Le premier opérateur allemand de stockage pétrolier racheté par un américain
Francfort: Le gouvernement allemand a annoncé vendredi avoir autorisé le rachat par le groupe américain Sunoco, propriété d'un proche de Donald Trump, du plus gros opérateur allemand de stockage de produits pétroliers TanQuid.Sunoco est une filiale du géant américain Energy Transfer, qui construit, possède et gère des pipelines, des sites de stockage et des terminaux d'hydrocarbures à l'international, dont le principal actionnaire est le milliardaire Kelcy Warren, proche soutien du président américain Donald Trump.
Ces derniers mois, l'entreprise a mis la main sur d'autres infrastructures critiques aux Pays-Bas et en Irlande.
Le montant du rachat de TanQuid, révélé par l'hebdomadaire allemand Der Spiegel et finalisé le 16 janvier, n'a pas été communiqué.
TanQuid, propriété jusqu'à présent de la société de gestion de fonds australienne Macquarie Group, exploite au total 15 dépôts d'hydrocarbures en Allemagne et un en Pologne.
Ces infrastructures sont considérées comme critiques par le gouvernement allemand en raison de leur rôle clé dans l'approvisionnement énergétique du pays.
"Nous avons imposé des conditions strictes", a assuré vendredi lors d'une conférence de presse régulière la porte-parole du ministère de l'Économie Susanne Ungrad, sans donner plus de détails sur ces conditions.
Elle a ajouté ne voir "aucune contradiction" avec l'assurance de la sécurité de l'approvisionnement énergétique en Allemagne, une promesse phare de la coalition du chancelier allemand Friedrich Merz.
Dans une déclaration transmise à l'AFP, la branche allemande de l'ONG Greenpeace a dénoncé "une grave erreur", rappelant que les infrastructures passant sous pavillon américain étaient "essentielles pour la sécurité d'approvisionnement" et ne devaient pas "tomber entre de mauvaises mains".
En mars, l'ONG a été condamnée à verser 665 millions de dollars de dommages et intérêts à Energy Transfer, après des manifestations aux États-Unis contre un projet décrié de pipelines qui s'étaient soldées par des centaines d'arrestations et de blessés.
Selon Nina Noelle, experte en crises internationales au sein de Greenpeace, le gouvernement "confie une infrastructure énergétique critique aux mains d'un conglomérat fossile américain et balaie d'un revers de main toutes les préoccupations légitimes en matière de sécurité et de politique climatique".
Lors d'une session de questions au gouvernement en juillet, le parti écologiste Die Grünen (Les Verts) s'était inquiété des "conséquences d'une vente à Sunoco" de l'opérateur allemand, s'interrogeant notamment sur les "possibilités juridiques de contrôles et d'interventions" du gouvernement.
(c) AFP






