A+ A A-

Chute des prix du pétrole et coronavirus: double peine pour l'économie du Golfe

prix du petrole DubaïDubaï: Malgré l'annonce de mesures de soutien aux économies du Golfe, les marchés financiers de la région continuent de plonger, essuyant de front la tempête économique entraînée par la pandémie de nouveau coronavirus et la guerre des prix du pétrole lancée par Ryad.
Depuis début mars, les sept Bourses de la région ont connu, à l'image des autres places boursières dans le monde, une descente aux enfers, les marchés de Dubaï et d'Abou Dhabi ainsi que celui du Koweït perdant plus d'un tiers de leur valeur.

Le marché saoudien, le plus gros de la région et l'un des dix premiers du monde, a lui chuté d'environ 18% sur la même période.

Son joyau, le géant pétrolier Saudi Aramco, la plus grande société cotée en Bourse au monde, a cédé 12% depuis le 1er mars et sa valorisation est tombée à 1.570 milliards de dollars, bien loin des 2.000 milliards brièvement atteints après une entrée en Bourse en grande pompe début décembre.

L'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar et Oman ont annoncé des mesures destinées à soutenir leur économie pour un montant total de quelque 85 milliards de dollars, dont une partie est destinée à soutenir les marchés boursiers.

L'agence de notation Moody's a estimé que le plan de relance de 27,2 milliards de dollars d'Abou Dhabi serait utile dans la mesure où il "limiterait" les dégâts pour les banques émiraties et notamment l'impact du coronavirus sur la valeur de leurs actifs matériels (immobilier par exemple).

Deuxième coup dur

Les recettes publiques des six nations du Conseil de coopération du Golfe (CCG - Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman, Qatar et Koweït) dépendent par ailleurs fortement du pétrole, dont la demande a baissé dès le début de la propagation de l'épidémie en Chine, qui absorbe habituellement un cinquième de la production de la région.

Deuxième coup dur pour ces pays: l'absence d'accord entre l'Opep et la Russie sur une réduction supplémentaire de la production pétrolière pour soutenir les cours dont la tendance était déjà à la baisse, ce qui a déclenché une guerre des prix entre Ryad et Moscou.

L'Arabie saoudite a ainsi fortement baissé ses prix, inondant le marché de barils à bas coût. Les cours ont plongé depuis, atteignant mercredi leur plus bas niveau en 18 ans, avec un baril de Brent à environ 25 dollars, ce qui équivaut à des pertes de dizaines de milliards de dollars pour le Golfe.

Mais les Bourses ne sont pas les seules à pâtir du contexte actuel. Le nouveau coronavirus a frappé de plein fouet les secteurs du transport, notamment aérien, du commerce, des loisirs ou encore du tourisme et, selon les analystes de Capital Economics, les mesures visant à contenir l'épidémie pèseront lourdement sur le secteur non pétrolier au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

"Dubaï est la plus vulnérable et cela pourrait à terme réveiller les craintes concernant la dette énorme de l'émirat", estime le groupe de réflexion basé à Londres dans un rapport.

La cité-Etat, qui a accueilli 16,8 millions de touristes l'année dernière, tire plus de 90% de ses revenus de l'immobilier, du tourisme, de l'aviation et du commerce. Elle visait initialement cette année les 20 millions, notamment grâce à la tenue de l'Exposition universelle 2020.

Soutien d'urgence

L'Association internationale du transport aérien (IATA) a appelé jeudi les gouvernements du Moyen-Orient à apporter un soutien d'urgence aux compagnies aériennes qui luttent pour leur survie.

De nombreuses liaisons au Moyen-Orient et en Afrique ont été suspendues et la demande a chuté de 60% sur les lignes encore en service, selon l'organisation.

Selon l'IATA, la contribution du transport aérien aux économies du Moyen-Orient, principalement dans le Golfe, est estimée à 130 milliards de dollars par an, soit 4,4% du PIB, et à 2,4 millions d'emplois.

Les gouvernements sont sous pression. L'Arabie saoudite, premier exportateur de brut, a décidé mercredi de réduire ses dépenses pour 2020 de 5%, soit 13,3 milliards de dollars de moins sur les 272 milliards de dollars prévus.

Selon Capital Economics, l'impact combiné du coronavirus et de l'effondrement des prix du pétrole augmentera le déficit budgétaire saoudien en 2020, le faisant passer de 6,4% à 16% du PIB.

La Commission économique et sociale des Nations unies pour l'Asie occidentale affirme pour sa part que les pays arabes perdent environ 550 millions de dollars par jour en raison de la chute des prix du pétrole et que la crise liée au coronavirus pourrait détruire jusqu'à 1,7 million d'emplois cette année dans la région.


(c) Afp

Commenter Chute des prix du pétrole et coronavirus: double peine pour l'économie du Golfe



    Communauté prix du baril


    Les dernières actualités des prix du pétrole

    mardi 07 juillet 2026 à 17:49

    Le pétrole accélère après l'annonce d'autres attaques de nav…

    New York: Les prix du pétrole accentuent leur hausse mardi, en raison de nouveaux signalements portant à trois le nombre de navires...

    mardi 07 juillet 2026 à 17:43

    Trois attaques visent des navires dans le détroit d'Ormuz

    Téhéran: Le premier incident a été rapporté lundi par l'agence britannique de sécurité maritime UKMTO au large d'Oman. Le navire a été atteint...

    mardi 07 juillet 2026 à 12:18

    Shell cède ses activités de distribution en Afrique du Sud

    Londres: Le géant britannique de l'énergie Shell a annoncé mardi un accord pour céder ses activités aval en Afrique du Sud, qui...

    mardi 07 juillet 2026 à 12:08

    Les cours du pétrole en hausse après l'attaque d'un tanker à…

    Londres: Les cours du pétrole progressent mardi, portés par la situation encore volatile dans le détroit d'Ormuz, où un tanker a été...

    lundi 06 juillet 2026 à 21:24

    Le pétrole de marbre face à la hausse attendue des quotas de…

    Cours de clôture: Les cours du pétrole sont restés calmes lundi, pas surpris par une nouvelle hausse des quotas de production de...

    lundi 06 juillet 2026 à 12:00

    Le pétrole stable après une hausse attendue des quotas de l…

    Londres: Les cours du pétrole se stabilisent lundi, marquant une très légère baisse, bridés par la hausse des quotas de production de...

    lundi 06 juillet 2026 à 09:04

    Marchés Asie: les Bourses maussades sur fond de tech nerveus…

    Singapour: Les Bourses asiatiques ont hésité lundi, sans grande direction après les montagnes russes des valeurs tech la semaine dernière et la...

    lundi 06 juillet 2026 à 08:41

    Bercy chiffre la perte fiscale des carburants à 80 millions …

    Carburants: Le ministre des Comptes publics David Amiel a présenté sur RTL un bilan défavorable pour l'État sur les six premiers mois...

    dimanche 05 juillet 2026 à 13:40

    L'Opep+ augmente ses quotas de production de pétrole pour le…

    Opep: Les ministres de l'Opep+ ont décidé dimanche d'augmenter les quotas de production de pétrole de 188.000 barils par jour pour le...

    Toute l'actualité du baril et des cours du pétrole

    Les analyses des Prix du pétrole les plus récentes

    Chiffres du jour

    Mardi 7 juillet 2026 En milieu d’après-midi, les cours du pétrole repassaient en hausse: le prix du baril de Brent progressait autour de 72,89 $/baril soit 63,75 € (+1,25 %) et le WTI remontait à 69,36 $/baril (+1,18 %), portés par la situation toujours volatile dans le détroit d’Ormuz après l’attaque d’un tanker au large d’Oman, malgré la hausse attendue des quotas de l’Opep+ de 188.000 barils/jour et la reprise progressive du trafic maritime.

    🔥 La guerre au Moyen-Orient a déclenché "le plus grand choc énergétique" jamais connu, selon le PDG d'Aramco

    Le lundi 11 mai 2026

    Téhéran: Le patron du géant pétrolier saoudien Aramco a averti mardi que la guerre au Moyen-Orient avait déclenché le "plus grand choc énergétique" jamais connu dans le monde, estimant que les marchés pourraient ne retrouver un fonctionnement normal qu'en 2027.

    Lire la suite

    📈 Les cours du pétrole n'ont pas pleinement intégré le blocage d'Ormuz, selon le patron de Chevron

    Le lundi 23 mars 2026

    New York: Les cours du pétrole n'ont pas encore pleinement pris en compte les effets du blocage du détroit d'Ormuz, a déclaré lundi le patron du groupe énergétique américain Chevron, Mike Wirth, lors de la grande conférence CERAWeek à Houston.

    Lire la suite

    🇫🇷 Certificats d'économie d'énergie au 1ᵉʳ janvier 2026 : quel impact sur le prix des carburants et du fioul ?

    Le vendredi 28 novembre 2025

    Paris: À partir du 1ᵉʳ janvier 2026, la nouvelle période des Certificats d'économie d'énergie (CEE) va alourdir le prix des carburants et du fioul : découvrez l'impact concret sur votre facture.

    Lire la suite