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Le pétrole Brent perd 7%, clôture sous 100 dollars, 1ère depuis avril

cours du petroleCours de clôture: Le pétrole a dégringolé mardi, pris dans un climat d'anxiété quant à la possibilité d'une récession mondiale, qui amputerait la demande, même si de nombreux signaux continuent de présager un marché tendu pour longtemps.
Le baril de Brent BRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord pour livraison en septembre a effacé 7,10% et terminé à 99,49 dollars, clôturant sous 100 dollars pour la première fois depuis trois mois.

Le baril de West Texas Intermediate (WTI WTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie.) américain, pour livraison en août, a lui plongé de 7,92% à 95,84 dollars.

"Le pétrole est en chute libre", plongeant "à mesure que les perspectives de croissance se détériorent", accentuant les inquiétudes concernant la demande, a souligné Craig Erlam, analyste d'Oanda.

"En Occident, la combinaison des prix élevés de l'énergie et de la hausse des taux d'intérêt alimente les craintes d'une récession qui aurait un impact sérieux" sur le marché de l'or noir, explique Carsten Fritsch, analyste pour Commerzbank.

Une nouvelle vague de restrictions sanitaires en Chine préoccupe également les investisseurs, faisant craindre de nouvelles fermetures.

Macao a entamé lundi son premier confinement depuis le début de la pandémie afin d'endiguer sa pire vague de Covid-19.

"Il y a un ralentissement de la demande du plus grand importateur de brut au monde et des craintes quant à ce que révéleront les chiffres de la croissance du deuxième trimestre de vendredi", affirme Victoria Scholar, analyste à Interactive Investor.


Pour l'analyste, le gouvernement chinois "sacrifie une fois de plus son économie à la poursuite d'objectifs draconiens de santé publique".

La Chine a, par exemple, confiné pour trois jours les 320.000 habitants d'une localité du centre du pays après la découverte d'un seul cas positif au Covid-19.

⤵ "Marché extrêmement tendu"

Le refrain d'une économie chancelante résonne chez les investisseurs, qui se désengagent massivement des contrats à terme sur toutes les matières premières, a également relevé Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.

"Il y a une déconnexion entre les marchés à terme et le marché physique", a-t-il estimé.

Pour Matt Smith, de Kpler, l'envolée du dollar, qui a atteint mardi la parité avec l'euro, a aussi joué, "car elle accroît la préoccupation que le brut devienne trop cher pour toute autre devise que le dollar".

"Ce décrochage (des cours) tient plus à un marché qui va trop vite en besogne et essaye d'intégrer de futures mauvaises nouvelles, plutôt qu'à ces mauvaises nouvelles", a plaidé l'analyste.

"C'est assez dingue, compte tenu du fait qu'il n'y a pas eu vraiment de nouvelles" mardi, a abondé Andy Lipow.

L'analyste a souligné que les opérateurs avaient totalement occulté le rapport mensuel de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui table pourtant sur une demande de pétrole toujours en croissance en 2023, mais à un rythme moins soutenu.

L'agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) fait le même pronostic, et annonce une consommation en hausse de 2 millions de barils par jour l'an prochain, contre 2,2 cette année.

La demande en 2023 devrait être soutenue par une "performance économique encore solide des pays grands consommateurs, ainsi que par une amélioration de la situation géopolitique et de la gestion du Covid-19 en Chine", a estimé l'OPEP.

Le rapport affirme que "le marché reste extrêmement tendu", a relevé Craig Erlam, d'autant que les inquiétudes concernant l'offre persistent, avec notamment les sanctions sur le pétrole russe.

Dernier élément superbement ignoré par les traders, les commentaires du directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol, pour qui "le monde n'a jamais connu une crise de l'énergie d'une telle profondeur et d'une telle complexité".

"Je pense que nous n'en avons peut-être pas encore vu le pire", a-t-il ajouté, lors d'une intervention à Sydney (Australie).

"La correction (des cours) est allée trop loin", a fait valoir Andy Lipow. "Le marché a tellement souffert qu'il va lui falloir quelques jours pour se remettre, mais on est beaucoup plus près d'un plancher que d'un sommet."

"Le pétrole finira par retrouver le chemin au-dessus de 100 dollars", a anticipé Edward Moya, d'Oanda, "mais pour l'instant, il semble à son aise autour de 95 dollars."

(c) AFP

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