Lukoil annonce un accord de principe pour céder ses actifs étrangers à Carlyle
Moscou: Le groupe pétrolier russe Lukoil, sous sanctions des Etats-Unis, et la société d'investissement américaine Carlyle ont annoncé séparément jeudi un accord sous conditions prévoyant l'acquisition par cette dernière des actifs étrangers du géant russe.Le deuxième groupe pétrolier russe a indiqué dans un communiqué avoir "conclu un accord avec la société d'investissements américaine Carlyle pour la vente de Lukoil International GmbH", sans préciser le montant de la transaction.
Selon lui, l'accord reste soumis "à la réalisation de plusieurs conditions suspensives".
Parmi les actifs étrangers de Lukoil figure un réseau de plus de 200 stations-service aux États-Unis, deux raffineries en Roumanie et Bulgarie ou le champ pétrolier de West Qurna 2 dans le sud de l'Irak, l'un des plus importants au monde.
Le Financial Times avait écrit le 7 janvier que le groupe américain Chevron s'était associé avec la société d'investissements américaine Quantum Capital Group pour présenter une offre de reprise.
De son côté, Carlyle a expliqué jeudi dans une déclaration distincte que l'accord était "conditionné aux vérifications préalables (due diligence, NDLR) par Carlyle et aux approbations réglementaires", en particulier celle du Trésor américain.
L'entreprise américaine a assuré que cet accord respectait le cadre des sanctions imposées par Washington contre Lukoil.
Fin octobre 2025, pour faire pression sur la Russie en guerre contre l'Ukraine, les États-Unis ont inscrit Lukoil et Rosneft, numéro un du pétrole russe, sur leur liste noire des entités sanctionnées, un registre suivi par de nombreux pays.
Les entreprises travaillant avec ces entités russes encourent des sanctions secondaires, qui leur interdiraient l'accès aux banques, aux négociants, aux transporteurs et aux assureurs américains.
Washington a néanmoins donné le 10 décembre l'autorisation à des investisseurs étrangers de négocier le rachat des actifs de Lukoil à l'étranger, et ce sans risquer de représailles américaines.
Lukoil et Carlyle ont précisé que la transaction envisagée n'intégrait pas les actifs situés au Kazakhstan.
La firme américaine a assuré que son "approche concernant Lukoil International (serait) d'assurer la continuité opérationnelle, de préserver l'emploi, de stabiliser la base des actifs et de soutenir une performance sécurisée et fiable à travers tout le portefeuille", grâce notamment à des équipes opérationnelles et de supervision dédiées.
S'engageant à y réinvestir de la trésorerie pour soutenir la performance à long terme, elle a reconnu "l'importance cruciale" de certains de ces actifs pour l'infrastructure et la sécurité nationale de certains pays.
Sur ses 474 milliards de dollars d'actifs sous gestion, Carlyle en a investi plus de 20 dans le secteur de l'énergie (pétrole, gaz, renouvelables) dans le monde entier.
Lukoil International GmbH a dû être mis en vente "en raison des mesures restrictives prises par certains pays à l'encontre de la société et de ses filiales", a relevé le groupe russe, sans détailler.
Ses actions ont bondi de 3,5% à la Bourse de Moscou, après cette annonce. Celles de Carlyle, vers 19H30 GMT, reculaient de 1,98% à la Bourse de New York.
Interrogé lors de son briefing quotidien auquel participait l'AFP, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, s'est refusé à tout commentaire sur l'opération mais il a indiqué que "les intérêts de l'entreprise russe (devaient) être assurés" et que la Russie considérait les sanctions comme "illégales".
(c) AFP








