A+ A A-

L'Opep+ dans l'incertitude, entre prix en berne et sanctions

cours du petroleLondres: Nouvelle coupe des quotas de production ou statu quo? L'Opep+ se réunit dimanche dans un contexte délicat, marqué par la chute des cours du pétrole et l'entrée en vigueur de nouvelles sanctions contre la Russie.
Les représentants des treize membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), conduits par Ryad, et leurs dix alliés emmenés par Moscou, partenaires de l'accord OPEP+, se retrouvent par visioconférence pour décider de leur prochain objectif de production.

Ils ont finalement opté pour un format de réunion virtuel, un jour avant le début de l'embargo de l'Union européenne sur les importations de brut russe, qui doit être assorti d'un plafonnement des prix.

L'alliance devrait se prononcer pour une "reconduction de la décision précédente" portant sur une baisse de 2 millions de barils par jour, a déclaré une source Iranienne à l'AFP, le marché étant "très incertain" avec l'arrivée imminente d'un nouveau train de sanctions contre la Russie.

⤵ La Chine inquiète

C'est aussi le pronostic de la plupart des analystes.

"Il y a fort à parier que le groupe réaffirmera son engagement envers ses dernières réductions de production", avance Stephen Brennock, de PVM Energy, même s'il n'exclut pas que l'OPEP+ aille plus loin pour soutenir les cours du pétrole.

Car depuis la réunion d'octobre, qui s'était tenue au siège du cartel à Vienne, les prix sont lourdement retombés pour retrouver leur niveau de début 2022, bien loin des sommets atteints après le début de l'invasion russe de l'Ukraine.

Les deux références mondiales de l'or noir évoluent désormais entre 80 et 85 dollars le baril, contre plus de 130 dollars en mars.

La Chine, premier importateur de brut dans le monde, cristallise les inquiétudes, le regain épidémique actuel faisant craindre un confinement généralisé pesant sur l'économie.

Pékin a toutefois donné cette semaine de quoi espérer aux marchés, en signalant un possible allègement de la stricte politique "zéro Covid", après une vague de manifestations de colère contre les restrictions sanitaires.

S'ajoutent à cette situation les craintes d'une récession, sur fond de flambée de l'inflation en Europe comme outre-Atlantique.

⤵ "Influence" russe

Au-delà de la morosité économique, la grande inconnue de l'équation pétrolière tourne autour du brut russe, dans le viseur d'Occidentaux soucieux de réduire les ressources financières permettant à Moscou de financer la guerre en Ukraine.

L'UE a décidé d'interdire aux Vingt-Sept l'achat de pétrole russe par voie maritime à partir du 5 décembre, "ce qui menace plus de 2 millions de barils par jour", d'après les estimations des analystes d'ANZ.

Par ailleurs, les discussions sur le plafonnement des prix, censé renforcer l'efficacité de cet embargo, ont abouti vendredi.

Le prix du pétrole vendu par la Russie aux pays occidentaux sera plafonné à 60 dollars le baril dans les prochains jours, les pays de l'Union européenne, puis ceux du G7 et l'Australie ayant trouvé vendredi un accord à trois jours de l'entrée en vigueur de l'embargo européen.


L'Oural, variété de référence pour le brut russe, se négocie actuellement autour de 65 dollars le baril, soit à peine plus que le plafond européen, impliquant un impact limité à court terme.

"Le G7 et l'Australie (...) sont parvenus à un consensus sur un prix maximum de 60 dollars américains le baril pour le pétrole brut d'origine russe transporté par voie maritime", ont annoncé ces pays dans un communiqué commun. Au-delà de ce plafond, les tankers transportant du brut russe vers les pays tiers ne pourront plus être financés ni assurés d'ici six mois par les opérateurs, afin d'entraver une réorientation des exportations de Moscou.

Le président russe Vladimir Poutine a mis en garde contre de "graves conséquences pour le marché énergétique mondial".

Le Kremlin "a plusieurs options pour contourner" cette mesure, souligne Edoardo Campanella, analyste d'UniCredit. Et il peut compter sur le soutien de l'Arabie saoudite, qui ne lui a jamais fait défaut depuis le début du conflit - au grand dam des États-Unis.

"Moscou pourrait riposter en utilisant son influence au sein de l'OPEP+ pour pousser l'alliance à adopter une position plus agressive", dans un avertissement à l'Occident qui hérisse le cartel en réglementant les prix.

Un tel scénario "aggraverait la crise énergétique mondiale", prévient l'analyste.

(c) AFP

Commenter L'Opep+ dans l'incertitude, entre prix en berne et sanctions



    Communauté prix du baril


    L'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP)

    -Voir toute l'actualité de l'OPEP

    lundi 13 juillet 2026

    L'Opep revoit encore à la baisse la croissance de la demande…

    Opep: L'Opep, l'alliance de pays exportateurs de pétrole, a de nouveau révisé à la baisse sa prévision de croissance de la demande...

    dimanche 05 juillet 2026

    L'Opep+ augmente ses quotas de production de pétrole pour le…

    Opep: Les ministres de l'Opep+ ont décidé dimanche d'augmenter les quotas de production de pétrole de 188.000 barils par jour pour le...

    dimanche 05 juillet 2026

    Pétrole: Vers une nouvelle hausse des quotas de l'Opep+

    Opep: L'Arabie saoudite, la Russie, et cinq autres membres de l'Opep+ se réunissent en ligne dimanche et devraient augmenter leurs quotas de...

    dimanche 07 juin 2026

    Pétrole: la hausse anticipée des quotas de l'Opep+ éclipsée …

    Opep: L'Opep+, qui réunit l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés, devrait annoncer une nouvelle hausse de ses quotas dimanche...

    samedi 06 juin 2026

    🛢️ L'Opep+ contribue-t-elle encore à stabiliser le marché?

    Opep: Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+), dont les 21...

    mercredi 13 mai 2026

    🌍 L'OPEP prévoit une croissance de la consommation pétrolièr…

    Opep: L'Opep, l'alliance de pays exportateurs de pétrole, a indiqué mercredi qu'elle prévoyait toujours une croissance de la demande mondiale de pétrole...

    Les dernières actualités des prix du pétrole

    lundi 27 juillet 2026 à 03:05

    Trump ménage une voie diplomatique tandis que le pétrole rec…

    Washington: Le Brent de la mer du Nord, référence internationale du brut, perdait près de 5 % lundi en début de séance...

    dimanche 26 juillet 2026 à 11:22

    Nouvelles discussions sur Ormuz avec Oman, selon Téhéran

    Téhéran: L'Iran et Oman se sont à nouveau réunis pour discuter de la future gestion du détroit d'Ormuz, a annoncé Téhéran dimanche...

    samedi 25 juillet 2026 à 21:59

    Les Houthis visent des installations pétrolières en Arabie s…

    Téhéran: Les rebelles houthis du Yémen, alliés de Téhéran, ont ciblé samedi des sites pétroliers dans l'Arabie saoudite voisine en riposte à...

    vendredi 24 juillet 2026 à 21:58

    Le pétrole recule alors que les craintes liées à la mer Roug…

    Cours de clôture: Les prix du pétrole ont reflué vendredi après une envolée cette semaine, le marché relativisant les risques de perturbation...

    vendredi 24 juillet 2026 à 18:00

    Le pétrole accélère sa baisse, le marché relativise les risq…

    Londres: Les cours du pétrole accélèrent leur baisse vendredi avant le week-end après s'être envolés cette semaine, dans un marché relativisant la...

    vendredi 24 juillet 2026 à 12:06

    Le pétrole baisse, le marché jaugeant la situation en mer Ro…

    Londres: Les cours du pétrole baissent vendredi après s'être envolés cette semaine - le Brent dépassant même 100 dollars jeudi -, dans...

    vendredi 24 juillet 2026 à 06:47

    Nouvelles frappes américaines en Iran, le pétrole au-dessus …

    Téhéran: Les Etats-Unis ont lancé vendredi une nouvelle série de frappes en Iran, tandis que les alliés houthis ont ouvert un autre...

    jeudi 23 juillet 2026 à 23:07

    Le retour du pétrole à 100 dollars secoue les marchés

    New York: L'élargissement du conflit au Moyen-Orient en mer Rouge a propulsé le baril de pétrole au-dessus des 100 dollars jeudi, ravivant...

    jeudi 23 juillet 2026 à 22:03

    Les cours du pétrole en forte hausse, dopés par les attaques…

    Cours de clôture: Les prix du pétrole se sont envolés jeudi, le baril de Brent repassant au-dessus des 100 dollars, en raison...

    Toute l'actualité du baril et des cours du pétrole

    Les analyses des Prix du pétrole les plus récentes

    Chiffres du jour

    Mardi 21 juillet 2026 En ce début d’après-midi, les cours du pétrole se maintenaient en hausse: le prix du baril de Brent repassait au-dessus des 90 dollars, à 90,13 $/baril (+1,02 % soit 78,92 €), tandis que le WTI américain progressait à 83,29 $/baril (+0,98 %). Le marché pétrolier restait partagé entre l’intensification des frappes au Moyen-Orient et les espoirs de désescalade diplomatique, alors que l’Iran menaçait de nouvelles attaques, que deux pétroliers avaient été interceptés au large d’Oman et que les Houthis annonçaient un blocus maritime contre l’Arabie saoudite, accentuant les inquiétudes sur l’approvisionnement via le détroit d’Ormuz, passage stratégique concentrant environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole.

    🛢️ Pétrole: quel avenir pour l'Opep+ après le départ des Emirats ?

    Le mercredi 29 avril 2026

    Abou Dhabi (Emirats arabes unis): Est-ce la fin de l'Opep ? La question se pose après le départ annoncé mardi par les Emirats arabes unis, car si ce n'est pas le premier pays à quitter le groupe, c'est de très loin le plus important à franchir le pas.Explications.

    Lire la suite

    🇺🇸 Face à la flambée du pétrole, Trump n'a pas beaucoup de leviers

    Le lundi 09 mars 2026

    New York: Grand promoteur des hydrocarbures, élu entre autres sur la promesse d'une essence bon marché, Trump promet désormais aux Américains que la flambée des prix provoquée par le conflit au Moyen-Orient ne sera qu'un court et mauvais moment à passer.

    Lire la suite

    📈 De TotalEnergies à Shell, les compagnies européennes raflent la mise

    Le jeudi 07 mai 2026

    Londres: Les compagnies pétrogazières européennes ont dégagé d'énormes profits au 1er trimestre, profitant de la volatilité des cours provoquée par la guerre au Moyen-Orient, ce qui a relancé de Londres à Paris les appels à taxer ces bénéfices exceptionnels.

    Lire la suite