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L'Opep+ dans l'impasse, le sommet reporté sine die

OPEP ProductionLondres: Les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs dix alliés via l'accord Opep+ ne se réuniront finalement pas lundi, contrairement à ce qui était prévu, le cartel se trouvant toujours dans l'impasse.
Le sommet ministériel devait reprendre par visioconférence à 13H00 GMT (15H00 à Paris et à Vienne, au siège du cartel). Deux heures et demi plus tard, une source proche du cartel a indiqué à l'AFP que celui-ci était reporté sans qu'une date n'ait encore été fixée.

Un plan est pourtant sur la table: celui d'augmenter chaque mois la production de pétrole de 400.000 barils par jour entre août et décembre, soit un total de 2 millions de barils quotidiens remis sur le marché d'ici la fin de l'année.

Mais un différend a émergé entre les Émirats arabes unis et le reste de l'alliance sur un point technique: son volume de production de référence.

Ce seuil arrêté à la date d'octobre 2018 correspond pour Abou Dhabi à 3,17 millions de barils par jour. Il ne reflète effectivement pas la pleine capacité de production du pays, qui est montée à plus de 3,8 millions de barils par jour en avril 2020, à la veille des coupes drastiques du cartel.

"C'est tout le groupe contre un seul pays", avait commenté dimanche le ministre saoudien Abdelaziz ben Salmane interrogé par Bloomberg TV, tout en appelant dans une autre interview, sur la chaîne Al-Arabiya, à "un peu de rationalité et un peu de compromis".

Sursaut des prix

Cette divergence avait déjà fait capoter le premier cycle de réunions du cartel jeudi dernier, puis de nouveau le lendemain, au sein d'un groupe davantage habitué aux prises de bec entre les deux poids lourds, la Russie et l'Arabie saoudite.

La stratégie proposée s'inscrit pourtant dans ce qui a fait la force de la politique du cartel depuis le mois de mai: rouvrir petit à petit le robinet d'or noir après l'avoir serré de manière très forte au début de la pandémie face à une demande moribonde.

Avec un certain succès au niveau des prix, du point de vue des vendeurs: les deux références du pétrole brut, le BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. et le WTIWTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie., oscillent aux alentours de 75 dollars, une hausse impressionnante de 50% depuis le 1er janvier et du jamais vu depuis octobre 2018.

Les cours du brut ont connu un léger sursaut à l'annonce du report, une des options en cas d'absence d'accord consistant à reconduire en août un niveau de production identique à celui de juillet, ce qui aura pour effet de resserrer davantage encore le marché, avec un risque de surchauffe.


Étalement jusqu'à fin 2022?

L'alliance OPEP+ s'était engagée en avril 2020, au moment où la première vague de Covid-19 frappait durement la demande d'or noir, à retirer volontairement du marché 9,7 millions de barils par jour puis à les réintroduire progressivement d'ici à la fin du mois d'avril 2022.

Mais cette échéance paraît désormais courte au rythme actuel de réouverture des vannes, plusieurs fois ralenti à cause des soubresauts de la crise sanitaire: l'alliance laisse encore sous terre ce mois-ci 5,8 millions de barils chaque jour.

D'où un étalement envisagé jusqu'à décembre 2022, une option qui inquiète Abou Dhabi.

L'OPEP+ fait de surcroît face à une équation complexe, entre une reprise bien réelle de la demande mais qui reste fragile, un retour probable à moyen terme des exportations iraniennes et des prix élevés qui provoquent le mécontentement de certains gros importateurs comme l'Inde.

L'alliance est toutefois habituée au roulis. Elle a notamment su dépasser en début d'année dernière un désaccord profond entre Moscou et Ryad qui avait débouché sur une courte mais intense guerre des prix.

(c) AFP

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