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Craintes pour la demande: le pétrole chute encore de plus de 3%

prix du petrole Cours de clôtureCours de clôture: Les cours du pétrole ont encore chuté jeudi pour la deuxième séance consécutive, au plus bas depuis début juin, plombés par la propagation rapide du Covid-19 qui entraîne en Europe des mesures sanitaires drastiques, limitant la consommation de brut.
Le baril américain de WTI WTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie. coté à New York pour livraison en décembre a lâché 3,26% ou 1,22 dollar, à 36,17 dollars, après avoir déjà perdu 5,51% la veille.

A Londres, le baril de Brent BRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord pour livraison le même mois a perdu quant à lui 3,75% ou 1,47 dollar, à 37,65 dollars, après un repli de 5,05% mercredi.

Entre l'annonce des mesures de reconfinement liées à l'épidémie, le gonflement des stocks de brut américains et l'augmentation de la production libyenne: "quoi d'autre peut-on encore jeter à la face de ce marché ?", se lamente Phil Flynn à Price Futures Group.

"Où que l'on se tourne, il n'y a que des mauvaises nouvelles. Un seul de ces facteurs n'aurait pas l'impact que l'on voit sur les cours, mais pris tous ensemble, il est difficile de rester optimiste", a ajouté ce spécialiste de longue date du marché de l'énergie.

Le marché digère difficilement les nouvelles mesures drastiques annoncées mercredi soir en France et en Allemagne pour contrer la propagation du Covid-19, des mesures qui limitent fortement la demande d'or noir au moment où l'offre augmente, notamment à cause du retour sur le marché de la production libyenne.

Cet écart qui se creuse entre offre et demande entraîne une situation de surplus et, mécaniquement, une hausse des stocks de brut. Les réserves commerciales américaines de pétrole ont gonflé de 4,3 millions de barils la semaine passée, selon un rapport hebdomadaire publié mercredi, quand les analystes misaient sur trois fois moins.


"Une correction des prix était attendue, elle est là", a réagi Bjornar Tonhaugen, analyste de Rystad.

"Des contaminations records frappent chaque jour l'Europe et les États-Unis, et de nombreux pays qui consomment beaucoup de pétrole comme l'Italie, l'Allemagne et la France, se retrouvent à nouveau en situation de confinement", a-t-il indiqué ajoutant que ces nouvelles mesures avaient "depuis hier provoqué un carnage sur le marché pétrolier". Mercredi a connu la pire liquidation en une journée depuis le 8 septembre.

Phil Flynn distingue néanmoins une lueur d'optimisme alors que les cours qui ont plongé de plus de 6% en séance jeudi ont finalement terminé sur une baisse moindre.

"Il n'est pas certain que les nouveaux confinements aient un impact aussi négatif qu'on le pense", a estimé l'analyste. "De toute évidence, ces prix ont capté l'attention de l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole, NDLR) et cette liquidation nous assure que l'organisation ne va pas augmenter sa production cette année, peut-être même pas au premier trimestre de l'année prochaine", affirme-t-il.

L'expert estime aussi que si le marché boursier, qui a connu mercredi comme le pétrole sa pire journée depuis juin, reprend confiance sur l'impact des confinements et se stabilise après l'élection présidentielle américaine dans cinq jours, "le marché du pétrole suivra".

Face à ces facteurs baissiers, les perturbations de la production dans le Golfe du Mexique du fait du passage de l'ouragan Zeta, rétrogradé en tempête tropicale jeudi, sur une zone concentrant raffineries et plateformes pétrolières, pesaient peu.

(c) AFP

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