A+ A A-

Le pétrole, cette matière première si difficile à laisser sous terre

prix du petrole LondresLondres: L'industrie pétrolière continue de pomper au mépris de cours de l'or noir et d'une demande mondiale en chute libre, se heurtant à des obstacles financiers et techniques, dans un contexte de vives luttes commerciales.
L'arrêt de la production "coûte cher car certains travaux d'entretien courants demeurent indispensables" pendant la période de fermeture, explique à l'AFP Chris Midgley, de S&P Global Platts.

"Il vaut mieux essayer de ralentir l'activité", estime auprès de l'AFP le PDG d'une société pétrolière nigériane sous couvert de l'anonymat. "L'arrêt doit se faire en dernier recours car il est également très coûteux de redémarrer la production".

L'or noir, issu des sables bitumineux du Canada par exemple qui nécessite une étape de chauffage, peut même être perdu lorsque le site s'arrête et refroidit, selon Raphaela Hein, analyste de JBC Energy.

Les champs russes situés dans des zones, où le forage n'est possible que pendant l'hiver, connaissent des contraintes similaires, d'après l'analyste indépendant Peter Zeihan. "En cas de fermeture, les puits gèlent et leur réouverture nécessite un nouveau forage", explique-t-il dans une note.

L'arrêt d'un puits russe "est beaucoup plus complexe (et coûteux) sur le plan technique qu'en Arabie saoudite", confirme Louise Dickson, de Rystad Energy.

Bjarne Schieldrop, analyste de SEB, cite également le cas norvégien, où il est fréquent que plusieurs exploitants opèrent sur un même site d'extraction. Sans l'accord de tous, une coupure n'est pas envisageable.


"Personne ne veut fermer"

C'est un cercle vicieux: aucun producteur ne veut être le premier à fermer le robinet pour tenter de sauver des parts de marchés. Les cuves de stockage se remplissent au point de déborder, et aggravent la crise de l'ensemble de la filière.

Aux États-Unis, premier producteur mondial, "personne ne veut fermer" affirme Bart Melek, analyste de TD Securities, "même s'il est presque certain que tout le monde perd de l'argent" aux prix actuels, très bas.

"Cela coûte cher aux compagnies pétrolières. Elles réduisent les dividendes et les dépenses d'investissement se sont effondrées", ajoute M. Melek. Mais ces coupes sombres concernent les projets de production future, et le forage des champs en exploitation continue.

"Certains facteurs réglementaires peuvent aussi jouer un rôle aux États-Unis, où les opérateurs risquent de perdre leur bail lorsqu'ils cessent de produire", renchérit Mme Heim, interrogée par l'AFP, "ce qui conduit des Etats comme l'Oklahoma à abroger temporairement cette réglementation".

Dans l'Etat voisin du Texas, le débat fait rage au sein de l'organe de régulation du pétrole sur de possibles quotas de production qui, d'un côté soutiendraient les petits producteurs étouffés financièrement, mais de l'autre entraveraient la libre concurrence tout en se heurtant à des obstacles légaux.

L'Agence d'information sur l'énergie, qui publie les chiffres de la production américaine chaque semaine, témoigne toutefois d'une amorce de baisse depuis un pic historique mi-mars.


Faire le dos rond

Le manque de clients et l'impossibilité de stocker le brut "pèseront davantage sur la production que des contraintes purement financières", estime M. Midgley.

D'ici là, les producteurs se rassurent tant bien que mal avec la perspective d'une reprise de l'activité économique, sensible en Asie mais encore fantasmée en Europe et en Amérique du Nord, deux continents mis sous cloche par des mesures drastiques de confinement.

Les politiques volontaires et exceptionnelles des principales banques centrales, qui injectent des milliers de milliards de dollars, seront à même de doper un retour de la demande encore plus soutenue.

Les prix des contrats à terme des barils de Brent BRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. et de WTI WTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie. - les deux références du brut dans le monde - plus élevés à mesure que leurs échéances s'éloignent dans le temps, incitent l'industrie à faire le dos rond.

(c) AFP

Commenter Le pétrole, cette matière première si difficile à laisser sous terre



    Communauté prix du baril


    Les dernières actualités des prix du pétrole

    jeudi 09 juillet 2026 à 21:15

    Le pétrole termine en baisse dans un marché attentiste

    Cours de clôture: Les prix du pétrole ont terminé en baisse jeudi, au lendemain d'une flambée déclenchée par la reprise des hostilités...

    jeudi 09 juillet 2026 à 12:05

    Le pétrole se stabilise après sa flambée de mercredi

    Londres: Les cours du pétrole restent stables jeudi, au lendemain d'une vive hausse provoquée par le regain de tensions entre les États-Unis...

    jeudi 09 juillet 2026 à 06:42

    Washington frappe encore l’Iran pour contester son emprise s…

    Washington: L’armée américaine a indiqué jeudi avoir frappé, dans la nuit de mercredi à jeudi, quelque 90 objectifs militaires sur la côte...

    mercredi 08 juillet 2026 à 21:28

    Le marché pétrolier échauffé par l'escalade au Moyen-Orient

    Cours de clôture: Les cours du pétrole ont flambé mercredi avec la reprise des attaques au Moyen-Orient, le marché craignant de nouvelles...

    mercredi 08 juillet 2026 à 18:28

    Le pétrole accentue sa hausse après que Trump a acté la fin …

    Londres: Les cours du pétrole accélèrent leur course mercredi, le marché s'inquiétant de nouvelles perturbations de l'approvisionnement en provenance du Golfe après...

    mercredi 08 juillet 2026 à 18:11

    La Russie interdit les exportations de gazole

    Moscou: La Russie a annoncé mercredi interdire les exportations de gazole, après avoir déjà pris une série d'autres restrictions ces derniers mois...

    mercredi 08 juillet 2026 à 17:44

    Le pétrole poursuit son rebond, refranchit les 80 dollars

    New York: Les cours du pétrole poursuivaient mercredi après-midi le rebond entamé en matinée, après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre...

    mercredi 08 juillet 2026 à 17:21

    Les stocks pétroliers américains repartent à la hausse malgr…

    NYC / Stocks aux USA: Les réserves commerciales de pétrole brut ont connu une hausse inattendue la semaine dernière aux Etats-Unis, en...

    mercredi 08 juillet 2026 à 14:25

    Ormuz: 6000 marins encore bloqués dans le Golfe d'après l'ON…

    Téhéran: L'Organisation maritime internationale (OMI), agence de l'ONU chargée de la sécurité en mer, a évalué mercredi à environ 6000 le nombre...

    Toute l'actualité du baril et des cours du pétrole

    Les analyses des Prix du pétrole les plus récentes

    Chiffres du jour

    Mercredi 8 juillet 2026 En début d’après-midi, les cours du pétrole s’envolaient: le prix du baril de Brent bondissait autour de 78,14 $/baril (+5,37 %, 68,56 en euros) et le WTI grimpait à 74,07 $/baril (+5,15 %), portés par la fin annoncée du cessez-le-feu avec l’Iran, la reprise des hostilités et les nouvelles tensions autour du détroit d’Ormuz, après plusieurs attaques de navires dans cette zone stratégique.

    🛢️ Les stocks stratégiques de pétrole, levier pour amortir les crises

    Le mercredi 11 mars 2026

    Paris: Le déblocage de stocks stratégiques pétroliers, comme celui que viennent de décider les membres de l'AIE à un niveau inégalé pouvant aller jusqu'à 400 millions de barils, est un mécanisme exceptionnel visant soit à répondre à des situations de rupture d'approvisionnement soit à contrer la flambée des prix. Comment en arrive-t-on à cette mesure et comment est-ce appliqué?

    Lire la suite

    📈 Les cours du pétrole n'ont pas pleinement intégré le blocage d'Ormuz, selon le patron de Chevron

    Le lundi 23 mars 2026

    New York: Les cours du pétrole n'ont pas encore pleinement pris en compte les effets du blocage du détroit d'Ormuz, a déclaré lundi le patron du groupe énergétique américain Chevron, Mike Wirth, lors de la grande conférence CERAWeek à Houston.

    Lire la suite

    🔥 La guerre au Moyen-Orient a déclenché "le plus grand choc énergétique" jamais connu, selon le PDG d'Aramco

    Le lundi 11 mai 2026

    Téhéran: Le patron du géant pétrolier saoudien Aramco a averti mardi que la guerre au Moyen-Orient avait déclenché le "plus grand choc énergétique" jamais connu dans le monde, estimant que les marchés pourraient ne retrouver un fonctionnement normal qu'en 2027.

    Lire la suite