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Le pétrole se maintient à haut niveau

cours du petroleParis: Les prix du pétrole demeuraient mercredi matin proches de leurs plus hauts niveaux atteints il y a dix mois. La veille, l'or noir a vu ses cours dopés par les annonces du prolongement des coupes opérées par la Russie et l'Arabie saoudite dans leur production, des décisions qui sont venues crisper un marché déjà tendu.
Mercredi peu après 08h00, le baril de Brent BRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord pour livraison en novembre se négociait à 89,85 dollars, en repli de 0,22%, après avoir bondi mardi soir de 1,16% et passé le seuil des 90 dollars à 90,04 dollars, un sommet depuis la mi-novembre 2022.

Quant aux 159 litres de West Texas Intermediate (WTI WTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie.) américain, avec échéance en octobre, ils valaient 86,54 dollars, en baisse de 0,17%, non sans avoir grimpé de 1,26% la veille en soirée à 86,69 dollars, niveau également le plus haut depuis près de dix mois..

L'Arabie saoudite s'est engagée mardi à maintenir sa réduction de production d'un million de barils par jour (bpj) jusqu'à fin décembre, après l'avoir déjà observé de juillet à septembre, selon le ministère de l'Energie du royaume. Ce dernier a précisé que cette stratégie serait "réexaminée mensuellement", se laissant toute latitude pour augmenter ou réduire davantage l'objectif d'environ neuf millions de barils par jour.

Parallèlement, la Russie a, elle, promis de priver le marché de 300'000 barils par jour à l'exportation durant les trois derniers mois de l'année, après avoir coupé ses volumes de 500'000 barils par jour en août, puis de 300'000 en septembre.

⤵ Marchés nerveux

"Les fondamentaux étaient déjà solides avant cela, mais ceci est un tournant", a commenté Phil Flynn, de Price Futures Group. "Cela montre que l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) et la Russie sont décidées à réduire leur offre et à montrer qu'elles dominent le marché mondial." Les analystes de Rystad tablent désormais sur un déficit de 2,7 millions de barils par jours de l'offre par rapport à la demande au dernier trimestre de l'année.

Les mesures drastiques des Saoudiens et des Russes ont d'autant plus d'impact sur le marché qu'aucun producteur majeur n'apparaît en position de combler tout ou partie de ce déficit. Aux États-Unis, le nombre de puits en cours d'exploitation est tombé au plus bas depuis 19 mois, et l'industrie se montre prudente, en particulier dans le secteur du pétrole de schiste.

"La grande question est de savoir si les Saoudiens s'inquiètent de la demande" au quatrième trimestre, "en particulier en Chine, au point qu'ils prennent des mesures préemptives", s'est interrogé, dans une note, Jorge Leon, de Rystad. Mais pour Phil Flynn, "la demande n'est pas le problème. Elle reste à des niveaux records", malgré les mauvais indicateurs d'activité récemment observés en Europe et en Chine, tandis que l'économie américaine décélère doucement.

Le fait que le marché soit en situation de "backwardation" marquée, c'est-à-dire avec des prix beaucoup plus élevés pour une livraison prochaine que pour une échéance en décembre ou en janvier, illustre bien le déséquilibre actuel, souligne Phil Flynn. "Il y a de la nervosité, nourrie par la crainte que l'offre ne soit pas suffisante dans quelques mois", insiste l'analyste. "Les gens achètent maintenant pour avoir des réserves."


(c) AFP

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