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L'Opep+ en conclave pour arrêter sa production de pétrole pour février

OPEPLondres: Les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs partenaires, réunis par l'accord Opep+, ont débuté leurs discussions lundi, sous le signe de la prudence saoudienne, afin d'arrêter la quantité de brut à remettre sur le marché mondial le mois prochain.
Après un Comité de suivi de l'accord en vigueur de réduction de la production du groupe, identifié sous l'acronyme JMMC et prévu initialement mi-décembre, les membres de l'alliance ont entamé vers 15H30 GMT (16H30 à Paris) leur premier sommet ministériel de l'année, par visioconférence.

"Au risque de passer pour un rabat-joie, je tiens à recommander la prudence (...) car la demande de carburant pour le secteur des transports, en particulier dans l'aviation, est particulièrement fragile", a déclaré le ministre saoudien de l'Energie Abdelaziz ben Salmane, à l'occasion d'une conférence de presse en ligne peu avant la réunion.

"Ne mettons pas en péril tout ce que nous avons réalisé pour un bénéfice immédiat, mais illusoire", a-t-il ajouté.

Ces remarques penchent vers le maintien en février des coupes actuelles, une position attentiste que beaucoup d'analystes prêtent au chef de file du cartel depuis plusieurs jours, et qui contraste avec un front emmené par la Russie plus encline à augmenter la production, selon ces mêmes observateurs.

Premier palier

L'objectif pour le club de producteurs réunis sous la bannière de l'OPEP+ est avant tout d'ajuster l'offre d'or noir à une demande sabrée par la pandémie de Covid-19 et dont la reprise est incertaine, avec en ligne de mire le soutien des prix du brut.

La fréquence de leurs rendez-vous s'est accélérée sous l'effet de la crise sanitaire et des dégâts qu'elle inflige à l'économie mondiale.


Le dernier cycle de réunions, entre le 30 novembre et le 3 décembre, avait "ouvert la voie à un retour progressif de 2 millions de barils par jour sur le marché au cours des prochains mois, les pays participants se tenant prêts à ajuster ces niveaux en fonction des conditions et de l'évolution du marché", a rappelé dimanche le secrétaire général de l'OPEP, Mohammed Barkindo.

Cette stratégie s'était traduite par un premier palier de 500.000 barils quotidiens supplémentaires en janvier et par une promesse de rendez-vous chaque début de mois des treize membres du cartel, sous la houlette de l'Arabie saoudite, et de leurs dix alliés, conduits par la Russie, afin de statuer sur le volume de production pour le mois suivant.

Dissensions

Ce suivi montre la volonté du cartel de garder une forte influence sur le marché mais aussi la gravité de la situation dans laquelle sont plongés les producteurs de brut qui se satisfaisaient avant la crise sanitaire de deux sommets par an au siège de l'organisation à Vienne, en Autriche.

Leur effort de coupe, pénible pour les finances des 20 pays qui y sont soumis (l'Iran, le Venezuela et la Libye sont exemptés), a joué son rôle l'an dernier en inversant la chute vertigineuse des prix du brut, jusqu'en terrain négatif pour la référence américaine en avril, une première dans l'histoire.

Pour ne rien arranger, les dissensions au sein du club ne manquent pas, au sujet du respect des quotas notamment ou encore des prévisions plus ou moins optimistes quant à la reprise de la demande pétrolière.

Dans son dernier rapport mensuel, le cartel s'était voulu prudent en révisant à la baisse l'appétit mondial pour le pétrole en 2021.

Après avoir touché leurs plus hauts en dix mois en début de séance lundi, les deux cours de référence du brut cédaient du terrain peu près le début de la réunion, de l'ordre de 1,5%, mais restaient aux alentours de 50 dollars le baril.

Le cartel a par ailleurs entériné le passage de témoin entre le ministre algérien du Pétrole et celui de l'Angola, Diamantino Azevedo, en qualité de président tournant de l'OPEP.

(c) AFP

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