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L'Opep+ délibère sur sa production de pétrole de décembre

Production OPEPLondres: Les membres de l'Opep+ ont entamé jeudi leurs réunions avec pour objectif de statuer sur leur niveau de production de pétrole pour le mois de décembre, sous la pression des pays consommateurs qui les appellent à ouvrir davantage les vannes.
Les ministres des treize membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de dix alliés via l'accord OPEP+ ont commencé peu après 13H00 GMT (14H00 à Paris et à Vienne, au siège du cartel) la première de leur deux sessions du jour, selon une source proche de l'organisation.

Ce comité ministériel conjoint de suivi (JMMC) de l'accord OPEP+ précède le sommet ministériel à proprement parler, prévu à 14H00 GMT.

La plupart des analystes tablent sur une reconduction de la stratégie actuelle, à savoir la remise quotidienne sur le marché de 400.000 barils lors du dernier mois de l'année, alors que l'alliance laisse toujours plus de 4 millions de barils sous terre chaque jour.

"Tout porte à croire que les membres de l'OPEP+ choisiront de s'en tenir au plan actuel", estime par exemple Carsten Fritsch, analyste de Commerzbank.

La grogne des consommateurs, États-Unis en tête, se fait pourtant pressante en faveur d'un geste plus franc de la part de l'alliance.

Le fait que "la Russie, l'Arabie saoudite et d'autres grands producteurs ne pompent pas davantage de pétrole (...) n'est pas juste", a déploré dimanche soir le président américain Joe Biden, en marge du sommet du G20 à Rome, visant directement l'OPEP+.

Le dirigeant du premier pays consommateur de brut a de quoi faire grise mine: le contrat américain de référence du brut, le WTIWTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie., évoluait en début de semaine autour de 85 dollars le baril, tout proche de son plus haut depuis 2014 atteint la semaine passée.

Les cours des deux contrats de référence étaient d'ailleurs en forte hausse jeudi à 13H30 GMT: le WTIWTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie. gagnait 2,71% à 83,05 dollars et le BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. s'appréciait de 2,74% à 84,24 dollars.

"Vue l'intensité de la pression qu'exercent la Maison Blanche et d'autres pays consommateurs, on ne peut en aucun cas exclure que l'Arabie saoudite (chef de file de l'alliance, NDLR) puisse donner son feu vert à une augmentation supérieure à 400.000 barils quotidiens jeudi", estime Helima Croft, de la Banque royale du Canada (RBC).

Un scénario que Han Tan, analyste chez Exinity, juge "improbable".


Facteurs de risque

D'autres nations gourmandes en or noir comme l'Inde et le Japon poussent aussi l'OPEP+ à réagir.

L'organisation elle-même s'est faite l'écho d'une réunion virtuelle vendredi entre son secrétaire général Mohammed Barkindo et Hardeep Singh Puri, ministre indien dont le vaste portefeuille touche à l'énergie, ce dernier insistant sur "la volatilité du marché et les prix élevés actuels".

Mais pour le moment, l'OPEP+ insiste sur les facteurs de risque planant sur la demande afin de justifier le maintien de sa politique prudente, évoquant aussi les - bien réels - nouveaux pics de contaminations au Covid-19 observés en Russie et en Chine.

Cette stratégie, favorable aux caisses des producteurs, permet également de ménager une place à l'un de ses membres aujourd'hui exclu du marché, l'Iran.

Les négociations sur le nucléaire iranien pour sauver l'accord conclu en 2015, censées empêcher Téhéran de se doter de l'arme atomique - accord que les États-Unis ont dénoncé unilatéralement en 2018 - reprendront le 29 novembre à Vienne.

Une issue favorable signerait, en toute logique, le retour à moyen terme de l'Iran sur le marché de l'or noir, qui pourrait se traduire par un supplément d'offre de l'ordre de 2 millions de barils par jour.

Plusieurs observateurs de marché ont par ailleurs partagé leurs doutes sur la capacité de certains membres du cartel à pouvoir augmenter davantage leur production, les installations de forage ayant souffert pendant la pandémie de retards d'entretien et de maintenance.

(c) AFP

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