveaux plus vus depuis près de deux ans. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, ils se sont envolés de près de 20%.
La nervosité persiste, signes de tension en Asie
Ainsi, les frappes se poursuivent: les Gardiens de la Révolution ont affirmé jeudi qu'un missile Iranien avait touché un pétrolier américain dans le Golfe.En Asie, les signes de tension se multiplient pour les principales économies.
Craignant des pénuries, la Chine a demandé à ses principaux raffineurs de suspendre leurs exportations de gazole et d'essence, selon Bloomberg. Et la presse nippone rapporte que les raffineurs Japonais exhortent Tokyo à puiser déjà dans les réserves stratégiques de brut de l'archipel.
"Il est important de relativiser cette évolution: le cours du brut n'est actuellement que de 3,40 dollars au-dessus de sa moyenne des quatre dernières années" et "reste bien en-deçà des 100 dollars atteint après l'invasion russe de l'Ukraine", tempère Tony Sycamore, analyste chez IG Australia.
Un épineux enjeu pointe cependant: "Si les routes d'exportation sont bloquées et que les producteurs (des pays du Golfe) atteignent la saturation de leurs capacités de stockage, ils seront contraints de réduire leur production", prévient Stephen Innes, de SPI Asset Management.
"Dès lors, ce qui était une perturbation des flux se transformera rapidement en pénurie d'approvisionnement, c'est précisément à ce moment-là que les prix du pétrole peuvent flamber".
Déjà, "six grands sites d'infrastructures pétrolières et gazières et de raffineries ont annoncé une réduction, voire l'arrêt complet de leur production", abonde Chris Weston, du courtier Pepperstone.
"Des capacités de stockage et des navires sont disponibles pour entreposer temporairement le pétrole qui ne peut être transporté par le détroit. Cependant, cette réserve est limitée" et pourrait ne pas excéder 25 jours de production, prévient-il.
Pause sur les Bourses
Au terme d'une semaine de montagnes russes, les Bourses asiatiques reprennent leur souffle.A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a gagné 0,62% à 55.620,84 points, l'indice élargi Topix 0,39%.
A Séoul, l'indice Kospi a fini stable (+0,02%). Il avait flambé de 9,63% jeudi, après un plongeon historique de 12% mercredi. Taipei a cédé 0,22%, Sydney 1%, et l'indice hongkongais Hang Seng gagnait 1,73% vers 06H30 GMT.
"Les inquiétudes liées à un conflit prolongé exercent une pression à la vente sur les actions" mais l'attentisme domine avant la publication vendredi d'un rapport sur l'emploi américain, observent les analystes de Monex Securities.
Alors que tous les investisseurs sont rivés aux prix énergétiques, "les opérations de couverture, la spéculation et l'évolution des conditions de liquidité contribuent à une forte volatilité des cours et des marchés", ajoute Chris Weston.
Sur le marché des changes, la devise Japonaise cédait 0,2% à 157,86 yens face à un dollar revigoré.
(c) AFP
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