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Londres appelle l'ensemble du G7 à interdire les importations de pétrole russe

cours du petroleWashington: Le Royaume-Uni a exhorté mercredi l'ensemble des pays du G7 à "mettre fin à leur utilisation de pétrole et gaz russes", à l'instar de Londres et de Washington, en riposte à l'invasion de l'Ukraine décidée par le président russe Vladimir Poutine.
"Poutine doit échouer", a déclaré la ministre britannique des Affaires étrangères Liz Truss lors d'une visite aux États-Unis.

"Dans notre réponse, nous devons redoubler de sanctions", a-t-elle affirmé dans une conférence de presse avec son homologue américain Antony Blinken.

Cela inclut selon elle une déconnexion "totale" des banques russes du système international Swift. L'Union européenne a déjà débranché sept banques russes de cette plateforme de messagerie sécurisée qui permet des opérations-clés, mais a pris soin à ce stade d'épargner deux gros établissements financiers très liés au secteur des hydrocarbures, en raison de la forte dépendance de plusieurs Etats européens au gaz russe.

Pour la même raison, l'UE ne veut pas interdire pour l'instant les importations d'énergie russe comme l'ont annoncé mardi les États-Unis et le Royaume-Uni.

"L'Union européenne importe 40% de son gaz de Russie et entre 20 et 30% de son pétrole alors que les États-Unis sont à 8% pour le pétrole et n'importent pas de gaz russe", a fait valoir la ministre française de la Transition écologique Barbara Pompili, qui se trouvait à New York au titre de la présidence française de l'UE.

"On ne peut pas passer de 40% à rien en 5 minutes", a-t-elle ajouté, tout en rappelant le plan européen pour que les Vingt-Sept se passent des deux tiers de leurs importations de gaz russe d'ici la fin de l'année.

Dans un discours qu'elle doit prononcer jeudi à Washington, Liz Truss doit renouveler son appel aux Occidentaux à accroître encore la "pression" sur Moscou, selon des extraits transmis par son ministère.


"L'ère de la complaisance est finie" et les Occidentaux ne peuvent "plus jamais autoriser une telle agression à se développer sans contrôle": "cela signifie agir maintenant" et "être fort", doit-elle dire.

Estimant que la guerre en Ukraine constitue un "changement de paradigme" au même titre que les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, elle doit plaider pour une approche plus dure en matière de sécurité internationale.

"La manière dont nous répondons aujourd'hui jettera les bases de cette nouvelle ère. Si nous ne contestons pas l'expansionnisme de Poutine, cela enverra un dangereux message à de potentiels agresseurs et personnes autoritaires à travers le monde", estime-t-elle.
"Nous devons partir du principe que la seule chose que les agresseurs comprennent est la force" doit-elle aussi déclarer.
Mercredi, Antony Blinken s'est aussi dit "absolument convaincu que Poutine échouera "in fine". "La Russie va encaisser une défaite stratégique, quels que soient ses gains tactiques de court terme en Ukraine", a-t-il estimé.

Affirmant que les sanctions avaient déjà "effacé trente années de progrès d'intégration de la Russie dans le reste du monde", il a aussi promis de continuer à "augmenter la pression" sur le président russe.

Le secrétaire d'Etat américain a par ailleurs appelé "le Kremlin à permettre immédiatement aux civils ukrainiens de quitter en toute sécurité les villes d'Ukraine assiégées par les forces russes", accusant Moscou de "bloquer" ces départs.

"La proposition du Kremlin de créer des couloirs humanitaires menant en Russie ou au Bélarus est absurde. Il est offensant de suggérer que les Ukrainiens devraient chercher refuge auprès de ce même gouvernement qui fait preuve d'un tel mépris pour leur vie", a martelé Antony Blinken.

(c) AFP

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