Iran: le pétrole américain au plus haut depuis six mois
Londres: Le cours du baril de pétrole américain est monté jeudi à son plus haut niveau depuis six mois, le marché tablant davantage sur une intervention américaine en Iran, en raison du ton plus offensif entre Washington et Téhéran et du déploiement militaire massif des États-Unis.Vers 14H20 GMT (15H20 à Paris), le baril de West Texas Intermediate, référence américaine, gagnait 1,75% à 66,33 dollars, après avoir atteint les 66,71 dollars, au plus haut depuis août dernier.
Le baril de Brent BRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, la référence internationale, prenait 1,62% à 71,49 dollars.
Si les investisseurs se sont initialement montrés plutôt optimistes quant aux discussions qui se tenaient mardi à Genève, ils ont changé d'analyse depuis mercredi.
La hausse des prix du pétrole "reflète un renforcement de la prime de risque géopolitique, les opérateurs anticipant un conflit prolongé plutôt qu'un choc ponctuel", estime Ole Hansen, analyste de Saxo Bank.
Les États-Unis ont déployé au Moyen-Orient une imposante force de frappe navale et aérienne, une démonstration de force qui pourrait préparer le terrain à une campagne de frappes contre l'Iran.
Selon certains médias américains, l'armée serait prête à frapper l'Iran dès ce week-end si Donald Trump le décidait.
Une escalade militaire dans la zone fait planer un risque sur les installations pétrolières en Iran, qui compte parmi les dix principaux producteurs de brut, mais surtout celui d'une paralysie du détroit d'Ormuz par lequel transite 20% du pétrole mondial.
La région dépend de ce passage: "seuls l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis disposent d'infrastructures de contournement significatives", via des oléoducs, souligne M. Hansen, de Saxo Bank.
Aussi, selon l'analyste, "même sa perturbation partielle entraînerait des modifications d'itinéraires, une flambée des primes d'assurance et des goulets d'étranglement logistiques bien avant qu'un blocus total ne devienne une réalité".
Par ailleurs, "la part importante d'offre pétrolière frappée de sanctions et la réticence croissante de certains acheteurs à importer ce pétrole sanctionné" limite la perception d'un excédent d'offre sur le marché, affirment les analystes d'ING.
(c) AFP




