Taxes douanières et demande chinoise plombent le pétrole

Le prix du baril de Brent BRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, pour livraison en avril, dont c'est le dernier jour de cotation, a perdu 1,16% à 73,18 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, a reculé de 0,84% à 69,76 dollars.
Le président américain a annoncé jeudi soir que les produits chinois importés aux États-Unis seraient taxés de 10% supplémentaires, après avoir déjà imposé des droits de douane de 10% sur ceux-ci début février, à partir du 4 mars, qui est aussi la date à laquelle le sursis sur les 25% de droits de douane obtenu par les Mexicains et Canadiens arrive à échéance.
Washington prévoit cependant de moins taxer le secteur énergétique canadien, à hauteur de 10%. Le Canada représente à lui seul 60% des importations de pétrole brut des États-Unis.
Pékin a aussitôt promis vendredi de prendre "toutes les contre-mesures nécessaires", et les analystes craignent que la guerre commerciale lancée par les États-Unis contre de nombreux pays et sur de nombreux secteurs plombe la croissance mondiale.
Si les droits de douane et les sanctions peuvent soutenir les prix du pétrole à court terme, "lorsqu'ils freinent la croissance, ils impactent également la demande de pétrole" et donc les prix, affirme Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
Les opérateurs continuent aussi de s'inquiéter de la demande chinoise, alors que le pays, premier consommateur mondial de brut, connaît actuellement des "difficultés" économiques, selon le président chinois Xi Jinping.
"Présentement, l'impact défavorable de changements extérieurs s'est aggravé, et l'économie chinoise est confrontée à de nombreuses difficultés et défis", a écrit M. Xi dans un article publié dans Qiushi, le journal officiel du Parti communiste au pouvoir, a indiqué l'agence de presse Xinhua.
"Il sera très difficile de maintenir des prix plus élevés à l'avenir si les Chinois (...) ont déjà atteint le point culminant de leur demande", estime M. Yawger.
En outre, "cela va rendre très difficile pour les membres de l'OPEP+ (l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés) d'ajouter des barils" sur le marché, ajoute l'analyste.
Le marché attend la décision de l'OPEP+ qui doit déterminer prochainement si ses membres réintroduiront des barils sur le marché en avril, comme prévu.
Les cours du brut ont par ailleurs connu un rebond temporaire vers la fin de la séance après l'altercation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche.
Les opérateurs ont suivi attentivement les discussions d'une tension inouïe entre les deux chefs d'Etat, qui se sont publiquement affrontés dans le Bureau ovale, le président américain menaçant son invité, en haussant la voix, de "laisser tomber" l'Ukraine s'il ne faisait pas de concession à la Russie.
(c) AFP